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Textile chinois : l'Europe paralysée par Bruxelles





Textile chinois : l'Europe paralysée par Bruxelles

Nouvelle preuve de l'inefficacité Bruxelloise devant les problèmes de l'Europe

Bruxelles " se réserve le droit de recourir à l'introduction de clauses de sauvegarde " pour freiner l'afflux des textiles chinois. Alors que nul n'ignorait la fin des quotas d'importation à compter du 1er janvier 2005, voilà avec quelle vigueur, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a répliqué à l'invasion attendue du textile Chinois.
Les Etats-Unis, eux, avaient annoncé, sous la pression des industriels américains, le déclenchement d'une enquête fédérale sur les importations chinoises.
Comme d'habitude inefficace et à la traîne, l'Europe craint aujourd'hui à juste titre que les mesures protectionnistes - terme injurieux sur ce continent - adoptées outre-Atlantique, ne se traduisent en définitive, par un écoulement sur le marché européen, des produits originellement destinées au marché états-unien, comme les chemises en coton.

Depuis le 1er janvier 2005, les importations européennes de textile et d'habillement en provenance de Chine ont augmenté de 46% pour culminer à 1,5 milliard d'euros. Pour certains produits, l'envolée est encore plus spectaculaire comme pour les importations de soutiens-gorge, multipliées par cinq. Parallèlement, leurs prix ont chuté de 36%.

Pour le député UMP et partisan du "Non" Jacques Myard : " cette réaction de la Commission face à l’entrée massive du textile chinois en Europe la décrédibilise totalement. Comment lui accorder le moindre crédit pour gérer les intérêts des industriels français, alors qu’elle est restée sourde dans une splendide insolence à toutes les mises en garde qui lui avaient été adressées depuis des années : les entreprises de textile françaises et européennes ne peuvent plus faire face à la concurrence des coûts de production des pays d’Asie. Face à un tel flot, les écluses sont indispensables."

Le problème est que la Commission, toute convertie à l'utra-libéralisme d'avant-guerre, que même les Etats-Unis ignorent, est effectivement empressée... d'attendre. Elle explique qu'elle souhaiterait disposer de trois mois de statistiques de la part des douanes européennes, avant de lancer des «consultations» pendant soixante jours avec Pékin, au terme desquelles il décidera éventuellement de faire jouer la clause de cession... Le commissaire Mendelson ne cache pas sa réticence à l'idée même de déclencher la clause de sauvegarde, qu'il considère comme un « ultime recours ».

Du côté des professionnels de la filière, Thierry Noblot, délégué général de l'Union des industries textiles (UIT), ne cache pas non plus sa colère « Tout ce que les États-Unis ne laisseront pas entrer chez eux, la Chine nous le vendra (...) Une fois encore, les États-Unis agissent et l'Europe a peur de bouger le petit doigt. Depuis mars 2004, nous alertons la Commission sur la nécessité de disposer de statistiques européennes d'importation de produits de textile-habillement. Rien n'est prêt ! La Commission n'a qu'à se fonder sur les statistiques chinoises : elles sont disponibles et, au moins, Pékin ne les contestera pas !»

Dès 1995, Maurice Allais, Prix Nobel d’Economie, avait dénoncé, preuve à l’appui que l’ouverture totale et aveugle des frontières dans un monde déséquilibré par les différentiels monétaires et sociaux allait entraîner chômage et récession.

Pour Jacques Myard, l’attitude de la Commission, adepte dogmatique de l’abolition du tarif extérieur commun, fondement même du Traité de Rome, est d’une tragique incompétence. Le traité constitutionnel qui renforce et double les compétences de la Commission, sans contrôle, ne peut que mener les Européens à la catastrophe.

Le pire est que les mêmes demandent aux Français de graver dans le marbre constitutionnel, le 29 mai, ces options économiques désastreuses pour l'Europe, ses entreprises et ses emplois.

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