L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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La disparition des contrôles aériens nationaux inquiète  13/09/2013

Les contrôleurs aériens de plusieurs pays, dont la France, ont fait grève les 11 et 12 juin. Ils s'opposaient ainsi au projet de la Commission visant à établir un "ciel unique européen". Bruxelles, qui accuse plusieurs Etats membres de traîner les pieds depuis des années, veut faire disparaître les contrôles aériens nationaux au profit de grands blocs régionaux. Le projet est soutenu par les compagnies aériennes, qui attendent des "gains de compétitivité", ainsi que par des groupes environnementaux, qui espèrent une réduction des consommations de kérosène. Pour sa part, la fédération européenne des travailleurs des transports a dénoncé l'introduction de "la concurrence, la libéralisation, et la logique de marché" là où devrait primer la sécurité aérienne. Les syndicats redoutent également des suppressions d'emploi. Mais Bruxelles ne désarme pas, grâce au ciel. (BRN n°29)

L'Europe dans le panneau  13/09/2013

Depuis le 6 juin, les panneaux solaires importés de Chine vers l'Union européenne sont taxés à 11,8%. L'Allemagne, inquiètes des éventuelles rétorsions chinoises sur ses exportations industrielles vers Pékin, a fait pression pour que le taux initialement prévu de 47,6% soit largement abaissé. Ce dernier taux devait s'appliquer au 6 août si aucun compromis n'était trouvé d'ici là. Berlin, soutenu par plusieurs autres champions du libre-échange dont le Royaume-Uni, devait s'activer pour écarter cette perspective. La Chine a conquis en quelques années 80% du marché européen des panneaux solaires, moyennant des subventions publiques. Les producteurs allemands ont quasiment tous disparu en 2012, 20 000 suppressions d'emplois à la clé. Mais les industriels d'outre-Rhin visent des créneaux plus prometteurs. Alors, les producteurs français de panneaux n'ont qu'à se débrouiller. (BRN N°29)

Les banques centrales peinent à croire en la reprise  09/09/2013

Malgré leurs efforts, les principales banques centrales de la planète ont du mal à soutenir la reprise économique et demeurent la cible des critiques. Ben Bernanke, patron de la Réserve fédérale américaine, a contribué à relancer l'économie américaine et rachète, chaque mois, 85 milliards de dollars d’actifs pour abaisser le coût du crédit. L’économie américaine devrait croître en conséquence de près de 2% en 2013, mais Bernanke est en retour accusé d’alimenter la crise des pays émergents. Dans la zone euro, le président de la BCE, Mario Draghi, dispose d’une moindre gamme d’outils que son homologue américain. En particulier, il ne lui est pas possible de racheter directement et sans condition de la dette publique sur les marchés. En Europe, où les profils économiques des États membres sont très diversifiés, la seule constante est que les entreprises du continent ont plus tendance à se financer auprès des banques que sur les marchés. C’est pour répondre à cette situation que la BCE a lancé le LTRO de février 2012, avec 1 000 milliards d’euros prêtés aux banques sur trois ans, pour un taux de 1%, à charge pour elles de les redistribuer sous formes de crédits aux ménages et aux entreprises. Mais cette politique n’a pas eu les effets escomptés : une large partie de cette somme a été replacée auprès de la BCE ; la frilosité des banques ne serait pas seule en cause. Les PME européenne n’anticipent pas encore de reprise et préfèrent se désendetter plutôt que d’investir. Le Monde évoque également le cas du Royaume-Uni, où beaucoup d’espoirs sont placés sur la personnalité du nouveau gouverneur, Mark Carney. Mais la Banque d'Angleterre est parallèlement accusée d'alimenter une bulle immobilière domestique plutôt que de soutenir les PME. Au Japon, on ne connaît pas encore les effets des "Abenomics", les mesures non conventionnelles lancées en décembre 2012 par le Premier ministre Shinzo Abe. (Monde Eco)

Le Commissaire Rehn rappelle aux élus français les effets du droit européen qu'ils ont signé  19/06/2013

"Dieu rit de ceux qui maudissent les conséquences dont ils chérissent les causes" écrivait Bossuet. Dieu doit donc rire beaucoup devant le tollé général provoqué au sein des élites françaises lorsqu'un membre de l'exécutif européen, en l'espèce son Président Barroso traite (non sans raisons) de "réactionnaires" ceux qui refusent la mondialisation libérale, consacrée par tout le droit communautaire voulu, chéri et célébré par ces mêmes élites françaises. Dieu a sans doute encore rit en observant les indignations parlementaires françaises devant le Commissaire Olli Rehn, invité à s'expliquer à l'Assemblée, trois semaines après les recriminations de Bruxelles à Paris sur les réformes structurelles à engager, notamment celle des retraites, une réforme bien différente de celle qui se prépare à Paris. Les questions des députés français trahissaient une défiance de plus en plus nette à l'égard de l'exécutif européen, de la part de groupes (PS, UMP, UDI) ayant pourtant indexé depuis trente ans tout leur discours et leurs actes sur l'impératif quasi-religieux d'unification européenne sous l'égide du libre-échange mondial. L'ancienne ministre socialiste  Élisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères, a affirmé de sa douce (et naïve ?) voix que l'Union européenne peut « recommander mais pas commander ». L'ancienne Ministre des affaires européennes qui a dit "oui" à tout ce qui est labellisé "européen" depuis toujours, a-t-elle lu son cher traité de Maastricht de 1992 et le traité sur la stabilité, la coopération et la gouvernance (TSCG) ?  « Votre recommandation très détaillée sur les retraites était très intrusive ! », a estimé la non moins naïve Danielle Auroi, elle-même présidente de la commission des affaires européennes. « Cette recommandation fait partie de la stratégie globale de l'UE pour sortir de la crise», a répondu calmement le Commissaire Olli Rehn. « Sur les retraites, nous faisons la même recommandation depuis trois ans. Cette année, nous allons un peu plus dans les détails et nous ajoutons une dimension d'urgence », a expliqué le commissaire. Olli Rehn n'a pas faibli sur son message. « Il faut agir vite pour assurer la soutenabilité du système à moyen et long terme », a-t-il insisté, rendant plusieurs fois hommage au rapport de Yannick Moreau.

Devant la Cour de Karlsruhe, le gouverneur Draghi (BCE) se défend  15/06/2013

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a défendu avec véhémence jeudi le programme de rachat d'obligations de son institution, "nécessaire", "efficace" et "conforme à (son) mandat", au lendemain d'auditions devant les juges suprêmes allemands. "La décision" de mettre sur pied ce programme baptisé OMT de rachats illimités de titres de dette des pays en difficultés de la zone euro "était nécessaire. Elle a été efficace. Et elle était conforme à notre mandat", a affirmé M. Draghi dans un discours mis à disposition par la BCE. La simple annonce du programme à l'été dernier avait suffi à apaiser les marchés, sans même qu'il ait à être mis en oeuvre. La décision en faveur de l'OMT "a bénéficié à tout le monde", a argué M. Draghi, "aux obligations d'Etat, aux entreprises, aux banques mais aussi aux particuliers, et elle a bénéficié autant à la périphérie qu'aux pays du coeur" de la zone euro. La Cour constitutionnelle allemande s'est penchée lors de deux jours d'auditions mardi et mercredi sur la conformité de l'action de la BCE, et notamment du programme OMT, avec la Loi fondamentale allemande. C'est un autre membre du directoire de la BCE, l'Allemand Jörg Asmussen, qui est venu à cette occasion plaider devant les juges la cause de la BCE, et les propos de M. Draghi jeudi font écho à sa ligne de défense. Le président de la Cour a toutefois fait valoir dans ses remarques préliminaires mardi que l'efficacité du programme n'était pas une garantie de sa légalité. Le tribunal rendra son verdict dans plusieurs mois. Comme il l'a fait par le passé, il assortira vraisemblablement ce mécanisme de sauvetage de l'euro de conditions. (Les Echos)

En Allemagne, le fisc doit mettre les couples homosexuels au régime hétérosexuel  15/06/2013

Le conseil des ministres a adopté un projet de loi en ce sens, se conformant à la décision annoncée jeudi par la Cour constitutionnelle, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, au cours d'un point de presse régulier. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe a jugé "anticonstitutionnelle" la différence de traitement fondée sur l'orientation sexuelle. La chambre basse du Parlement, le Bundestag, devrait dès vendredi étudier en première lecture le projet de loi, puis le 28 juin procéder au vote. Le Bundesrat, chambre haute représentant les Länder (Etats régionaux), devrait se pencher sur le projet en juillet. L'approbation du texte ne fait aucun doute. Depuis le 1er août 2001, les couples homosexuels peuvent officialiser leur union en Allemagne en signant un "contrat de communauté de vie". Celui-ci accorde des droits similaires à ceux du mariage, sauf en matière fiscale et pour l'adoption. Or déclarer en commun ses impôts est fiscalement intéressant pour un couple marié s'il y a une différence de revenus entre les partenaires, a fortiori si l'un des deux n'a pas d'activité salariée. Avec le jugement de Karlsruhe, rétroactif au 1er août 2001, le fisc va devoir débourser plusieurs millions d'euros pour réparer ce que la Cour a considéré comme une injustice à l'égard des homosexuels. (e-llico.com)

Bruxelles particulièrement inquiète pour l'Espagne, pourtant élève-modèle de la gouvernance européenne  11/04/2013

Désormais chargée de surveiller une batterie d'indicateurs pour prévenir de problèmes économiques afin d'éviter qu'un pays malade ne contamine les autres, la Commission européenne a publié hier l'analyse détaillée de la situation économique de 13 pays qui présentent, selon elle, des "risques macroéconomiques". Parmi ceux-ci, l'Espagne et la Slovénie souffrent de "déséquilibres macroéconomiques excessifs". Trois autres : la France, l'Italie et la Hongrie ont besoin de réformes "décisives", tandis que la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, Malte, les Pays-Bas, la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni nécessitent de la surveillance et de "l'action". A propos de la France, le Commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a fait part de son inquiétude. "La France est un membre important de la zone euro et a un impact direct sur elle. Le poids trop important de sa dette publique et la détérioration de ses exportations accroissent donc la vulnérabilité de toute la zone", a-t-il déclaré. Le rapport décrit une économie qui a perdu 11,2 % de ses parts de marché à l'exportation de 2006 à 2011 et qui a une dette publique trop lourde. L'exécutif européen salue les réformes engagées par le gouvernement Ayrault, mais s'empresse d'ajouter qu'elles "ne seront pas suffisantes pour résoudre le problème de compétitivité" de l'économie et que "d'autres réponses seront nécessaires". Concernant l'Allemagne, Olli Rehn dit refuser de céder aux sirènes des Américains, du FMI ou d'autres dirigeants sur la nécessité d'une relance. Mais ce sont l'Espagne et la Slovénie qui ont été particulièrement montrées du doigt, la Commission européenne s'inquiétant vivement de la situation de ces deux pays. Elle leur a demandé de lui soumettre un programme "complet et détaillé" afin de redresser la barre. Concernant l'Espagne, sans grande surprise, c'est l'endettement qui inquiète le plus la Commission. En Slovénie, Bruxelles pointe l'extrême fragilité du secteur bancaire et demande une réponse "urgente". Selon le FMI, le secteur bancaire slovène croulerait sous environ 7 milliards d'euros de mauvaises créances. (La Tribune)

La BCE pointe de forts écarts de patrimoine en zone euro  10/04/2013

Seulement devancé par le Grand-Duché du Luxembourg, Chypre, encore au bord du naufrage financier il y a un mois, serait le pays qui compte les ménages les plus aisés en zone euro. L'Allemagne figurerait de son côté comme la moins bien dotée. La Banque centrale européenne (BCE) a publié hier ce constat détonnant, qui fait ressortir que les ménages des pays périphériques de la zone, soutenus financièrement par d'importants plans de secours, ont un patrimoine (net des dettes) plus élevé que ceux des pays qui ont participé à leur sauvetage, l'Allemagne en première ligne. En raison d'une dispersion énorme des richesses moyennes - un ménage luxembourgeois est assis sur un patrimoine près de 10 fois supérieur à celui d'un slovaque -, le document met l'accent sur les valeurs médianes, qui départagent les 50% les plus riches des 50% les plus pauvres. L'Allemagne figure ici bonne dernière de la liste, avec un patrimoine médian de 51.400 euros. Parmi les pays de la zone bénéficiant d'un plan d'aide, Chypre affiche une richesse cinq fois supérieure (267.000 euros), l'Italie et l'Espagne se situant près de 3,5 fois au-dessus. (Les Echos)

Pas d'accord en vue avec la troïka  08/04/2013

Les discussions entre le premier ministre grec, Antonis Samaras et les représentants de la troïka - commission européenne, BCE et FMI - se sont terminées, hier, sans accord. Selon le site Enet.gr, la troïka est restée sceptique sur la nécessité de fusionner la National bank et Eurobank, et des évaluations supplémentaires seront menées sur la question. Les deux parties n'ont pas non plus trouvé de compromis sur le nombre de postes de fonctionnaires à supprimer, et les créanciers d'Athènes s'interrogent sur la capacité du gouvernement de combler le trou du déficit public avec les recettes d'une nouvelle taxe immobilière. (Les Echos)

Pourquoi le débat entre croissance et austérité gêne-t-il tant Monsieur Schäuble ?  08/04/2013

Berlin veut clore un débat qu'il juge "sot" et entend affirmer qu'il n'y a "pas d'austérité". Pourtant, les faits plaident contre la stratégie allemande qui est d'abord le fruit des intérêts de la première économie européenne, estime Romaric Godin dans La Tribune. Selon lui, cette hâte à vouloir cesser la discussion prouve avant tout que l'Allemagne a perdu la bataille de la communication. Désormais, il n'y a plus que les Allemands et leurs plus proches alliés pour défendre cette idée que l'équilibre budgétaire et la dévaluation interne est le gage de la croissance future et qu'il ne faut surtout rien faire pour entraver ce "rééquilibrage". Même le Conseil européen et la BCE reconnaissent qu'il faut une stratégie de croissance.

Sauver l'Euro coûterait 350 milliards de transferts annuels  08/04/2013

Dans un entretien croisé accordé à Atlantico, l'économiste Jacques Sapir répond à la question "Finira-t-on par être obligé de sacrifier l'euro pour sauver l'Europe ?". Selon Sapir, "Le pire ennemi de l’Europe aujourd’hui est l’Euro lui-même. L’Allemagne a imposé des solutions pour les pays connaissant de graves difficultés où ceux-ci doivent financer eux-mêmes les plans de sauvetage. On dit que cette politique est celle de Madame Merkel, ce qui est exact. Elle a saisi l’occasion de la crise chypriote pour préciser cette nouvelle doctrine. Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, a d’ailleurs confirmé le samedi 6 mars que les grands déposants des banques européennes pourraient souffrir si une banque venait à faire faillite. En fait, il faudrait, pour que la zone Euro fonctionne, que l’on transfère vers les 4 pays du Sud un minimum de 260 milliards par an, plus environ 90 milliards pour les autres pays et pour assurer l’équilibre des balances commerciales. On aboutit à 350 milliards de transferts annuels, dont l’Allemagne devrait couvrir environ 200, voire 250 milliards, soit de 8% à 10% de son PIB. L’Allemagne, qui profite de l’existence de l’Euro à hauteur de 3% de son PIB, se refuse bien entendu à une telle solution. Donc, l’application de la nouvelle « doctrine » va conduire à une aggravation rapide de la crise dans ces pays et, en fin de compte, ne leur laissera pas d’autres alternatives qu’une sortie de l’Euro ou d’être définitivement ruinés. Ceci va empoisonner les relations au sein de l’Union Européenne. Il vaudrait mieux que l’on en tire rapidement les leçons et que l’on mette fin à cette tragique expérience qui s’appelle l’Euro. C’est d’ailleurs l’opinion de Hans-Olaf Henkel, ancien Président de la Fédération des industries allemandes, dans la revue Europe’s World. (lire l'ensemble de l'entretien avec Paul Goldschmit et Philippe Waechter)

Chypre soumet son plan B et la BCE impose un ultimatum  22/03/2013

"Une certaine panique semble régner” en Europe au sixième jour de la crise chypriote, écrit Catherine Chatignoux dans Les Echos. Ce sentiment de panique se lit dans les titres des journaux qui parlent de possible faillite. Le présentateur du JT de France 2 parle de « forte, de très forte tension » dans la zone euro. Ce, alors que la première banque du pays, la Bank of Cyprus, a déclaré jeudi que le pays est au bord de la ruine. Le même jour, la BCE a menacé le pays d’un ultimatum. L’institution n’assurera plus les approvisionnements en liquidité si aucun accord n’est trouvé avec l’Eurogroupe d’ici à lundi. Les Echos note toutefois que la menace de la BCE n’a pas conduit à un mouvement de panique dans les marchés qui croient toujours que la BCE fera tout pour sauver l’euro. Dans on analyse de l’ultimatum de la BCE, Jean-Philippe Lacour cite l’économiste Holger Schmielding qui explique que la BCE ne fait que se plier à ses propres règles. En autorisant, la banque centrale chypriote à assurer un financement d’urgence et en permettant donc à l’économie de rester sous assistance respiratoire, la BCE a déjà outrepassé ses règles. Le Monde parle toutefois d’arme de persuasion massive et souligne que Jorg Asmussen a déjà brandi cette menace le weekend dernier lors de la réunion de l’eurogroupe afin de forcer le président Nicos Anastasiades à accepter l’accord. Pendant ce temps, le gouvernement chypriote a soumis un plan B à son parlement et à l’eurogroupe. Ce plan prévoit la création d’un fonds d’investissement de solidarité qui permettrait de lever 5,8 milliards d’euros. Le président de l’eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a toutefois indiqué, jeudi, que la taxe sur les dépôts serait probablement inévitable. Un économiste chypriote auprès du président Marios Mavrides indique également dans Le Figaro que la mesure aurait dû être adoptée. Au contraire, La Croix indique dans son éditorial que la taxe est choquante et une erreur tactique. Mais il faudrait penser plus tard à l’aide que pourraient apporter les épargnants au redressement du pays, ajoute l’éditorialiste Guillaume Coubert. Pendant ce temps, l’ancien président chypriote Dimitris Cristofias dénonce l’approche ultralibérale et néocoloniale de l’Europe qui les mène vers une abîme social. (interview accordée à Humanité Dimanche).

La fumeuse affaire qui perdit John Dalli  22/03/2013

Selon une tribune de Jean Quatremer dans Libération les accusations de corruption par le lobby du tabac visant l’ex-commissaire européen reposeraient sur des mensonges. Quatremer se demande si José Manuel Barroso a été « l'instrument, conscient ou non, de l'industrie du tabac lorsqu'il a viré avec perte et fracas son commissaire chargé de la santé, le 16 octobre, en l'accusant de corruption? » Barroso a refusé de rendre public le rapport de l’Olaf, se contentant d’affirmer que les preuves étaient solides. Cinq mois après, aucune preuve corroborant les accusations contre Dalli, que ce dernier nie avec vigueur, n'a jamais été rendue publique. Toutes les demandes du Parlement européen visant à vérifier la validité de cette accusation se sont heurtées à un refus.

Londres et Paris : deux politiques d'austérité opposées, deux échecs  22/03/2013

Dans Les Echos, Eric Le Boucher compare les politiques d'austérité en France et au Royaume-Uni, deux méthodes opposées pour un même résultat: l'échec. La Grande-Bretagne sabre dans les dépenses et soutient le business, pendant que la France taxe les entreprises et croit à l'intervention de l'Etat. Mais cinq ans après le début de la crise, aucun des deux pays n'a trouvé la bonne politique. Londres vient de présenter un nouveau plan d'austérité, qui comprend 13 milliards d'euros de réductions de dépenses publiques pour le budget de l'exercice 2013-2014. Parallèlement, l'impôt sur les sociétés va tomber à 21% en 2014 puis 20% en 2015. Mais dans son éditorial de Une, Le Monde souligne que l'impitoyable politique d'austérité budgétaire conduite par David Cameron depuis 2010 n'a pas plus rétabli la croissance qu'elle n'a assaini les finances de l'Etat. Pourtant le ministre britannique des finances George Osborne - qui incarne l'austérité et est devenu le bouc émissaire des Britanniques (Le Figaro) - a décidé de maintenir le cap. En France, les dernières prévisions de l'Insee anticipent une croissance nulle au premier trimestre et de 0,1% au deuxième trimestre 2013. La nouvelle prévision de Bercy pour l'ensemble de 2013 sera proche de celle de 0,1% établie par Bruxelles, prédit Les Echos.

Faillite de la zone euro : le rapport dont personne ne parle  20/02/2013

Ce sont deux juristes américains qui ont été les architectes de la restructuration de la dette de la Grèce. Contrairement à ce que les dirigeants européens ont promis, Mitu Gulati et Lee Buchheit -qui a conseillé quasiment tous les Etats en faillite au cours des trente dernières années-, sont persuadés que la Grèce ne restera pas un « cas unique et exceptionnel ». Selon eux, il faut restructurer les dettes d'autres Etats, c'est à dire imposer des pertes aux créanciers, plutôt que de laisser les contribuables de la zone euro payer la facture.  « La principale raison qui a poussé les Européens à utiliser l'argent public pour rembourser intégralement les investisseurs privés qui détenaient la dette des Etats en difficulté est qu'ils redoutaient de faire face à une situation du type de celle de l'Argentine, qui s'est retrouvée piégée par des créanciers récalcitrants (« hold-outs ») », concluent-ils dans l'article qu'ils ont présenté lors d'une conférence à Chypre. C'est donc ce problème des « hold-outs » qui doit être traité. Les spécialistes préconisent d'amender le Traité qui instaure le Mécanisme de stabilité européen (MES) afin d'empêcher qu'un créancier floué ne puisse saisir les actifs d'un Etat membre qui bénéficie d'un programme d'assistance financière européen (et qui restructure sa dette). Il s'agit en somme d'immuniser temporairement les biens et les revenus des pays aidés. « En mettant des bâtons dans les roues des investisseurs prêts à traîner les Etats devant les tribunaux, cet amendement réduira l'espoir qu'ils ont de gagner de l'argent en ne participant pas à la restructuration ». Une proposition qui intervient, ce n'est pas un hasard, après la saisie rocambolesque d'un navire argentin par le fonds Elliott, qui a toujours refusé de participer au plan de réduction de la dette de l'Argentine. Au passage, les auteurs fustigent la manière dont les dirigeants ont géré la crise. Notamment Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé que « les Européens payaient toujours leurs dettes ». « C'est bien mal connaître l'histoire de l'Europe », assènent-ils. Ils accusent surtout la Banque centrale européenne d'avoir plaidé pour qu'on n'inflige pas de pertes aux investisseurs. Leur proposition d'amendement a circulé dans les cercles officiels, mais le sujet est trop explosif pour être débattu publiquement. (* « The problem of holdout creditors in Eurozone sovereign debt restructurings », Lee Buchheit, Mitu Gulati, Ignacio Tirado, 22 janvier 2013)

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