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Lundi 8 Décembre 2008

Une charte pour l'Euroréalisme ?



Au fond, l'Europe de Bruxelles n'est-elle pas "anti-européenne" ? Le modèle communautaire d'intégration issu des traités actuels aurait-il vécu ? C'est ce que l'on peut croire en découvrant le document intitulé "10 raisons qui font de nous les vrais Européens", signé du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, en train de franchir un nouveau pas dans son relookage "euroréaliste". Il faut dire que les évènements semblant lui donner raison, le souverainisme purement défensif des années 1992-2005 perd peu à peu de son objet. D'abord parce que le troisième "non" venu d'Irlande a enlisé la ratification du traité constitutionnel devenu traité de Lisbonne. Quel que soit le résultat du forcing actuel, cette Europe est définitivement maquée du sceau de ces trois refus référendaires. Or, on ne construit rien de politiquement efficace et durable contre la volonté des peuples. Ensuite, parce que voici quatre mois bientôt que les dirigeants européens, Nicolas Sarkozy en tête, s'activent face à la crise financière selon une méthode qui est tout sauf communautaire, celle des coopérations européennes à géométrie variable, malgré Bruxelles, et que tous les plans de relance engagés violent au moins 13 dispositions majeures des traités actuels renforcées par Lisbonne. Le parti de Philippe de Villiers, qui travaille à une grande alliance européenne pour les élections de juin 2009, entend bien "prendre d'assaut la citadelle" avec un discours pour une Europe alternative à celle des traités, ce qui suppose en effet, une majorité alternative au Parlement européen.


Une charte pour l'Euroréalisme ?

« DIX RAISONS QUI FONT DE NOUS LES VRAIS EUROPEENS »

« Aujourd'hui, qui peut sérieusement contester que nous incarnons l'Europe majoritaire ? La crise actuelle, le triple "non" français, néerlandais et irlandais, la perte de confiance des peuples vis à vis de l’Union Européenne et de leurs dirigeants en général imposent une sérieuse remise en question du vieux projet supranationaliste et donnent raison à tous ceux qui plaident depuis des années pour une Europe des démocraties et des libertés.  
Désormais, les Français, comme  les autres peuples, ne croient plus que l'Europe telle qu'elle est leur garantisse la paix, le bonheur et encore moins la prospérité. Pour qu'ils aiment l'Europe, il va falloir que l'Europe recommence à les aimer.
2009 doit être l’année de cette "renaissance européenne" dont nous sommes les porte-drapeaux.


1) Européens parce que nos peuples veulent reprendre en main leur destin, comme ils l'ont clamé à travers trois référendums, face à la coalition des élites arrogantes et des corporatismes ; 

2) Européens parce que la civilisation européenne est menacée par des traités qui, depuis quinze ans, en sectionnent les racines nationales et la rendent impuissante devant l'implosion démographique et la déstabilisation des populations du globe ; 

3) Européens parce que l'Europe est le berceau de la démocratie : ce "gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple" ne doit pas disparaître au profit d'une bureaucratie irresponsable, à l'origine de 85% de nos lois, lesquelles priment sur celles votées par nos parlements ;

4) Européens parce que dans un monde multipolaire où les Etats réaffirment leur souveraineté économique et politique, à l’image de la Russie, la Chine ou des grands Etats Sud-Américains, notre Europe ne sera forte et saine que si elle se réenracine dans la souveraineté de ses Etats ;

5) Européens parce que face au libre-échangisme destructeur des économies et des cultures européennes, l’Europe doit d'urgence renouer avec la préférence communautaire pour son agriculture, son industrie et ses services, face à des régions où le coût de la main d'oeuvre est une faible fraction du sien ;

6) Européens parce que notre continent eurasiatique a un cruel besoin de nouvelles institutions et de nouveaux modes de coopération pour sa stabilité et sa sécurité, que le système actuel à 27 ne peut plus offrir ;

7) Européens parce que l'Europe doit mieux défendre nos territoires et nos intérêts vitaux sur le continent comme à l'étranger en se protégeant, ni plus, ni moins que les Etats-Unis, la Chine, l'Inde ou le Brésil, mais sur la base de critères sociaux et écologiques permettant de véritables politiques industrielles et la maîtrise des espaces financiers ;

8) Européens parce que la prospérité et la vitalité de nos économies suppose aussi un marché européen libre mais régulé, dont le jeu concurrentiel est protégée contre les cartels et le dumping social, et chacun puisse préserver son niveau élevé de santé publique, d'environnement et de sécurité ;

9) Européens parce que nous sommes des libéraux au sens originel, c'est à dire refusant le mercantilisme et la bureaucratie qui caractérisent l'Union européenne d’aujourd’hui, dominée par des lobbies qui veulent toujours plus de règles uniformisatrices, plus d'impôts et refusent la concurrence fiscales ou celles de monnaies ; 

10) Européens parce que l'Union européenne actuelle est manifestement dépassée et impotente devant les grands défis de ce siècle ; l'Europe moderne et bien construite est celle qui permettra à nos démocraties de prendre à bras le corps la montée du chômage chronique, la désertification rurale, le désordre dans les villes, l'empoisonnement de la nature, la menace terroriste, le danger nucléaire, les dérives du mondialisme marchand et le défi démographique.


Des rives de la Méditerranée aux glaces du nord, c'est ici que le monde moderne a vu le jour. L'Europe a beaucoup à offrir à condition d'être elle-même, bâtie non pas contre mais sur la singularité des identités nationales et la diversité culturelle qui fondent notre patrimoine commun européen. Seule une refondation démocratique peut sauver cette civilisation exceptionnelle.
« L’ambition dont on a pas le talent est un crime » écrivait Chateaubriand. Les soi-disants "Européens convaincus" ont manifestement échoué et l'heure va venir où les Européens, les vrais, vous, nous, allons avoir l'occasion de reprendre en main notre destin »


Source : Pour la France, n°67, novembre 2008

Lundi 8 Décembre 2008

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