L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
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Mardi 17 Avril 2012

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...


Vous qui dénoncez, et à juste titre, l'entêtement orgueilleux des fanatiques de la monnaie unique, qui préfèrent que l'Europe crève, plutôt que leur joujou "euro" disparaisse, lisez, je vous le recommande, lisez "Zone euro, éclatement ou fédération", de Michel Aglietta (Michalon Editions, janvier 2012). Une note de lecture pour l'Observatoire de l'Europe, signée Romain Rochas.


Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...

"Zone euro, éclatement ou fédération", par Michel Aglietta

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez le sans cesse et le repolissez!
           Nicolas Boileau, Art poétique.
 

NOTES DE LECTURE

 
Pourtant, me direz-vous, Aglietta est un européiste pur jus, partisan acharné de l'eurofédéralisme budgétaire. Exact. Mais il est d'autant plus instructif de constater avec quelle vigueur il dénonce les méfaits de la construction monétaire européenne telle qu'elle a été conçue et mise en œuvre jusqu'à présent. S'il y a des souverainistes et des adversaires de la monnaie unique qui hésitent à employer un vocabulaire trop agressif, de peur de passer pour un personnage pas sortable, qu'ils se rassurent, c'est ce vocabulaire qu'utilise allègrement l'un des avocats les plus éloquents du "toujours plus d'Europe", particulièrement en matière monétaire et financière.
 
Dans son livre, il y a le meilleur et le pire. Le meilleur, c'est une analyse souvent juste de la situation de crise actuelle; c'est la dénonciation virulente des conceptions idéologiques qui nous ont menés au désastre. C'est l'énumération des impasses dans lesquelles les auteurs de la politique européenne s'efforcent de nous enfermer. Le pire, c'est qu'après ce terrible constat, sa conclusion est qu'en conséquence, il faut, pour en sortir, en remettre une couche.
 
Pour illustrer tout cela, rien de tel que d'aligner des citations tirées de son ouvrage.
 
Sur l'analyse de la situation, n'a-t-il pas raison quand il redoute "le glissement de l'Europe vers la stagnation de longue durée et l'insignifiance dans l'économie mondiale" et qu'il constate que le modèle social européen est en voie de disparition"; quand il dit: "Goldman Sachs a été dans tous les coups tordus"; ou quand il souligne que "depuis vingt ans, les inégalités croissent"; enfin quand il conclut de tout cela que "la politique doit reprendre le poste de commandement au lieu que la finance dicte au politique les règles qui lui conviennent"?
 
Sur les vices de la construction européenne, notamment de la conception qui a prévalu pour  l'union monétaire, il n'y va pas de main morte, lui, l'européiste extrême! Voyez plutôt: "Les actions politiques se sont révélées impuissantes". Puis: "Espace de conservatisme idéologique, … espace de compromis politiques laborieux et tortueux, l'Europe est la championne des demi-mesures." Et "la philosophie traditionnelle de l'Europe" consiste "à empiler des règles inopérantes". Pour lui, "l'idéologie politique qui règne en Europe ne permet d'envisager aucune remontée de la croissance à long terme". Il dénonce "le dénigrement des politiques industrielles, inhérent à l'idéologie dite « libérale ». Ou encore, "Très vite, la belle logique imaginée à Bruxelles s'est révélée fausse."  Puis: "La stratégie de Lisbonne, qui visait notamment à la convergence, a abouti à une divergence massive". "Echec patent", "fiasco", telles sont ses mots doux pour cette "stratégie".
 
L'abattage sans pitié de la forêt idéologique continue plus spécifiquement dans le carré de la conception monétaire: "Toute la conception monétaire européenne repose sur une conception étroite et donc erronée de la monnaie. Il qualifie d' "anomalie historique" le système européen de monnaie unique. "Le Pacte de stabilité … a été un fiasco total", car il impose, selon lui, une "limite arbitraire et uniforme de déficit public". Pour lui, "l'austérité imposée à la Grèce" … "ne laisse aucun espoir de redresser la situation". En effet, l'actuelle politique d'austérité "est un passeport pour la ruine", dit-il dans une formule saisissante. Quant à la fameuse "règle d'or" de l'équilibre budgétaire absolu, "c'est le pacte de stabilité dont les effets pervers vont être sensiblement aggravés". Bref, les hommes politiques montrent un grave "aveuglement dans l'erreur".
 
Quels sont les coupables? Ses dénonciations les plus nombreuses visent les gouvernements des Etats membres. Et n'en soyons pas choqués, au nom d'un souverainisme peu clairvoyant. Vouloir restaurer la souveraineté des Etats ne doit pas nous cacher que la folie de l'idéologie européenne ne réside pas seulement dans les instances européennes. Nous avons l'Europe que nous avons souhaitée, les traités que nous avons signés et ratifiés! A la limite, les institutions européennes sont moins coupables que les Etats membres, car elles, elles appliquent le mandat impératif qui leur a été confié, alors que les Etats étaient libres d'approuver des traités bien différents. Apprentis sorciers, les Etats membres sont mal venus de se plaindre, comme ils le font parfois, du comportement des institutions, gémissant pour excuser leurs propres échecs: "C'est la faute à Bruxelles!".
 
Alors baissons plutôt la tête lorsque M. Aglietta constate que "les gouvernements des pays membres de la zone euro" sont "incapables" de maîtriser la crise financière, et ne sont rien d'autres que des "pompiers impuissants". Ils "ont laissé la situation empirer par une succession de demi-mesures." La contagion de la crise "est la, conséquence de l'ensemble des désaccords, revirements, hésitations, erreurs de diagnostic, sous-estimation de l'urgence et inertie dont les gouvernements n'ont cessé de faire preuve depuis l'automne 2009 devant les marchés." Il déplore "l'arrivée au pouvoir en Grèce et en Italie de technocrates non élus".
 
C'est surtout contre l'Allemagne que M. Aglietta en a. "Le discours allemand est … incohérent et d'ailleurs de mauvaise foi". L'accord du 19 décembre 2011 est "un diktat allemand", et "les autorités allemandes feraient bien de balayer devant leur porte". "L'Allemagne est toujours habitée de ses fantômes". La "valse-hésitation continuelle", c'est aussi celle "du gouvernement allemand sur la conduite à tenir devant des marchés apeurés." Il souligne notamment "la très mauvaise gouvernance financière du système bancaire allemand, permis par l'incroyable laxisme des pouvoirs publics", qui ne justifie donc guère la qualité de "parangon de vertu" que croit pouvoir afficher "l'establishment allemand". De plus, "la vision asymétrique des responsabilités que l'Allemagne rejette sur les autres ne peut mener la zone euro que vers le marasme prolongé".
 
L'auteur égratigne aussi la France, mais c'est surtout, justement, pour lui reprocher de s'être alignée, soit par courte vue, soit par complaisance, sur les positions allemandes, sans pour autant y être intellectuellement favorables. Ainsi "le FESF consolide un directoire franco-allemand sur la zone euro, sauf qu'ils ne s'entendent sur rien!"  D'autre part, "la tentative …  de referendum en Grèce" a avorté "sous le diktat de l'interdiction franco-allemande". Le gouvernement grec est "devenu technocratique sous la pression franco-allemande."
 
Moins souvent citées, les institutions de l'Union européenne en prennent quand même joliment pour leur grade. Le Conseil européen, ou encore le collectif des Etats de l'eurozone ont bien sûr leur part de reproches, car ce sont les institutions qui se rapprochent le plus des Etats membres eux-mêmes. Il faut cesser "d'ergoter d'un sommet européen à l'autre, comme cela a été fait depuis deux ans". Ce que décida le Conseil européen au sujet de la Grèce "ne fit qu'empirer les choses". Quant à l'accord entre les Etats de l'eurozone du 9 décembre 2011, il "est en réalité entièrement prisonnier du carcan des règles prédéterminées".
 
Mais la Commission n'est pas toujours épargnée non plus. Après Delors, "la Commission européenne n'eut plus que des présidents sans la moindre capacité d'innovation". Et vlan! "Les bureaucrates de Bruxelles ne se remettent jamais en cause devant les faits". Si  M. Aglietta critique la position des autorités allemandes, il associe la Commission à ces critiques en soulignant qu'elle "partage leur grille d'analyse". Evoquant le plafond de 60 % imposé à la dette publique, il le critique comme étant "un chiffre mythique"  et il ajoute qu'il semble malheureusement "enraciné dans la tête des dirigeants politiques et des bureaucrates européens". Il dénonce le vocabulaire "technocratique des « experts » de la Commission et du FMI , qui mettent sous tutelle les pays européens requérant une aide financière". S'agissant des agences de notation, "la Commission ne s'attaque pas au problème fondamental" qui les affecte. Bref la direction à prendre "est aux antipodes de l'attitude actuelle des gouvernements des pays de la zone euro et des bureaucrates de Bruxelles". Tous dans le même panier!
 
Associant ainsi les gouvernements et la Commission dans certaines de ses critiques,  M. Aglietta associe aussi Commission et Banque centrale européenne dans d'autres critiques. Ainsi l'admission de la Grèce dans la zone euro "s'est faite en violation des critères de convergence à respecter", et à cet égard, "la Commission européenne et la BCE, supposées être les parangons de la vertu économique et les censeurs intransigeants des déviances, donnèrent un avis favorable".
 
C'est que la Banque centrale européenne semble être l'institution qui attire le plus de critiques parmi les institutions européennes. La BCE "opère seule dans un splendide isolement". L'auteur ironise sur "les contorsions de la BCE dans la crise actuelle" et son "aveuglement doctrinal", et derechef "les contorsions verbales de ses présidents successifs, Jean-Claude Trichet, puis Mario Draghi". On voit que les reproches sont personnalisés, et cette personnalisation continue avec l'évocation des "ayatollahs allemands de la pureté monétaire", les deux agents de la BCE Axel Weber et Jürgen Stark, qui "ont démissionné avec pertes et fracas". L'auteur s'inquiète en outre de "la valse-hésitation de la BCE pour savoir si elle peut ou non légitimement étouffer la contagion" de la crise vers de nouveaux pays.
 
Au vu de ce réquisitoire accablant, on s'attendrait légitimement à ce que l'auteur en conclue qu'il faut abroger les dispositions qui ont été si nocives et réduire les attributions des institutions qui en ont fait un si mauvais usage. Eh! bien, pas du tout. Selon le slogan habituel, si les systèmes européens marchent si mal, c'est parce qu'ils sont incomplets. Il faut les compléter. Il faut en remettre une couche, et tout ira bien. Une fois de plus, c'est le mécanisme du cabestan, ou du cliquet: le mouvement n'est possible que dans un sens, les réformes sont nécessaires certes, mais on ne peut en faire de bonnes qu'en allant encore plus loin dans le sens de l'intégration. Le rétropédalage est hors de question.
 
Pourtant, en certains passages, l'auteur semble ne pas être loin de remettre en cause ce dogme à sens unique. Ainsi, il avoue qu' "il n'existe aucun sentiment d'appartenance à une entité politique européenne". La remise en cause du dogme, il la formule clairement au sujet du Pacte de stabilité: "Selon la logique propre à l'ordo-libéralisme, les autorités allemandes font le diagnostic selon lequel, si le pacte a échoué, c'est pace que les règles n'étaient pas assez contraignantes. On va donc en rajouter". Et sous sa plume, ce n'est pas un compliment! Allez, M. Aglietta! Vous êtes en bonne voie! Encore un petit effort, et vous allez vous libérer de l'idéologie qui nous tue tous!
 
Eh! bien, non. M. Aglietta termine son livre par des chapitres complexes, touffus et sans doute réservés aux experts, pour conclure qu'il faut aller à toute vapeur vers la fédération. D'ailleurs le sous-titre même de l'ouvrage, "éclatement ou fédération", nous avait prévenus. Mais en quoi la voie fédérale devrait être "la" solution, voilà ce que l'auteur n'explique pas de façon bien démonstrative ni didactique. Il s'agit plutôt d'un saut dans le vide intellectuel autant que d'un saut dans l'aventure politique! L'Europe est incomplète, il faut la compléter. La monnaie unique de l'Union est actuellement une monnaie incomplète."Il faut faire de l'euro une monnaie complète en élargissant le mandat de la BCE. Il faut former une union budgétaire qui ne soit pas un carcan de règles restrictives, … mais un partage de souveraineté pour déterminer collectivement des trajectoires budgétaires pluriannuelles".? Tout le livre, c'était pour dire cela.
 
            Comment le "partage de souveraineté" réalisé par une "union budgétaire" pourrait-il bien résoudre les problèmes financiers de l'Europe? L'auteur ne s'étend pas beaucoup là-dessus, mais il le dit tout de même. Le projet européen a intégré l'espace européen. Or "un espace qui s'intègre tend à agglomérer les activités les plus productives dans les mêmes pôles et à désertifier les régions qui étaient initialement les moins industrialisées." Voilà pourquoi "les écarts entre les pays du Nord et les pays du Sud n'ont fait qu'augmenter depuis la création de l'euro" (p. 127). Jusque là, l'auteur a parfaitement raison, et c'est même un aveu de taille!
 
            Ecoutez maintenant le remède proposé. Pour remédier à cette polarisation des activités, il faut "instituer une union de transferts", qui est indispensable "pour que l'euro devienne une monnaie complète" (p. 132) (1) . Il faut le reconnaître, beaucoup d'économistes, en effet, les uns fédéralistes et les autres souverainistes, ont affirmé qu'une union monétaire ne pouvait être viable qu'assortie d'une union de transfert. Une monnaie unique conduit à une concentration des activités et à des déséquilibres croissants et à des impasses, à moins que cette union soit complétée par des transferts massifs de ressources des régions les plus prospères vers les régions qui ont tendance à se marginaliser, pour corriger la tendance à la polarisation économique. Avec ce schéma de raisonnement, les souverainistes, ne voulant pas de fédération, en concluent que la monnaie unique est condamnée, cependant que les fédéralistes veulent à tout prix de la monnaie unique parce qu'elle conduira inévitablement tôt ou tard vers le fédéralisme budgétaire.
 
Eh! bien, moi, je dis que, même si l'on mettait en place une vaste union de transferts pour sauver la monnaie unique, je n'en voudrais pas. Pour des raisons économiques et pour des raisons humaines. Pour des raisons économiques d'abord. Voyez les Etats-Unis. Leur budget fédéral, en pourcentage du PIB, c'est autre chose que le budget de l'Union européenne! Cela n'a pas empêché que les crises affectent de façon extrêmement différenciée les Etats fédérés. Certaines vastes zones redeviennent des friches industrielles. Et le mal n'est qu'atténué par le fait que les Américains acceptent dans leur culture une grande mobilité, ce qui n'est pas le cas en Europe. Voyez aussi les conséquences de l'union monétaire que l'Italie a réalisée au XIXe siècle: creusement de l'écart de développement entre le Nord plus prospère et le Sud de plus en plus marginalisé. Alors l'Italie a assorti son union monétaire historique d'un lourd mécanisme de transferts: la "Cassa per il Mezzogiorno", là aussi pour permettre au Sud de l'Italie de rattraper son retard par rapport au Nord. Eh! bien le "rattrapage" est un processus sans fin et le Sud n'a jamais rattrapé son retard. Les Fonds structurels européens sont aussi la concrétisation d'une politique de transferts. Or ce sont les pays qui avaient le plus bénéficié de ces Fonds qui ont le plus plongé dans la crise financière: Grèce, Irlande, Portugal, Espagne Italie. Les deux listes coïncident. (2)
 
Mais les raisons humaines ne sont pas moins décisives. Le fédéralisme budgétaire est une forme drastique de centralisation des pouvoirs qui condamnerait les pays et régions à la traîne à une vassalisation perpétuelle par rapport aux régions et pays dominants, et induirait l'impossibilité pour les moins avancés de rester les maîtres de leur destin. Le meilleur moyen de s'étioler définitivement.
 
Non, M. Aglietta, nous ne voulons pas de votre solution! Mais, mes amis, lisez son livre! Il contient plein de bonnes choses. Il demande simplement qu'un "nègre" se dévoue pour remettre sur le métier les derniers chapitres.

 
Romain ROCHAS,
Chef de division honoraire
de la Cour des comptes européenne
pour L'Observatoire de l'Europe
www.observatoiredeleurope.com



(1) L'auteur semble suggérer que l'on pourrait dépasser la nécessité des transferts par "un projet bien plus ambitieux", qui serait "la politique environnementale" (pp. 132-133), parce que, prétend-il, elle "ne crée pas les tendances à la polarisation". Certes il y a lieu de recommander avec conviction la mise en place d'une politique importante de défense de la nature et de l'environnement. Mais on ne voit guère comment cette politique permettrait en soi de surmonter les tendances à la polarisation.
 
(2) Il ne s'agit pas ici de nier que les Fonds structurels ont été le canal pour le financement de maints équipements très utiles, mais de constater qu'ils ont néanmoins été incapables par eux-mêmes de faire définitivement sortir les pays aidés de leurs faiblesses économiques structurelles. Et les Fonds structurels ont été des instruments éminemment "fédéraux", en transférant des instances nationales vers les instances européennes, Commission essentiellement, une large part de la liberté de choix des investissements.
Mardi 17 Avril 2012

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1.Posté par nervall le 25/04/2012 17:00 | Alerter
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savez vous que le deutchsmark a été sunstitué à l’euro par F . mitterrand , pour persuader kohl d’entrer dans l’UEM ? et que la BCE suit la feuille de route de la bundersbank ?
cet accord intitulé et gravé dans les tarités de maastricht et lisbonne "independance de la BCE "de la bouche de l’allemagne signifie , statut quo sur cet accord secret , donc en final , le deutchsmark pour tous , explique la ruine de la majorité des etats de l’UE , non calibrés pour

trichet a poussé le zele pour un euro deutchsmark fort , ces 4 années sous sa gestion pour l’allemagne , a sonné la ruine en UE

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