Les sept jours qui ébranlèrent la finance 06/10/2008
Dans « Sept jours qui ébranlèrent la finance », l'économiste Jacques Sapir retrace le déroulé de ce qu’il appelle « la folle semaine » allant du 14 au 19 septembre 2008. Il le fait dans un style très enlevé où il sait user de l’humour pour mieux mettre en évidence les turpitudes et incohérences du système qui nous est imposé. Pour autant et malgré sa grande facilité de lecture, c’est ce que l’on peut appeler un « article savant ». Il sait parfaitement replacer dans le contexte politique des Etats-Unis et de l’ambiance générale du néolibéralisme, le déroulement de cette « semaine » en en montrant les supports théoriques. Il montre, en particulier, que les interventions publiques à répétition trahissaient en réalité une absence de stratégie, si ce n’est celle de protéger ce qui peut l’être du capitalisme. Il rappelle que, comme en 1929, le mutualisme capitaliste appelé en renfort n’a pas fonctionné ! Ce sont alors les injections successives de plusieurs banques centrales à travers le monde. Rien n’y fait, on est au bord de la panique ; le secrétaire au Trésor et le président de la Banque centrale des Etats-Unis adoptent alors la seule solution encore possible : une intervention systémique avec la création d’une « Caisse de défaisance » où sera logé un stock considérable de créances douteuses ou, tout simplement, pourries. Un ancien économiste en chef du FMI prévient que les montants nécessaires, annoncés actuellement à 700 milliards de dollars, pourraient s’établirent entre 1 000 et 2 000 milliards. Le discours officiel est au point : bien entendu, il faut davantage réguler ce système qui, dans son essence, est bon pour interdire la malfaisance de quelques brebis galeuses ! Mais, prévient Jacques Sapir, « la réalité est bien différente. Les dérives de la finance américaine qui ont contaminé une bonne partie de la finance mondiale sont d’abord et avant tout le produit de la crise d’un modèle de développement, celui du neo-libéralisme américain qui prétend développer une économie capitaliste en comprimant toujours plus les salaires et en conduisant une fraction toujours plus grande de la population de la paupérisation relative à la paupérisation absolue ». Il insiste : « On le voit bien, l’origine de la crise financière n’est pas à chercher dans la finance mais dans des modes de répartition, d’ouverture à la concurrence internationale, et des procédures de déréglementation – sociales, financières, industrielles - qui caractérisent un modèle particulier de capitalisme, que l’on peut caractériser par ses pathologies dans le domaine macroéconomique, institutionnel et idéologique. Le néo-libéralisme est une totalité qui fait système ». Mais alors quel cours va suivre le dollar dans un contexte de dette qui va continuer à croître considérablement et, par voie de conséquence, le coût des risques sur les titres proposés ?
Nouveau commentaire :
|
Vue de France et d'Allemagne : deux grands constitutionnalistes imaginent "l'Europe d'après"
31/01/2012
L'Union européenne, pigeon du libre-échangisme mondial, se rebiffe...
31/01/2012
Chevènement rappelle le "vice constitutif" de la monnaie unique et réclame un référendum
15/12/2011
Juppé prépare l'opinion française à la perte du triple A
15/12/2011
Le projet européen "n'a tenu aucune de ses promesses"
15/12/2011
SOUVENONS-NOUS
Choquant, amusant, étonnant ou éclairant : l'unification européenne a été source de diverses inspirations tout au long de l'Histoire...
|
|
|
Reproduction autorisée avec mention de la source et du lien
Dir : Christophe Beaudouin, Groupe Europe des Libertés et Démocraties au Parlement européen (DF), 60 rue Wiertz 1047 Bruxelles - redaction@observatoiredeleurope.com |
||






Les sept jours qui ébranlèrent la finance

