L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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Un appel aux intellectuels pour en finir avec l'UE



Dans un billet très enlevé, le blogueur Yéti n’est pas tendre avec le Parlement européen ni l'Union européenne en général, qu'il appelle à refonder. Selon lui, il n’a strictement aucun autre rôle que de fournir une vague façade démocratique à une organisation qui ne l’est en rien. A part voter le budget et offrir à ses heureux élus un CDD de cinq ans grassement rétribué, au point d’anesthésier les quelques velléités réformatrices radicales chez les plus virulents, la chambre strasbourgeoise n’a aucun réel pouvoir, sinon celui de pondre des tas de motions toutes plus inutiles les unes que les autres, histoire de se donner l’illusion d’exister. Quant aux élections européennes, elles sont, toujours selon Rue89, un scrutin d’opérette. L’Europe a une constitution scélérate, et, d’ailleurs n’est même pas une véritable union. Pour eux, il faut torpiller sa monnaie, l’euro et présenter un programme pour une autre Europe...




Un appel aux intellectuels pour en finir avec l'UE
Je ne participerai pas aux prochaines élections européennes, sauf si...
 
Le Yéti sur RUE89
voyageur à domicile
Publié le 07/09/2013 
 
Nous voici donc partis pour la huitième campagne des élections européennes. Comme les précédentes, celles-ci sont totalement dépourvues d’intérêt. Le Parlement européen n’a strictement aucun autre rôle que de fournir une vague façade démocratique à une organisation qui ne l’est en rien. Je n’y participerai donc pas plus qu’à l’édition précédente. A moins que...
A part voter le budget (volet dépenses uniquement !) et offrir à ses heureux élus un CDD de cinq ans grassement rétribué, au point d’anesthésier les quelques velléités réformatrices radicales chez les plus virulents (n’est-ce pas, monsieur Bové ?), la chambre strasbourgeoise n’a aucun réel pouvoir, sinon celui de pondre des tas de motions toutes plus inutiles les unes que les autres, histoire de se donner l’illusion d’exister.
Une bonne fois pour toutes, le pouvoir européen est exercé exclusivement par les technocrates de la Commission européenne et ceux de la Banque centrale européenne qui n’ont de comptes démocratiques à rendre à personne, sinon à leurs copains des lobbies financiers ou industriels (n’est-ce pas Monsanto ?) dont ils n’ont de cesse de défendre les intérêts.

Les raisons de s’abstenir
L’argument qui consiste à dire que ces technocrates sont choisis par les élus des différents Etats de l’Union européenne (UE), donc démocratiquement autorisés à exercer leurs fonctions, ne tient pas. La démocratie indirecte, dite représentative, ne marche déjà pas très bien au premier niveau, que dire alors quand elle en arrive au deuxième, troisième ou quatrième degré de représentation ?
Et que dire encore de ces élus nationaux qui se soumettent aussi docilement aux diktats opportuns des technocrates qu’ils ont nommés. L’UE est bien une des rares entreprises où les employés en imposent aussi aisément à leurs patrons.
Balayons rapidement le fait de se servir de ces élections européennes pour exprimer une vague réprobation politique au niveau national. C’est faire de la politique une expression bien puérile d’une crise d’adolescence citoyenne attardée.
Je ne participerai pas à ce scrutin d’opérette, d’abord parce que je ne veux plus de cette UE, ni de sa constitution scélérate que mon pays a d’ailleurs majoritairement refusée par référendum en mai 2005.
Je ne participerai pas à cette pantomime électorale parce que l’UE n’a plus rien d’une véritable l’union (sans majuscule) européenne au sens noble, démocratique, du terme. Ne subsiste qu’une Troïka de malfaisants (je pèse mes mots) qui met les populations sous une pression insupportable dans le seul but de sauvegarder ses prérogatives et celles de ses acolytes privés.
Je ne voterai pas non plus pour ceux qui se contentent de vouloir réformer l’UE moribonde de l’intérieur. En faisant valoir la puissance de leur pays sur l’échelle mondiale, par exemple (et les « petits » pays pas puissants pour un sou, eux, ils se couchent ?). Ça ne suffit pas. Ça ne suffit plus. L’UE est en train de mourir. Aidons-la.

Sauver l’Europe en torpillant l’euro
Certains intellectuels, de plus en plus nombreux (Frédéric Lordon, Jacques Sapir, Emmanuel Todd..), sont persuadés de la perversité du système naufragé et de sa monnaie unique, l’euro. Ne se contentent plus de le dénoncer, mais en appellent à sa fin.
Il en est d’autres plus surprenants à les rejoindre. Comme Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, qui vient de jeter un sacré pavé dans la mare dans une interview toute récente publiée par le journal Die Welt et traduite en français par le site Les-Crises.fr.
Le conseiller, qui prétend encore sauver l’Europe, mais en torpillant l’euro, n’y va pas de main morte. Extraits en vrac :
« L’Allemagne doit quitter l’euro [...] C’est ce vers quoi nous allons... L’Allemagne ne peut pas sauver la zone euro. Qui le croit, s’illusionne... [La] capacité exportatrice [de l’Allemagne, ndlr] pourrait en sortir renforcée... Si l’Allemagne et quelques autres économies fortes quittaient la zone euro, la valeur de cette monnaie [celle des pays en difficulté] baisserait, permettant aux économies du Sud de recouvrer la santé. »
Et vous voudriez que l’on aille voter pour une institution dont même les garants annoncent le souhaitable décès ?

L’initiative de Paul Jorion
Si la fin de l’euro doit sauver l’Europe, il est beaucoup moins sûr que ce soit celle préconisée par l’UE pour qui la monnaie unique est l’outil de prédilection servant à lier les mains des pays membres.
Plus vraisemblablement, nous allons assister comme d’habitude à un éclatement « naturel » du système, hors du contrôle de ses tenants, avec une relocalisation forcée de l’activité économique sur l’entité des pays respectifs, mais avec les risques graves de replis nationalistes qu’implique tout mouvement politique désordonné.
C’est dans le souci de préserver l’ordonnance de cette délicate mutation que Paul Jorion lance son initiative intitulée « Le Grand Œuvre : une autre Europe, vite ! » En d’autres termes, il est demandé à tous d’apporter sa contribution à ce que pourrait être une véritable Europe unie... post-UE !
Voilà pourquoi je ne voterai pas aux prochaines élections européennes... sauf si une liste proclamait explicitement son désir d’en finir avec l’UE, mais en présentant aussi un modèle alternatif d’union européenne acceptable (ce qui exclut bien sûr toute liste genre FN). Les intellos, à vos plumes (mais faites simple, les gars, OK ?).
En attendant, ma décision de participation sous draconiennes conditions à ce scrutin est clairement terroriste et je cours m’inscrire sur les listes électorales de mon nouveau lieu de résidence pour être sûr de pouvoir fomenter l’attentat. Fût-ce en m’abstenant.
 

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