Me fais peu à peu à l’idée de ne plus vivre qu’ici, et cette idée m’apparaît de plus en plus excitante. Lire, écrire, lire de nouveau et écrire encore. Se passer des trains, des réunions, des téléphones, de cet immense temps perdu – oui, mais comment me passerais-je de ma secrétaire, et de P.P., mon indispensable plénipotentiaire ? Pourtant, Chateaubriand : “Quand on voit les illusions dont la Providence environne le pouvoir, on est consolé par sa courte durée”. Certes ! Certes ! Et encore ceci, sur le même sujet : “La France aurait pu gagner à ma réunion avec l’Empereur; moi, j’y aurais perdu. Peut-être serais-je parvenu à maintenir quelques idées de liberté et de modération dans la tête du grand homme; mais ma vie, rangée parmi celles qu’on appelle heureuses, eût été privée de ce qui en fait le caractère et l’honneur : la pauvreté, le combat, et l’indépendance”.
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