Grand beau temps. P.L. m’a dit tout à l’heure, tandis que je lui faisais l’habituelle visite du soir, dans son jardin, que je suis en train de retrouver “l’heure de Poué”. C’est que, quand elle s’étonne que nous dînions si tard, “à des neuf heures du soir”, et que je lui fais remarquer qu’il n’est, au soleil, que sept heures et qu’elle a bien tort de se régler sur l’heure de la Commission européenne, elle me dit, comme elle l’a fait déjà deux ou trois fois, que je lui fais penser à ceux qui, pendant la guerre, refusaient de se régler sur l’heure allemande. Elle a un peu développé tout à l’heure, me racontant l’histoire d’un village poitevin, le village de Poué dont les habitants avaient refusé tout compromis, y compris sur les horloges de la mairie et de l’église, ne voulant entendre parler que de l’heure française; suis rentré en savourant cette histoire, et me disant que l’heure française sera toujours celle du soleil…
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