L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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"Bienfaits" de l'Euro : 27% de chômeurs...la Grèce en voie de clochardisation  24/01/2013

Voici quelques jours, jeudi 10 janvier 2013, l’Autorité des statistiques grecques a publié les dernières statistiques mensuelles du chômage, relatives au mois d’octobre dernier. Ces statistiques ont révélé que le taux de chômage officiel a continué de s’aggraver rapidement en Grèce en octobre 2012 par rapport à septembre 2012, frappant 26,8% de la population active contre 26,0% le mois précédent, et 19,7% un an auparavant. Le nombre officiel de chômeurs a augmenté de 368.102 personnes par rapport au mois de septembre 2011, ce qui représente une hausse de  +37,7 % en un an. Au total, le nombre officiel de chômeurs en Grèce s’élevait donc, fin octobre 2012, à 1,345 million de personnes. C’est une statistique à peine croyable pour un pays de 11,3 millions d’habitants. La Grèce s’enfonce ainsi dans la misère et la multiplication d’effroyables drames humains, pendant que les médias européistes s’ingénient à distraire l’opinion publique dans les autres États d’Europe. Des organismes caritatifs distribuent des “Soupes populaires ” à travers toute la Grèce, à un peuple entier qui sombre dans la misère. Toutes ces scènes de rue pathétiques sont devenues quotidiennes en Grèce : dans tout le pays, des Grecs affamés et sans ressources en sont réduits à fouiller dans les poubelles pour y trouver un peu à manger, une paire de chaussures, une chemise ou quelques gouttes d’huile d’olive. Parmi eux, surtout des retraités, dont les retraites ont été drastiquement réduites ou même supprimées. Ce chômage de masse – et la clochardisation générale qu’il provoque – ne frappe évidemment pas la population de façon uniforme. Le chômage touche 30,4% de l’ensemble des femmes grecques, contre 24,1% des hommes. Il atteint des proportions extravagantes chez les jeunes Grecs puisqu’il touche 56,6% des 15 – 24 ans et 34,1% de la tranche des 25 à 34 ans. Selon le dernier rapport trimestriel de l’Institut de recherche du patronat grec, le chômage devrait continuer à grimper à 27,3% au cours des prochains mois.

Poussée du communautarisme gay en Italie  22/01/2013

Une décision rendue cette semaine par la Cour de cassation italienne a rejeté le recours d’un homme demandant que son fils ne vive plus chez sa mère, désormais en concubinage avec une autre femme, qui invoquait une situation « dommageable pour la croissance équilibrée de l’enfant ». «Il n’y a pas de certitudes scientifiques ni de données concrètes, mais tout simplement un préjugé » derrière l’idée que « le fait de vivre dans une famille homosexuelle est dommageable pour la croissance équilibrée de l’enfant », estime-t-elle. Dans le même temps, Alessio De Giorgi, propriétaire d’une société gérant les sites de rencontres gays : gaysex.it, gaytube.it, nowescort.com et me2.it, a failli être candidat au Sénat dans la liste Scelta Civica (choix civique) de Mario Monti en Toscane. Bien qu’opposé aux revendications homosexuelles (« Mon sentiment, c’est que la famille devrait être composée d’un homme et d’une femme, et je juge nécessaire que les enfants grandissent avec un père et une mère », a-t-il déclaré mercredi soir à la télévision italienne), le Président du Conseil voulait montrer son ouverture d’esprit... En 1992, il a eu affaire à la police à cause d’images pédophiles qu’il a fait paraître sur le site Internet d’une boite de nuit homosexuelle qu’il gérait. Alessio De Giorgi souhaitait, en cas d’élection au Sénat, faire voter des lois pour "faciliter le divorce, la reconnaissance de l’homoparentalité, la lutte contre l’homophobie, la procréation médicalement assistée (PMA) et un testament de fin de vie anticipée (euthanasie)". Sous la pression de certains médias de droite, il a finalement renoncé à être candidat. La coalition centriste de Mario Monti est actuellement devancée dans les sondages par l’alliance de droite de son prédécesseur (14,8% contre 26,3% selon une enquête de l’institut Tecne publiée mardi). (Novopress et Nouvelles de France)

Des économistes furieux contre la critique de Monti par le Financial Times  22/01/2013

Dans l'éditorial du Financial Times de lundi, le chroniqueur Wolfgang Münchau estime que l'austérité menée par le Premier ministre Mario Monti a poussé l'Italie dans la récession. Alberto Alesina et Francesco Giavazzi s'insurgent : "La discipline budgétaire serait donc la cause de la récession persistante et du chômage élevé. … Même le Fonds monétaire international appelle l'Europe à se montrer plus prudente avec la discipline budgétaire. Wolfgang Münchau répète la même chose et compare Mario Monti à Heinrich Brüning, le dernier chancelier de la République de Weimar, dont la tentative d'assainissement budgétaire aurait marqué la fin de la dernière expérience démocratique avant la prise de pouvoir nazie. … Une politique budgétaire plus souple n'aurait pas généré plus de croissance en Italie ou dans les autres pays de l'UE ; elle aurait entraîné la hausse des primes de risque et vraisemblablement une restructuration de la dette, et aurait de surcroît pesé sur les bilans des banques. Elle aurait donc entraîné une année de crise semblable à celle de 2008. ... Il est étonnant que le Financial Times publie de telles âneries." (Corriere della Sera)

Derrière la guerre de Syrie, un projet de gazoduc entre Doha et l’Europe ?  22/01/2013

C’est la thèse que défend Naoufel Brahimi El Mili, professeur à Sciences Po Paris, dans "Le printemps arabe : une manipulation ?" (éditions Max Milo). Le Qatar a besoin de faire passer un gazoduc par la Syrie, afin de fournir en gaz l’Occident et ainsi concurrencer la Russie, ce que ne peut tolérer Bachar el-Assad. Le régime syrien, véritable « protectorat russe », devient l’ennemi à abattre. L’Europe de l’Ouest soutient Doha car elle souhaite réduire sa dépendance énergique envers Moscou. Interrogé par Oumma.tv, El Mili estime que la très populaire chaîne satellitaire qatarie Al Jazeera, « un ministère bis » à Doha, aurait, selon lui, orchestré la dramaturgie des soulèvements du Printemps arabe et médiatisé les paroles de Youssef al-Qaradâwî. Jugé indésirable en France, ce télé-prédicateur est l’auteur d’une fatwa ayant élevé Mohamed Bouazizi, le jeune Tunisien qui s’était immolé le 17 décembre 2010, au rang de "martyr" alors que le suicide est interdit dans l’islam. De quoi, toujours selon la thèse du Professeur El Mili, galvaniser les foules islamisées des pays d’Afrique du Nord et réjouir des opposants entretenus par Doha. (Nouvelles de France)
 

Du pari pascalien au pari delorien : pourquoi la "religion européenne" a de l'avenir  17/01/2013

Notre ami Edgar, auteur du blog "la lettre volée" livre et commente cet extrait du dernier essai de Jean-Claude Milner, "Le salaire de l'idéal" : "A chaque bourgeoisie salariée de chaque pays européen qui en possède une, Maastricht fait ainsi entendre non plus seulement qu'il sauvera la bourgeoisie salariée en général - qui le croit et qui s'en soucie ? - mais surtout qu'il sauvera, éventuellement au détriment des autres bourgeoisies salariées des pays d'Europe, telle bourgeoisie salariée particulière. Ainsi les Allemands espèrent-ils fermement constituer la bourgeoisie sauvée. [même chose pour les français :]  S'ils n'ont pas construit le capitalisme le plus performant au monde, les Français n'ont-ils pas secrété l'administration la meilleure ? Celle du moins qui sait le mieux trahir quelque conviction que ce soit pour se sauvegarder elle-même. Retrouvant à l'échelle de Bruxelles, les errements de la France du XIXème siècle, on joue la carte des services communautaires. [...] Pour que l'Europe soit sociale, une condition nécessaire et suffisante : c'est qu'elle utilise beaucoup de fonctionnaires sociaux, et qui mieux que des français, formés à la double école de l'économie mixte et du progressisme généralisé, pourrait ici réussir ? Axiome caché de chaque nation : nous avons la meilleure bourgeoisie du monde."  Ce pari de la France dans l'Europe, de l'Allemagne dans l'Europe, est dangereux : "si la perspective de devenir, par Maastricht, la principale bourgeoisie salariée du monde, ou tout au moins du continent européen, était seulement abandonner la proie pour l'ombre ? Après tout, le pari pascalien ne convainc que ceux que Dieu a déjà touchés de sa grâce ; de même, le pari delorien, qui en est la copie, pourrait bien ne convaincre que ceux qui en ont déjà conclu que renoncer au certain pour l'incertain est une marque de sagesse. Il est vrai qu'ils sont nombreux en France à avoir conclu cela : les progressistes, parce que telle est la loi de leur discours, et les intellectuels, parce que telle est leur maladie professionnelle. Aussi la religion européenne a-t-elle toujours de l'avenir, mais son avenir dépend de plus en plus de ce qu'elle a d'irrationnel et non plus de ce qu'elle a de rationnel". (Extrait de Jean-Claude Milner, Le salaire de l'idéal, Seuil, 2012)

La CEDH valide le licenciement d'employés portant une croix et ayant refusé d'enregistrer un partenariat homosexuel  17/01/2013

La Cour européenne des droits de l’homme a jugé le 15 janvier que le Royaume-Uni n’a pas violé la Convention européenne des droits de l’homme dans trois des quatre affaires de Nadia Eweida, Shirley Chaplin, Lillian Ladele et Gary McFarlane contre le Royaume-Uni, en ce qui concerne le droit de chrétiens à ne pas être discriminés dans leur travail en raison de leur conscience et religion (affaires n°48420/10, 59842/10, 51671/10 et 36516/10). Dans ces quatre cas, les employés ont été sanctionnés par leur employeur, et même licenciés pour trois d’entre eux, pour avoir agi selon leur foi et leur conscience : en portant une chaînette avec une petite croix autour du cou (cas de Mmes Eweida et Chaplin), et en refusant d’enregistrer les partenariats civils pour homosexuels (cas de Mme Ladele). Dans le cas de M. McFarlane, conseiller conjugal, ce dernier a été licencié après avoir partagé avec ses supérieurs ses doutes quant à sa capacité personnelle à conseiller les couples de même sexe (...) Le plus inacceptable dans cette décision est que la majorité de la Section a estimé que le licenciement des employés était légitime et surtout proportionné à la volonté de l’employeur d’appliquer « la politique interne d’égalité et de diversité», laquelle vise à lutter contre les discriminations sexuelles, raciales et religieuses. Comment peut-on considérer comme « proportionné » le licenciement d’un salarié alors qu’il aurait été possible et même aisé pour l’employeur de l’affecter à une autre fonction ? (...) Il faut souligner qu’aucun couple de personnes de même sexe n’a subi les conséquences de leurs objections de conscience. Le « délit » que l’on reproche à Lillian Ladele et Gary McFarlane n’a pas fait de victime. (...) Cette décision entérine l’imposition monopolistique de la « pensée unique » aux consciences individuelles et aux croyants, alors que la Section avait la possibilité, à l’inverse, d’ouvrir la voie d’une approche réellement pluraliste et respectueuse de la diversité. (...) Le fait est que la Cour se désigne elle-même comme «la Conscience de l’Europe » : une conscience unique et collective qui s’impose aux centaines de millions de consciences individuelles des citoyens des 47 États membres du Conseil de l’Europe. (European Centre for Law and Justice)

Lobbygate à Bruxelles : vers une commission d'enquête  11/01/2013

"Les institutions européennes ont failli à leurs obligations" en matière de transparence, a accusé aujourd'hui l'eurodéputé Vert français José Bové, qui a réclamé, avec son collègue belge Bart Staes, la création d'une commission spéciale parlementaire pour enquêter sur l'affaire Dalli et le rôle des lobbies. John Dalli pourrait avoir été un "bouc émissaire", a estimé José Bové, qui a mis en cause le fonctionnement des services de la Commission européenne par rapport aux groupes de pression et aux lobbies très nombreux à Bruxelles. Il a accusé la secrétaire générale de la Commission européenne, Catherine Day, d'avoir "retardé" le texte préparé par John Dalli. "Nous voulons que la confidentialité sur la totalité de l'enquête sur l'affaire Dalli soit levée pour que le Parlement puisse avoir un droit de regard sur ce qui s'est réellement passé", a insisté M. Staes, vice-président de la commission du contrôle budgétaire du Parlement européen, en dénonçant les "nombreuses anomalies" du dossier. (Le Figaro)

Une pièce en platine de 1000 milliards de dollars : solution miracle contre la dette ?  11/01/2013

Pour éviter la banqueroute, les Etats-Unis pourraient créer une pièce en platine d'une valeur de 1 000 milliards de dollars. Une astuce législative soutenue par le prix Nobel d'économie Paul Krugman et qui serait sérieusement envisagée par l'administration Obama. Les États-Unis ont atteint la limite fédérale d'endettement le 31 décembre dernier. Le trésor américain a mis en œuvre des mécanismes comptables (report de certaines échéances, émissions de dettes intra-administration etc.) pour "gagner" deux mois et repousser ce plafond à fin février - début mars 2013. À cette date, faute d'un accord entre la Maison blanche, le Parlement et le Sénat, les Etats-Unis seront en cessation de paiement. Un tel événement devrait impacter d'abord les administrations (arrêt de paiement des salaires des fonctionnaires) afin de gagner du temps supplémentaire pour continuer la négociation afin d'éviter un défaut de paiement vis à vis des détenteurs de titres de dettes (et à leur tête les pays asiatiques et la Chine) (...) Le ministre des Finances américain dispose de l'autorité de faire battre des pièces en platine (et uniquement en platine) de valeur aussi impressionnante que 1000 milliards de dollars. Le ministre pourra déposer cette pièce ou ces pièces auprès de la banque centrale de New York et retirer 1000 milliards de dollar en billets de banque. Cela n'est pas une dette puisqu'elle est contre garantie par un actif : "une pièce en platine".La pièce en platine crée le moyen d'éviter de s'interroger sur des questions aussi importantes que : la démocratie, la solidarité, l'entraide, les obligations des récipiendaires des aides sociales, le rôle de l'état et surtout le rôle de l'économie en faisant payer par la force les créanciers, conclut l'article. (Atlantico.fr)

Les promesses déçues de l'Europe-marché  11/01/2013

Un numéro spécial d'Alternatives Economiques a terminé l'année 2012 par cette question : "L'Europe a-t-elle un avenir?" On peut y lire que "la logique libérale qui prévaut en Europe a encouragé le dumping fiscal et social ; il a aussi handicapé le développement économique et favorisé le scepticisme des habitants. Faiblesse chronique de l'activité et persistance du chômage de masse : avant même l'institution de l'euro, l'Union européenne avait déçu beaucoup des attentes qui avaient été placées en elle. Ce n'est pas surprenant car la conception d'une Europe-marché, qui a dominé la construction européenne depuis le traité de Rome, est structurellement défavorable au développement économique. Après la Seconde Guerre mondiale, la construction européenne avait pourtant commencé de façon fort peu libérale" L'édito rappelle cette citation de Monnet : "J'ai toujours pensé que l'Europe se ferait dans les crises, et qu'elle serait la somme des solutions qu'on apporterait à ces crises". Aujourd'hui, la crise de l'euro et de la dette souveraine menace son existence. Sur les "péchés originels de l'Euro", le magazine économique explique en effet : "Depuis 2010, la monnaie unique est menacée dans son existence même : la crise a en effet mis en lumière les failles de l'euro.  Elles renvoient à un péché originel : les Européens ont agi comme si une monnaie n'entretenait pas de relation privilégiée avec la souveraineté. En construisant l'euro, ils ont pensé en effet pouvoir s'en remettre à des règles inscrites dans le marbre des traités, visant notamment à contenir les déficits publics ou à garantir la stabilité monétaire. Ils ont construit une monnaie incomplète, une monnaie sans politique." (Alternatives économiques)

Zone Euro : pourquoi le potentiel de croissance est-il faible dans le reste du monde ?  11/01/2013

C'est la question que pose l'économiste Jacques Sapir sur son blog, tableaux à l'appui : "La situation dans la zone Euro est celle d’une récession, qui devrait continuer au moins jusqu’à la fin 2013 et peut-être après.(...) La situation économique dans le reste du monde ne permet pas de prévoir un retour rapide à une forte croissance mondiale. Si la situation économique en Chine devrait lentement s’améliorer, la pression concurrentielle de l’économie japonaise et de l’économie chinoise devrait contribuer à la récession. Le nouveau gouvernement conservateur au Japon n’hésitera pas à laisser le Yen se dévaluer dans les mois qui viennent.(...) "Il n’y a pas de solutions pour [l'économie nationale] dans les conditions actuelles, au sein de la zone Euro. La logique de cette dernière est de conduire à toujours plus d’austérité. L’absence de perspectives économiques au sein de la zone Euro, et les perspectives plus que médiocres dans le reste du monde se conjugueront pour entraîner l’économie française de la récession au bord de la dépression. Le « risque politique » va s’accentuer, tout comme dans les autres pays du sud de la zone Euro. Croire que les taux d’intérêts ne finiront pas par les refléter est une profonde illusion. (English version)

En restant hors de l'€uro, le Royaume Uni économise au moins 19 à 31,5 milliards de Livres  11/01/2013

Selon Laurent Pinsolle, l’examen des statistiques permet d’avoir une estimation du coût d'une participation à la monnaie unique pour Londres. La Banque d’Angleterre a monétisé 28% de la dette brute du pays (ou 35% de la dette nette). Etant donné que les intérêts de la dette représentent un budget de 50 milliards, selon les statistiques du ministère du budget, cela représente une économie potentielle de 14 à 17,5 milliards de livres (0.9 à 1.1% du PIB). Mieux, il faut également y ajouter l’impact de la baisse des taux. (...)  En clair, Londres économise 19 à 31,5 milliards de livres par an en taux d’intérêt (1.2 à 2% du PIB) du fait de son refus d’intégrer la monnaie unique européenne (soit entre 23 et 39 milliards d'euros, ndlr). Pire, on imagine bien que sans ces économies, le déficit public afficherait alors plus de 9% du PIB (quand la Grèce est à 7%), ce qui provoquerait un stress des marchés financiers qui pourraient imposer un coût bien supérieur et des plans d’austérité qui auraient provoqué une récession bien plus dure… à la grecque. (Blog gaullistelibre)

Le gaz de schiste pourrait sauver l'économie, mais l’UE ne l'entend pas ainsi  19/12/2012

C'est le sens d'un billet signé par Daniel Hannan, député britannique eurocritique : "L’une des raisons pour lesquelles la langue dans laquelle je m'exprime est la plus répandue sur Terre est que la Grande-Bretagne a été riche en gisements de charbon. Beaucoup d’autres endroits auraient pu être industrialisés en premier, des Pays-Bas à la Chine. La bonne fortune de nos ancêtres du XVIIIe siècle était telle que, au moment où ils en ont eu besoin, ils sont tombés sur une source d’énergie bon marché. Le charbon a alimenté les nouvelles usines, libérant des millions de salariés pour faire un travail différent et générant une énorme classe de consommateurs. La Grande-Bretagne est devenue la plus grande nation du monde. Aujourd'hui, au moment même où nous en avons de nouveau besoin, nous avons peut-être accès à une autre source d’énergie bon marché : les gaz de schiste. L’extraction des gaz de schiste est responsable, dans une proportion non négligeable, du coup de pouce permettant à l’économie américaine de ne pas piquer du nez (et favorisant par là même la réélection de Barack Obama). Le prix de l’énergie chute, et les coûts de production suivent. Les gens obtiennent davantage pour moins, et l’économie croît. Lorsque j’ai prononcé ce discours devant le Parlement Européen, j’ai reçu un tweet d’un ancien professeur de lycée : “TU CHERCHES DU GAZ DE SCHISTES DANS TON JARDIN ESPÈCE DE DROITISTE XXXXXX”. Les baisers étaient une attention adorable, et sa remarque un bon point (...) Bruxelles semble néanmoins déterminée à placer des obstacles sur notre chemin. Les députés européens viennent juste de voter pour imposer des restrictions de tout type sur l’extraction des gaz de schiste, dont une interdiction totale dans certaines zones. Les gisements de gaz de schiste qui existent à travers l'Europe du nord – suivant un arc de la Grande-Bretagne à la Baltique – restent inexploités, tandis que l’Europe continue de dépendre de la Russie de Poutine pour son approvisionnement en gaz. À nouveau, l’Europe semble déterminée à condamner ses peuples à des difficultés évitables." (D. Hannan, son Blog)
 

L’ONU demande à l’Europe de supprimer ses « boîtes à bébé »  19/12/2012

Pour le Comité des droits de l’enfant de l'ONU le droit à connaître ses parents biologiques prime le droit à la vie. Ces « boîtes à bébé », ou « fenêtres de vie », fonctionnent dans plusieurs pays européens, comme l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, la Pologne, la Tchéquie, la Hongrie ou la Lituanie. D’après le journal The Guardian qui a le premier parlé, en juin dernier, des pressions de l’ONU sur le Parlement européen, plus de 400 enfants auraient été abandonnés de manière totalement anonyme dans ces boîtes à bébé depuis 2000. En Pologne, leur ouverture par des ordres de religieuses catholiques avait fait suite à plusieurs cas de nouveau-nés abandonnés dans des poubelles juste après leur naissance. Dans ce pays où l’avortement sans raison médicale est interdit, il est possible d’abandonner son enfant au service de maternité de l’hôpital dès après l’accouchement, sans avoir à expliquer ses motifs et en bénéficiant d’un délai de rétraction. Ceci n’éliminait toutefois pas totalement ces rares cas d’abandon de bébés morts ou vifs dans des bacs à ordure ou autres endroits morbides. Si la « fenêtre de vie » ouverte il y a quelques années par des bonnes sœurs dans le quartier n’a encore jamais recueilli de nouveau-né, il n’y a plus eu aucun cas de nourrisson abandonné dans la rue depuis que cette « boîte à bébé » existe alors qu’il y avait eu quelques cas auparavant. Ces "boîtes à bébé" sont présentes dans toutes les grandes villes du pays et ont déjà permis de sauver plusieurs dizaines de vies humaines et ont aussi évité à des mères ou des parents dans des situations désespérées de pratiquer un avortement. Mais pour le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, elles constituent une violation de la Convention relative aux Droits de l’Enfant. (NDF)

Austérité : anglo-saxons pragmatiques, européens bornés  19/12/2012

"Le capitalisme anglo-saxon a retenu les leçons de Keynes. Au contraire, la zone euro n’affichera qu’un déficit public de 3,4% de son PIB cette année, mais cela au prix de politiques d’austérité sauvages qui ont provoqué une nouvelle récession, après celle de 2009 puisque le PIB de la zone devrait baisser en 2012 et en 2013. Même si Londres manie une austérité redoutable depuis l’élection des conservateurs, on reste un ton en-dessous des potions amères continentales. Ainsi, le déficit s’établira cette année à 7,9%. Et, comme le rapporte The Economist, Georges Osbourne, le chancelier de l’échiquier, vient de procéder à une révision importante de ses plans à cinq ans. Il a largement baissé ses prévisions de croissance par rapport à celles faites en mars. Résultat, le rééquilibrage des finances publiques britanniques sera plus lent que prévu, le gouvernement empruntera davantage dans les cinq prochaines années et ne tiendra pas ses objectifs. (...) La Grande-Bretagne patientera jusqu’au budget 2016-2017 pour atteindre cet objectif, afin de ne pas casser la croissance. Le jugement de l’hebdomadaire libéral est clair : «  une politique fiscale responsable autorise des revenus fiscaux plus faibles ou des dépenses supplémentaires pour les chômeurs en cas de pause dans le cycle des affaires ». Aux Etats-Unis, le déficit atteint encore 7% du PIB... Il est proprement stupéfiant de constater à quel point les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, adoptent une attitude finalement plus pragmatique qu’un continent européen qui ne cesse d’adopter plan d’austérité sur plan d’austérité. Dans la zone euro, quand un premier temps n’atteint pas les objectifs (souvent délirants) fixés, les gouvernements n’hésitent pas à en adopter un autre, quelque soit le mal infligé à la population. A Londres ou Washington, inspirés par Krugman, on temporise. Mais ces deux pays peuvent compter sur l’aide de leur banque centrale, à la grande différence d’une zone euro soumise aux règles délirantes de la BCE (...) Oui, la Fed et la banque centrale d’Angleterre aident davantage les peuples que la BCE, tout simplement parce qu’elles agissent pour maintenir les taux d’intérêt à un faible niveau (...) La Fed a annoncé qu’elle continuerait à soutenir l’économie tant que le chômage ne serait pas sous les 6,5%. Quel stupéfiant contraste de voir des banquiers centraux tout faire pour faire baisser le chômage aux Etats-Unis alors que tous les dirigeants de la zone euro (y compris ceux « de gauche ») ne pensent qu’à réduire les déficits. Il y a vraiment quelque chose de pourri dans ces élites européennes". (L.Pinsolle, blog gaullistelibre)

"L'objectif réel de Mario Monti n’était pas de relancer le pays mais de sauver l’euro"  18/12/2012

« Silvio Berlusconi est un épouvantail idéal (...) Si Berlusconi est le diable, Mario Monti est le Bon Dieu. On est dans Don Camillo. L’ancien banquier de Goldman Sachs apparaît partout recouvert de lin blanc : intègre, digne, compétent, rigoureux, courageux… Il n’a pourtant jamais été élu : il est devenu Président du Conseil par un véritable putsch des marchés qui l’ont imposé au Parlement et au peuple italien avec la complicité de Bruxelles et des grands États européens. Aussitôt après son arrivée, les taux d’intérêt auxquels l’Italie doit emprunter ont baissé, soulageant [ses] finances (...). Son bilan est catastrophique : l’Italie a plongé dans la récession et le chômage explose, presque autant que les impôts. La tension sociale est à son comble. Avec l’Espagne et le Portugal, l’Italie suit l’exemple de la Grèce. La semaine dernière, des rumeurs annonçaient une aide spéciale de la Banque centrale européenne à l’Italie. Mais Mario Monti est intouchable car il a mis en oeuvre le programme (...) des élites européennes, ce que les médias appellent pompeusement la Réforme, avec un « r » majuscule. Son objectif réel n’était pas de relancer le pays mais de sauver l’euro. Et il a réussi. Avec l’autre Mario, le patron de la BCE, Draghi, Mario Monti a arraché à la rigide Prussienne Merkel de nombreuses concessions. L’Allemagne a payé et paiera. Monti, dans la grande tradition de Mazarin et des prélats du Vatican, s’est avéré être un redoutable négociateur. L’éloge unanime de Mario Monti révèle l’inconscient oligarchique, théocratique, de la technocratie bruxelloise et des grands médias européens. La démocratie n’est acceptable que si elle se soumet à des dieux tutélaires. La dissidence de Berlusconi est intolérable parce que, comprenant en politique rusé, les sentiments du peuple italien, il engage sa campagne sur trois slogans : à bas l’euro, à bas l’Allemagne, à bas la rigueur ! C’est l’affreux populisme dénoncé inlassablement par nos élites et nos médias. La diabolisation de Berlusconi n’est qu’un prétexte, n’est qu’un rideau de fumée. Monti n’a pas de parti mais est l’homme d’un parti, celui qui regroupe le patronat (seulement le grand patronat, ndlr), les marchés, les milieux catholiques et centristes. Il n’est pas l’incarnation de l’intérêt général mais l’homme d’une sociologie, d’une politique, d’une idéologie tout à fait respectable, mais qu’il est tout aussi respectable de contester. En tout cas en démocratie. Mais la démocratie serait un régime idéal s’il n’y avait pas les électeurs… » (Eric Zemmour, RTL, 11/12)

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