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'Profitons de la brèche dans le dogme de Bruxelles pour faire un plan de relocalisation'



Le gouvernement français a adopté lundi lors d'un Conseil des ministres extraordinaire un plan de secours aux banques doté de 360 milliards d'euros, traduction française de celui mis au point par les quinze pays de la zone euro pour enrayer les effets de la crise financière. Immédiatement, Philippe de Villiers a dit se réjouir "du retour du politique sur l’économie" qui se traduit par la garantie par l’Etat des crédits interbancaires. Le Président du Mouvement Pour la France a répété sa proposition formulée lors du Talk orange Le Figaro, demandant à Nicolas Sarkozy "d’imposer immédiatement à la Commission de Bruxelles un plan de relocalisation des entreprises avec l’instauration d’une protection européenne, seule mesure capable d’éviter la propagation de la crise financière à l’économie réelle et de stopper les délocalisations." Pour le leader du "non" à la Constitution européenne devenue traité de Lisbonne, "les seules réponses pertinentes ont été les réponses nationales". Nénamoins, selon lui, "l’Etat en fait beaucoup pour les banquiers, il faut en faire au moins autant pour les ouvriers". Enfin, Philippe de Villiers a rappelé son opposition au financement d’un tel plan par les contribuables français et veillera à l’application des sanctions promises par Nicolas Sarkozy contre les responsables de cette crise financière.




'Profitons de la brèche dans le dogme de Bruxelles pour faire un plan de relocalisation'
Le député européen et président du MPF était l'invité du Talk Orange-Le Figaro, jeudi 9 octobre.

Ici en vidéo 

Première question à Philippe de Villiers : est-ce que cette crise est une crise du capitalisme ? «Je crois qu'il y a trois leçons : l'échec du mondialisme, la dissociation du capital et du travail, de la mondialisation heureuse. On voit qu'il ne reste que les Etats. Deuxième leçon : l'incapacité de l'UE à protéger ses citoyens». Troisième leçon, «la plus importante : les seules réponses pertinentes ont été les réponses nationales»

Justement, que pense le président du MPF des tentatives de Nicolas Sarkozy pour obtenir un consensus européen ? «Sarkozy a fait ce qu'ont fait les Irlandais et les Allemands : il a apporté une réponse nationale. Si on veut sortir de la crise, il faut rétablir le crédit, la confiance, le pouvoir». Donc «apporter la garantie de l'Etat sur les dépôts», mais aussi «des sanctions» avec «une loi sur les parachutes dorés» et ne pas se contenter de «la charte du Medef», mais aussi une loi «pour empêcher les fonds souverains de venir racheter nos entreprises». Et enfin «il faut forcer la BCE à obéir aux Etats pour favoriser la croissance, l'investissement, l'exportation».

Pourquoi s'en prendre ainsi à Jean-Claude Trichet ? «Ca fait des mois que le pouvoir politique demande à la BCE de baisser les taux, il ne l'a pas fait, il ne le fait qu'en catastrophe sous la pression du politique». Et Philippe de Villiers va plus loin: «il faut que la France profite de la brèche dans les critères de Bruxelles pour mettre en place un plan de relocalisation» pour sauver «l'industrie, l'agriculture, la pêche».

Et l'union nationale ? Philippe de Villiers serait-il prêt à entrer au gouvernement ? «Non, car on n'achète pas les convictions. Ce que je veux, ce n'est pas l'unité nationale, c'est la vérité nationale, et donc une nouvelle Europe qui soit au service du politique et non pas au service d'elle-même, donc il faut tout revoir», y compris la monnaie, «qui n'est pas au service de la croissance mais de la lutte contre l'inflation».

De même, l'Europe est «libre-échangiste et donc quand il y a un virus aux USA il arrive directement chez nous, il n'y a plus de barrières». Il faut donc «une Europe protégée, comme les compartiments dans un navire moderne, que sont les nations». «La France, du point de vue bancaire, s'en sort mieux parce qu'elle a un système de souveraineté bancaire avec des normes prudentielles qui sont meilleures qu'ailleurs». «Il y a la souveraineté bancaire comme il y a la souveraineté économique et politique», conclut le président du MPF

Philippe de Villiers fera-t-il alliance avec les autres souverainistes lors des européennes ? «On est dans une crise très très grave, je ne souhaite pas parler déjà des européennes, mais les souverainistes seront amenés à s'entendre», répond-il, avant d'assure que «ce n'est vraiment pas le moment de donner des pouvoirs supplémentaires «à l'impéritie de Bruxelles et Francfort». Et de rappeler: «ce qu'une nation ne fait pas pour elle-même, personne ne le fait à sa place».

Que pense le président du Conseil général de Vendée de la réforme des territoires? «Je pense qu'il faut des régions plus grandes, que les pays sont des échelons superflus, mais que le département est un échelon de proximité et que le supprimer serait contre-productif», répond l'élu. «L'échelon de proximité permet de résoudre au moindre coût les problèmes de la Nation».


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