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Traité franco-allemand : le triste anniversaire



Le traité de 1963 signé par le Général de Gaulle et le chancelier Adenauer était d’une importance capitale. Même s’il fut en partie vidé de son sens par le Parlement Allemand, il signifiait que nos deux pays oubliaient les guerres passées pour se tourner vers un avenir de coopération. Il fallait le Général de Gaulle pour réaliser un tel geste. Mais tout semble confirmer qu’aujourd’hui, le centre de décision est bien outre-Rhin.




Traité franco-allemand : le triste anniversaire

Hier avaient lieu les célébrations des 50 ans du traité de l’Elysée. Malheureusement, les choix malheureux réalisés pour cet anniversaire et plus encore le déséquilibre croissant dans les relations entre nos deux pays montrent que nous sommes sur une mauvaise voie, malgré l’annonce de quelques mesurettes.
 
Quand la France rapetisse
 
Le traité de 1963 signé par le Général de Gaulle et le chancelier Adenauer était d’une importance capitale. Même s’il fut en partie vidé de son sens par le Parlement Allemand, il signifiait que nos deux pays oubliaient les guerres passées pour se tourner vers un avenir de coopération. On ne se rend pas assez compte de la révolution que représentait cette réconciliation qui suivait trois guerres entre nos deux pays en moins d’un siècle. Il fallait le Général de Gaulle pour réaliser un tel geste.
 
L’amitié franco-allemande (terme que nos voisins préfèrent au terme de « couple », qui n’est pas sans poser quelques problèmes symboliques) est essentielle. Malheureusement, la relation entre nos deux pays est de plus en plus déséquilibrée. Le traité de Nice, qui a accordé à Berlin plus de droits de vote qu’à Paris a mis fin à la tradition égalitaire entre nos deux pays. Et depuis 2007, il est difficile de ne pas constater qu’Angela Merkel a plus de poids que nos dirigeants en Europe.
 
C’est pour cela que la symbolique de la célébration est maladroite. Bien sûr, le traité initial avait été signé en France, mais que tout se passe aujourd’hui en Allemagne semble confirmer qu’aujourd’hui, le centre de décision est bien outre-Rhin. Il aurait été plus habile de faire un sommet gouvernemental dans un pays et une rencontre des parlementaires dans un autre, plutôt que de tout faire en Allemagne, en envoyant le message que c’est là que se prennent les décisions.
 
Une Europe déséquilibrée

Certes, l’Allemagne, qui tenait tant à son deutsche mark, ne voulait pas vraiment de la monnaie unique. Mais l’abandonner était sans doute le prix à payer pour pouvoir se réunifier. Cependant, à Bonne a réussi à faire accepter aux autres pays européens que la Banque Centrale Européenne soit installée en Allemagne et que ses statuts soient une copie de ceux de la Bundesbank. En clair, l’Allemagne a accepté d’abandonner le deutsche mark à condition que l’euro n’en soit qu’un décalque…
 
Et depuis, le déséquilibre ne cesse de grandir. Déjà, en 2007, Angela Merkel a imposé à Nicolas Sarkozy la ratification d’un traité de Lisbonne qui n’était que le ré-ordonnancement du Traité Constitutionnel Européen, malgré ses promesses électorales d’une prise en compte du « non » de 2005. Et si la France a sans doute réussi à forcer la main à l’Allemagne pour mettre en place le FESF, toutes les étapes suivantes ont démontré que c’est Berlin qui dicte l’agenda européen.
 
C’est l’Allemagne qui a poussé à une restructuration de la dette grecque détenue par les banques privées, contrairement au souhait de la France. C’est l’Allemagne qui a refusé d’augmenter les capacités d’intervention des fonds européens. C’est l’Allemagne qui a imposé des plans d’austérité mortifère pour essayer de garantir qu’elle retrouvera son argent. En fait, c’est l’Allemagne qui a imposé la camisole budgétaire, acceptée par nos présidents contre des broutilles.
Bref, Nicolas Dupont-Aignan a bien eu raison de ne pas aller en Allemagne avec les autres parlementaires. Et il a bien démontré qu’il ne le fait pas par anti-germanisme mais par désaccord profond sur l’evolution de la relation entre nos deux pays. En cela, il est le plus fidèle au message du Général de Gaulle.

Laurent Pinsolle
Porte-parole de Debout la République
http://www.gaullistelibre.com

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