Le bloc-note de Paul-Marie Coûteaux


"Ce sont ces gens là qui ont brûlé le Reichstag ! »". Ainsi s'exprimait le mercredi 12 décembre, en sortant de l'hémicycle, M. Watson, Président du groupe libéral, littéralement ahuri par la bronca que venaient de soulever les députés eurosceptiques au moment où MM. Pöttering, Président du Parlement, Barroso, Président de la Commission et Socratès, Premier ministre portugais et Président du Conseil européen, signaient solennellement -du moins l'espéraient-ils!- la ténébreuse Charte des droits fondamentaux. (Sur ladite Charte et ses conséquences, on lira les notes de M. le Recteur Pécheul et de M. Patrice André dans nos Cahiers n°4, « Analyse de la Nouvelle Constitution européenne, récemment parus). Jamais en reste d'une outrance, son collègue Schulz, président du groupe socialiste, évoquait les « méthodes du parti d’Hitler » ! Commentaires déplacés s’agissant du simple rappel des référendum français et hollandais, c’est à dire du principe même du suffrage universel, mais significatifs de l’état d’esprit des fanatiques de la supranationalité qui se croyaient vainqueurs, mais découvrent qu’une opposition persiste, plus vigoureuse qu’ils ne l’imaginaient : sur de nombreux bancs, à droite comme à gauche, des députés, italiens, britanniques, autrichiens, polonais, irlandais, danois, suédois, grecs, mais aussi beaucoup de français, avaient brandi de grands panneaux et scandaient « referendum » dans un beau choeur qui résonnait sous la coupole de Strasbourg. La riposte fut habituelle : Euronews montra une petite partie de l’hémicycle en évoquant les « hurlements de l’extrême droite », tandis que, dans un communiqué échevelé, M. Patrick Gaubert, député UMP et Président de la Licra, comparait les souverainistes à des nazis… Le niveau baisse, le ton monte… Au fait, le communiqué de M. Patrick Gaubert mérite qu'on s'y arrête et qu'on le cite dans son entier et sans commentaires :

"Philippe de Villiers et un groupe de députés européens d'extrême-droite ont refusé ce jour, par des méthodes autocratiques, d'accepter la proclamation de la Charte des droits fondamentaux en séance plénière au Parlement européen. Par leur attitude, ces députés démontrent qu'ils rejettent la protection de ceux qui subissent le racisme, qu'ils craignent une juste répression judiciaire contre toute forme de discriminations et qu'ils refusent la promotion des libertés économiques, sociales et le respect des droits de l'Homme. Cette Charte est l'honneur de notre Parlement. Elle est l'expression de la solidarité et du partage de valeurs communes entre les européens et l'aboutissement de la lutte pour la sauvegarde des principes démocratiques. Le comportement provocateur, injurieux et choquant de ces députés vis-à-vis de leurs collègues et des plus hauts responsables politiques européens réunis pour célébrer cette signature est indigne de notre Assemblée. On peut se demander, honnêtement, s'ils partagent les valeurs communes de l'Union européenne. Les propos xénophobes de M. de Villiers, son discours obsessionnel de stigmatisation de l'étranger, d'amalgame à l'encontre des musulmans, s'opposent aux idées et aux convictions républicaines que je défends. J'ai systématiquement refusé, en tant que président de la LICRA, sa présence dans des manifestations contre le racisme et l'antisémitisme organisées par mon association. Son attitude aujourd'hui dans l'hémicycle ne fait que confirmer, sans surprise, les tirades haineuses, sectaires et rancies tenues de longue date par le Vicomte et sa curia regis d'extrême-droite."


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