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Lundi 4 Avril 2005

'Protégez-la comme la prunelle de vos yeux, pour l'avenir de la famille humaine'


"Veillez par tous les moyens à votre disposition, sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque nation en vertu de sa propre culture. Protégez-la comme la prunelle de vos yeux pour l’avenir de la famille humaine. Protégez-la ! Ne permettez pas que cette souveraineté fondamentale devienne la proie de quelque intérêt politique ou économique. Ne permettez pas qu’elle devienne victime des totalitarismes, impérialismes ou hégémonies, pour lesquels l’homme ne compte que comme objet de domination et non comme sujet de sa propre existence humaine." Jean-Paul II, 2 juin 1980, discours à l'Unesco, Paris.


'Protégez-la comme la prunelle de vos yeux, pour l'avenir de la famille humaine'

On ne peut comprendre l’homme en dehors de cette communauté qu’est la nation

Chacun sait quelle impulsion décisive le Pape Jean-Paul II a donné à l’effondrement de l’empire soviétique à partir de 1989. Il avait rappelé une dizaine d’années auparavant à quel point cette communauté nationale est la seule au sein de laquelle l'Homme peut se sentir libre, égal et fraternel :

« On ne peut comprendre l’homme en dehors de cette communauté qu’est la nation. Il est naturel qu’elle ne soit pas l’unique communauté ; toutefois, c’est une communauté particulière, peut-être la plus intimement liée à la famille, la plus importante pour l’histoire spirituelle de l’homme. »

Les dirigeants qui se sont succédés en opérant des choix postulant la fin des nations, n'ont-ils pas royalement ignoré les leçons, pourtant simples, tirées de notre propre histoire européenne et que Jean-Paul II rappela avec force dans son discours à l’Unesco lors de son premier voyage à Paris le 2 juin 1980 ? :

« Veillez, par tous les moyens à votre disposition, sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque Nation en vertu de sa propre culture. Protégez-la comme la prunelle de vos yeux pour l’avenir de la grande famille humaine. Protégez-la ! Ne permettez pas qu’elle devienne la proie de quelques intérêts politiques ou économiques. Ne permettez pas qu’elle devienne victime des totalitarismes, impérialismes ou hégémonies, pour lesquels l’homme ne compte que comme un objet de domination et non comme un sujet de sa propre existence humaine. Pour ceux-là aussi, la Nation – leur propre Nation ou les autres- ne compte que comme objet de domination et appât d’intérêts divers, et non comme sujet : le sujet de la souveraineté provenant de la culture authentique qui lui appartient en propre. »

Pourvu qu’il possède un peu d’histoire et de bon sens, même l’athée le plus résolu devine avec le recul à quel point la mise en garde papale était juste. Il n’y aura pas d’Europe ni donc de monde équilibrés, libres et pacifiques si celle-ci est organisée de manière fédérale. Soit l'on s’obstine à la déconstruire en poursuivant le minutieux dépeçage des Etats-nations et à vingt-cinq ou trente c’est l’implosion assurée. Soit on admet enfin que les nations sont le seul fondement possible d’un ensemble européen stable, élargi à l’est et doté des moyens de sa puissance. Entre les deux voies, fédération ou confédération, il n’y a rien.

Ainsi, la voix de JeanPaul II résonnera toujours en écho harmonieux aux grandes voix des Gandhi, De Gaulle et Soljenitsyne. Mais à quoi bon les célébrer si l’on continue d’oublier qu’ils opposèrent toute leur vie, à l’idéologie uniformisatrice dominante, la souveraineté des nations seule garante de la diversité du monde, donc de la liberté et de la paix ?

Non, le supranationalisme ne peut plus être l'avenir du monde et surtout pas de l'Europe, qui l'a plusieurs fois payé d'un lourd tribu. La défense de la souveraineté des nations, c’est à dire de la liberté des peuples, est l’expression manifeste du plus authentique souci du monde et des hommes. Les dévôts modernes du dépassement national et du mondialisme, qu’ils le soient par fascination de l’économie globale ou par idéal multiculturel antiraciste, emboîtent sans s’en rendre compte, le pas des deux grandes idéologies supranationales qui ont le plus ensanglanté notre histoire : la rouge et la brune.
L’idéologie communiste comme l’idéologie fasciste et aujourd’hui l’idéologie marchande tendent chacune à sa façon, vers un idéal identique : celui d’un ordre mondial unifié faisant tomber les souverainetés et réglant uniformément la vie des hommes. Ce sont les aventures supranationales qui dans l’histoire, et singulièrement dans celle de l’Europe, ont provoqué les guerres et les génocides.

L'Europe est née de la paix entre nations souveraines. Par quelle folie, quelle amnésie, devrions-nous soixante ans après la Libération, abdiquer cette souveraineté nationale si chèrement reconquise et à laquelle l'Union de l'Europe doit tout ?

Telle fut l'une des grandes leçons de Jean-Paul II qui s'adresse particulièrement à l'Europe : concevoir le monde sans les nations qui en sont la substance et le relief, c’est penser le monde sans l’homme.

Lundi 4 Avril 2005

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