L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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Villiers : "les peuples vont finir par se révolter"



Philippe de Villiers commente le résultat d'un sondage relatif aux rapports des Français avec l'Europe. Pour le député européen, président du Mouvement pour la France, "l'Europe s'enfonce" et l'euro lui fait "courir l’énorme risque d’une thrombose collective". Il en appelle à un "nouveau traité", de type confédéral, qui "donne plus de souplesse" au système européen et rende le "pouvoir au peuple".
Cette interview suit celle du 30 juin dernier, dans laquelle Philippe de Villiers constatait : "Tous les évènements me donnent raison. L'échec de la frontière unique de l'Europe, l'espace Schengen. Celui de la monnaie unique - je disais déjà il y a 15 ans qu'on ne ferait jamais marcher d'un même pas les Grecs, les Irlandais, les Français et les Allemands. Enfin l'échec du gouvernement mondial unique, je rejoins en cela les déclarations d'Arnaud Montebourg (candidat à la primaire présidentielle socialiste, ndlr) qui parle de la nécessité de la démondialisation". Il ajoutait que "Le problème c'est la dissociation de l'argent et du travail: dans toutes les sociétés, quand il y a eu cette dissociation, cela a été explosif", avant de conclure qu' "Aubry, Hollande, Sarkozy, Fillon...: sur le fond ils sont tous sur la règle commune de l'obéissance à Bruxelles, Francfort et l'OMC". (avec AFP, 30 juin 2011)




Pourfendeur des traités de Maästricht, Amsterdam et Lisbonne, Philippe de Villiers regrette de n'avoir pas été entendu.
Pourfendeur des traités de Maästricht, Amsterdam et Lisbonne, Philippe de Villiers regrette de n'avoir pas été entendu.

France Soir. Avez-vous été surpris par les résultats du sondage Ifop ?

Philippe de Villiers. Non, bien au contraire. Cela me conforte dans les convictions que je porte depuis vingt ans. On assiste à l’effondrement des grands mythes : la monnaie heureuse, la mondialisation heureuse et, à Bruxelles, le gouvernement des « experts ». Regardez : 50 % des sondés veulent le rétablissement des contrôles aux frontières, alors qu’on nous a toujours dit que les frontières constituaient un obstacle à notre fraternité cosmique. Si on continue sans rien faire, on arrivera à 80 % de Français contre le traité de Schengen. En 2007, je disais : « Les usines se démontent, les mosquées s’installent et les porte-monnaie se vident. » C’est plus que jamais d’actualité. Evidemment, dans les beaux quartiers, on ne voit pas les problèmes migratoires !

F.-S. 71 % des Français disent tenir à l’euro !

Ph. V. Oui mais, il y a trois ans, vous auriez eu 90 % des Français favorables à la monnaie unique. On aurait pu poser une autre question : êtes-vous attaché à cette monnaie ? La réponse aurait été non. Car il est difficile de s’attacher à un gouverneur (de la Banque centrale européenne, NDLR) froid comme Jean-Claude Trichet !

F.-S. Il existe aussi une solidarité européenne : 59 % des Français sont d’accord pour aider la Grèce…

Ph. V. Oui, mais les Français verront que bientôt il faudra aider le Portugal et l’Espagne. Aujourd’hui, pour maintenir l’euro, il faut payer de plus en plus cher. Les payeurs sont les Grecs pauvres, les Portugais pauvres, les Espagnols pauvres et, chez nous, les chômeurs. L’Europe s’enfonce : elle est incapable de régler ses problèmes. Une monnaie unique, c’est courir l’énorme risque d’une thrombose collective. Il faut un nouveau traité, qui donne plus de souplesse au système européen et redonne plus de pouvoir au peuple. Je suis pour un système confédéral.

F.-S. Vous avez les mêmes mots que les « indignés » espagnols ou grecs…

Ph. V. Que les candidats à la présidentielle tiennent le même discours, voilà plutôt ce qui m’indigne ! Martine Aubry et Nicolas Sarkozy sont tous les deux des élèves obéissant à Bruxelles, à l’Organisation mondiale du commerce et à la Banque centrale européenne. Si cela ne change pas, on va élire en 2012 un René Coty. C’est-à-dire un président impuissant. Et le pouvoir sera concentré à 90 % à Bruxelles.

F.-S. Vous présenterez-vous à la présidentielle ?

Ph. V. On verra à l’automne. Je suis très malheureux de voir la classe politique refuser d’intégrer dans son schéma de pensée l’évolution des esprits. Si la campagne présidentielle se déroule à l’aune du discours : « Tout va bien se passer grâce à l’Europe », on va tromper les électeurs. Et les peuples vont finir par se révolter.



Propos recueillis par Pascale Tournier
Source : France Soir, 5 juillet 2011 


61 % des Français tiennent à l’Europe, et 71 %, à l’euro, qu’ils n’envisagent pas une seconde d’abandonner pour un retour au franc. Mais cela n’empêche pas 88 % d’entre eux d’être formidablement inquiets devant l’évolution du continent, le poids de la dette, le montant des déficits. La France peut-elle demain connaître une « dérive grecque » ? 61 % des personnes interrogées par l’Ifop – un pourcentage impressionnant – répondent sans hésiter : oui, hélas !
 
Du coup, en Europe, ce sont les Français, après les Britanniques, qui sont proportionnellement les plus nombreux (50 %) à souhaiter que l’on « zappe » – ou, au moins, que l’on mette entre parenthèses – les accords de Schengen (qui ont organisé la libre circulation au sein de l’Union) et que soient rétablis des contrôles aux frontières.
 
Toute l’ambivalence du rapport compliqué des Français à l’Europe est contenue dans ces chiffres. Que disent, en effet, les Français ? A la fois un « oui » à l’Europe (protectrice) et un « non » à l’Europe (poreuse et qui s’effiloche). C’est là le fruit d’une grande enquête conduite dans toute l’Europe par l’Ifop à la demande du Mouvement pour la France (MPF), du souverainiste Philippe de Villiers, lequel en a confié les résultats en exclusivité à France-Soir.
 

Quatre leçons principales à tirer


1. Les Français tiennent à l’Europe
 
Pas question d’abandonner l’euro, disent 71 % des sondés (une adhésion record à l’échelle de l’Europe). Oui, la construction européenne est « plutôt une bonne chose », estiment 61 % des personnes interrogées. Sans surprise, les Britanniques, qui habitent une île, restent les plus réticents. En revanche, l’adhésion est forte en Espagne (74 %), en Italie (72 %) et aussi en Allemagne (65 %).
 
2. Les Français s’affolent du montant des dettes
 
En Europe, les plus inquiets sont les Italiens (90 %). Juste derrière : les Français et les Espagnols (88 %). Les Allemands ne sont pas loin (84 %).
 
3. Les Français craignent la contagion grecque
 
Qui l’eût imaginé voilà quelques années ? 61 % des sondés (dont 69 % des 35-49 ans, 70 % des ouvriers et 76 % des sympathisants du Front national) pensent que la France, sur la pente actuelle, n’est pas à l’abri d’un destin grec. Les seuls – et cela en dit long – qui s’estiment protégés sont les Allemands : 64 % n’y croient pas pour eux (soit 10 points de plus qu’en décembre 2010). Du coup, ils sont 59 % à estimer que leur pays a déjà beaucoup fait et n’a aucune raison d’aider la Grèce davantage. En fait, les plus compréhensifs envers la Grèce sont les pays qui se disent qu’ils pourraient avoir besoin un jour d’une aide de ce type ou que, sans cette aide, eux-mêmes basculeront, dans l’ordre : l’Italie, la France, l’Espagne.
 
4. 50 % des Français souhaitent des contrôles aux frontières
 
Tous les autres pays – à l’exception de la Grande-Bretagne – restent majoritairement favorables à la libre circulation au sein de l’Union, conformément aux accords de Schengen.
Jamais l’Europe, du moins pour les pays du continent, n’est apparue aussi vitale et, en même temps, doutant autant d’elle-même. A l’heure du laxisme dévastateur de nos amis grecs et des déficits qui s’empilent, ce dossier-là, c’est une évidence, sera au cœur de la campagne présidentielle de 2012.
 

D'où viennent ces chiffres ?
 

Les résultats du sondage sont tirés d'enquêtes menées par l’Ifop pour le MPF en France du 21 au 23 juin et dans les autres pays du 22 au 27 juin, par questionnaires autoadministrés en ligne,
– en France auprès d’un échantillon national représentatif de 1.006 personnes.
– en Allemagne auprès d’un échantillon de 603 personnes
– en Espagne auprès d’un échantillon de 600 personnes
– en Italie auprès d’un échantillon de 605 personnes
– au Royaume-Uni auprès d’un échantillon de 604 personnes.
Chaque fois, les personnes interrogées étaient âgées de plus de 18 ans. Méthode des quotas.



 


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1.Posté par Destere le 13/07/2011 15:35 | Alerter
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Les eurobéats de Bruxelles n'ont pas fait l'Europe. L'Europe existe depuis 2000 ans avec ses peuples aux spécificités propres, qui ont leurs langues, leur culture, leur histoire le façons de vivre et de se comporter leur croyances religieuses d'inspiration fondamentalement chrétiennes.
Dans les états qui constituent l'Europe,se sont établis des règles propres à chacun des pays en cause. Des lois fiscales, sociales, décodes de la nationalité, des codes civiles, pénaux, de commerce etc... etc...
Ces états pour mille raisons et avant même le traité de Rome, ont eu des développements économiques politiques et sociaux souvent éloignés. Or, les technocrates utopiques et stipendiés de Bruxelles à commencer par les premiers d'entre eux dont l'ineffable Jean Monnet largement rémunéré par la CIA, et qui fut un des principaux artisans actifs à l'introduction du vers dans le fruit européen, n'ont tenu aucun compte de ces spécificités qu'ils tout simplement niées. Leur conception bureaucratique de la réunion des nations européennes avait pour objectif premier la disparition de celles ci afin d'orienter les populations vers le nouvel ordre mondial et son gouvernement centralisé, entre les mains des ploutocrates financiers. Dans de telles conditions, comment imaginer autre chose que la gabegie dans laquelle s'enfonce l'UE ? Cette UE qui devait apporter la prospérité aux peuples d'Europe ne crée en réalité que des dépenses supplémen-taires, des délocalisations du chômage de la dette et de la pauvreté chez les plus riches dont elle gaspille es moyens au bénéfice des riches des pays pauvres. Il est évident qu'il faut en sortir soit drastiquement , soit en prenant des distances suffisantes pour se protéger de ses excès mondialistes, et de son administration '' soviétiforme'' stérilisante.

2.Posté par Béneix Anne-Marie 69 ans retraitée le 15/07/2011 21:18 | Alerter
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Je suis d'accord avec le discours du 6 juillet de Nigel Farage devant les commissaires européens. Le modèle d'U.E. ne convient pas. Si je n'ai pas du tout peur de l'immigration intempestive, je constate que les collectivités locales ne font rien (à ma connaissance) pour les aider à s'intégrer.
Oui, l'europe a 2000 ans d'histoire et elle a enseigné à chacun la vaillance et la bonne foi, mais ces valeurs ne sont plus transmises. Actuellement c'est la compétition et l'argent, autrement dit nous nous désagrégeons, tant au niveau moral qu'au niveau de la société. J'attendais de l'europe un autre modèle économique qui aide tout être humain quelque soit son lieu de naissance à s'épanouir et à son tour offrir ses talents et ses connaissances à la communauté mondiale. Si l'U.E. ne se pense que comme bloc géopolitique, elle ne m'intéresse pas.

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