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Vendredi 3 Novembre 2017

Un rapport dénonce le poids du lobby gazier sur les institutions européennes avant la COP23


L’industrie gazière aurait dépensé plus de 100 millions d’euros en 2006 pour son lobbying auprès des institutions européennes en vue de la construction de nouvelles infrastructures gazières inutiles – y compris en France – et contradictoires avec les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris.


Alors que la conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP23) débute ce lundi 6 novembre à Bonn, les organisations Corporate Europe Observatory, l’Observatoire des multinationales, les Amis de la Terre et Attac France publient un nouveau rapport intitulé « L’Europe enlisée dans le gaz - Les lobbies derrière la politique européenne de développement des infrastructures gazières »

Avec des moyens considérables – plus de 100 millions d’euros dépensés, mille lobbyistes enregistrés – les lobbies de l’industrie gazière ont organisé plus de 460 réunions de haut niveau avec les plus hauts responsables climat et énergie de l’UE. Le rapport retrace comment leur présence au cœur des instances européennes officielles ont conduit la Commission européenne et les États membres à promouvoir la construction de nouveaux projets d’infrastructures gazières très controversés qui ne répondent ni aux besoins énergétiques ni aux exigences climatiques de l’UE. Face à cela, la société civile doit se contenter d’à peine 3% de leurs moyens pour mener à bien son travail de plaidoyer, la conduisant à neuf fois moins de rencontres avec ces mêmes haut-responsables européens.
 
Pour Pascoe Sabido, chargée de campagne climat au Corporate Europe Observatory, « cet intense lobbying a conduit les décideurs européens à reprendre à leur compte l’affirmation infondée selon laquelle le gaz serait un carburant "propre" complémentaire aux énergies renouvelables, justifiant ainsi la construction d’une nouvelle génération d’infrastructures gazières totalement inadaptées ; il est temps que l’UE tienne le lobby gazier aussi éloigné que possible des espaces de décision, que ce soit à l’ONU, à Bruxelles ou dans les capitales européennes ».
 
Le rapport montre que la France, qui a interdit la fracturation hydraulique dès 2011 et s’apprête aujourd’hui à adopter la Loi Hulot sur les hydrocarbures, est pourtant loin d’être exemplaire. Pour Olivier Petitjean, de l’Observatoire des multinationales, « les grandes multinationales françaises de l’énergie - Total, Engie et EDF - sont toutes impliquées dans des grands projets d’infrastructures gazières, et elles participent à l’offensive de lobbying de l’industrie à Bruxelles et dans les capitales européennes pour préserver leurs intérêts. Le territoire français est directement concerné avec un nouveau terminal méthanier inauguré en 2017 à Dunkerque par EDF et deux projets de gazoducs, MidCat et Éridan, qui posent question de par leur coût, leurs implications pour les émissions de gaz à effet de serre, ainsi que pour les risques environnementaux directs qu’ils comportent ».
 
 
Pour Cécile Marchand des Amis de la Terre, « l’extraction et le transport des gaz conventionnels et non conventionnels ont de graves répercussions sociales et environnementales dans le monde entier, qui ne feront que s’accroîtrent avec le développement de nouvelles infrastructures gazières en Europe. Il est temps de mettre fin à la fable du gaz propre pouvant servir d’énergie de transition puisque le méthane est l’un des gaz à effet de serre les plus nocifs pour le climat ».
« Loin d’être un compagnon des énergies renouvelables, le gaz est leur concurrent, conclut Maxime Combes, d’Attac France : l’UE et les États-membres doivent arrêter d’approfondir notre dépendance aux combustibles fossiles en gaspillant des dizaines de milliards d’euros d’argent public qu’il faudrait plutôt investir urgemment dans la transformation de notre système énergétique afin de le rendre compatible avec les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris ».
 
Vendredi 3 Novembre 2017

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