Les belles fenêtres ont une magie, plus forte me semble-t-il que tous les cadres. Celle qui, dans ma chambre, du côté de mon lit, donne sur la cour, et qui est faite de grands carreaux, découpe la rocaille qui s’étage du grand mur jusqu’à la margelle de l’allée, et qui est en ce moment, au soleil, d’une profusion magnifique : ce sont, devant moi, autant de bouquets changeants, indescriptibles, mais incroyablement lumineux, vers lesquels mon regard, du bureau, revient sans cesse ces jours-ci…. Si le temps est chaud, et que j’ouvre la porte fenêtre, le massif m’arrive d’un coup, sa profusion est trop abondante pour que je l’embrasse d’un seul regard, et je n’ai plus qu’un éclat de couleurs et de lumière, cascade de petites pensées de toutes teintes, de roses rouges et d’autres jaunes et de buissons de tous els verts, que survolent les filets fragiles du “désespoir du peintre” et les longs iris. Est-ce trop, pour un seul regard ? Pour bien voir, rien ne vaut les petits tableaux que les carreaux de la fenêtre découpent et juxtaposent, bouquets d’un plus vaste bouquet, qui paraît ne pas finir…
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