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'Turquie, Bolkestein : seul un Non peut tout changer', prévient Philippe de Villiers


Philippe de Villiers entend démontrer aux électeurs français que «le vote non est un vote utile, car il aura un triple effet immédiat : la suspension des négociations sur l'entrée de la Turquie, l'enterrement de la directive Bolkestein, et la réunion d'une nouvelle conférence des chefs d'Etat pour jeter les bases d'un nouveau traité fondateur européen». Et Villiers d'ajouter : «C'est le premier pays qui dira non qui sera le moteur de la fondation de la nouvelle Europe. Si le non l'emporte, Jacques Chirac devra entendre le message des Français.»




'Turquie, Bolkestein : seul un Non peut tout changer', prévient Philippe de Villiers

Le président du MPF a lancé hier sa campagne contre la Constitution européenne

Villiers ajoute l'argument social à sa rhétorique antiturque

Publié par Le Figaro, Sophie Huet, 17 mars 2005


Philippe de Villiers a lancé hier à Paris sa campagne pour le non au référendum sur la Constitution européenne, sur le thème : «Seule la victoire du non peut sauver l'Europe.» Par dérision, le président du Mouvement pour la France (MPF) a lancé «un appel à Jacques Chirac : si vous ne voulez pas de la directive Bolkestein, votez non !» Conscient que cette directive sur la libéralisation des services dans le marché intérieur européen a jeté le trouble chez les partisans de la Constitution européenne (nos éditions d'hier), Philippe de Villiers compte en faire un thème majeur de sa campagne pour le non, au même titre que le refus de l'entrée de la Turquie dans l'Europe.

Entouré des sept parlementaires du Mouvement pour la France, dont les deux nouveaux élus de Vendée, Bruno Retailleau, sénateur, et Véronique Besse, député, le président du MPF a indiqué qu'il effectuerait, en personne ou à travers ses représentants, 105 déplacements d'ici au 29 mai. Le MPF va aussi faire distribuer à deux millions d'exemplaires un tract pour dire «non à la Turquie dans l'Europe». Ce tract montre en particulier deux photos, l'une de Jacques Chirac, l'autre de Recep Erdogan, en train de signer la Constitution européenne, le 29 octobre 2004, à Rome. Cinq affiches de campagne seront placardées sur les murs, pour décliner les différentes raisons de voter non : «Dire non, c'est sauver nos emplois», «Dire non, c'est sauver l'Europe» ou encore «Turquie, Constitution, délocalisations, non merci».

Philippe de Villiers entend démontrer aux électeurs français que «le vote non est un vote utile, car il aura un triple effet immédiat : la suspension des négociations sur l'entrée de la Turquie, l'enterrement de la directive Bolkestein, et la réunion d'une nouvelle conférence des chefs d'Etat pour jeter les bases d'un nouveau traité fondateur européen». Et Villiers d'ajouter : «C'est le premier pays qui dira non qui sera le moteur de la fondation de la nouvelle Europe. Si le non l'emporte, Jacques Chirac devra entendre le message des Français.»

Dénonçant une nouvelle fois l'absence de financement de la campagne référendaire pour les partisans du non, le MPF a lancé une souscription nationale en espérant recueillir 300.000 euros. Le président du CSA, Dominique Baudis, qui a reçu hier après-midi Philippe de Villiers, lui a indiqué que le CSA préparait une lettre de recommandation au Conseil constitutionnel, préconisant «l'équité» dans les interventions sur les médias entre les partisans du oui et du non. Mais en ce qui concerne les spots de campagne, la répartition des temps d'antenne relève d'un décret. Villiers dénonce par avance «90% de publicité pour le oui, 10% pour le non».

Le président du MPF a en outre déjeuné hier avec les élus «souverainistes» de l'UMP, dont Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Myard, qui l'auraient convaincu de l'intérêt de mener des campagnes séparées pour le non. «Une grande plate-forme du non serait réductrice. Nous avons des électorats différents. Il n'y a pas besoin de coordination, elle se fait sur le terrain», estime Jacques Myard.

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