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Plaidoyer pour la Pologne...et la démocratie


"Le dumping social, la promotion du moins-disant social et tout ce que reproche M. Macron aux Polonais est l’enfant de l’idéologie libérale qui règne à Bruxelles depuis plus de trente ans et dont le même M.Macron a fait l’éloge pendant sa campagne présidentielle". C'est ce que rappelle Eric Zemmour dans son dernier billet sur RTL, véritable plaidoyer pour la Pologne après que le président Macron a lancé cet été plusieurs oukases contre le gouvernement polonais au sujet notamment de la directive sur les travailleurs détachés. Selon l'éditorialiste de RTL, c'est la Pologne au contraire qui est - malheureusement...- en phase avec la logique libérale intégrale des quatre libertés économiques "sacrées" du marché intérieur inscrites dans les traités et appliquées énergiquement par la Commission et la Cour de justice européennes. C'est encore la Pologne qui respecte la conception traditionnelle la démocratie, des Grecs à Rousseau, qui fut longtemps celle de la République française (et encore inscrite dans sa Constitution) selon laquelle « La loi est l’expression de la volonté générale ». C'est enfin et toujours la Pologne, demeurée fidèle au catholicisme qui pu ainsi préserver son identité lorsque sa souveraineté était à plusieurs reprises violée au cours de l'Histoire. N'est-il pas paradoxal de lui demander d'abandonner cela pour être cette bonne "Européenne" au sens de M. Macron, Mme Merkel et de la Commission ?


La sirène de Varsovie (Syrenka), symbole d'un pays plusieurs fois martyrisé
La sirène de Varsovie (Syrenka), symbole d'un pays plusieurs fois martyrisé

Le Billet d'Eric Zemmour, RTL

Le plombier polonais est de retour...mais pas exactement où on l’attendait. Lors du référendum de 2005, la question des travailleurs détachés était agitée par les euro-critiques de droite et de gauche. A l’époque, les partisans du « oui » dénonçaient leurs "pulsions protectionnistes" et "chauvines". Comme les Polonais d’aujourd’hui, ils expliquaient que les travailleurs détachés, une fois revenus au pays, achetaient grâce à leur pouvoir d’achat acquis dans l’hexagone des produits dans les grandes surfaces françaises installées à Varsovie, et que les « plombiers polonais » pouvaient aussi être des Français partis travailler en Allemagne ou ailleurs. Le grand marché, c’est ça. Ce sont les quatre libertés sacralisées par le traité de Rome et l’Acte unique : liberté de circulation des Hommes, des capitaux, des biens et des services.
Emmanuel Macron veut-t-il renier l’héritage de Jacques Delors comme un vulgaire eurosceptique britannique ?
C’est la Pologne qui défend le mieux l’esprit européen, en tous cas celui développé depuis les années 80 par la politique de la concurrence de la Commission de Bruxelles. Le dumping social, la promotion du moins-disant social et tout ce que reproche Macron aux Polonais est l’enfant de l’idéologie libérale qui règne à Bruxelles depuis plus de trente ans et dont Macron a fait l’éloge pendant sa campagne présidentielle.
Seul le catholicisme a permis à la Pologne de sauvegarder son identité, alors même que ce pays était découpé par ses grands voisins, depuis le XVIIIème siècle, avant d’être soumis au totalitarisme communiste. Doit-t-elle l’oublier pour devenir « européenne » ?

 

Le Président français et l’UE reprochent aussi à la Pologne de ne pas être solidaire dans l’accueil des migrants et de ne pas respecter les principes de l’Etat de droit.
Or, les Polonais ont-ils été consultés lorsqu’ Angela Merkel a ouvert grand ses bras aux réfugiés irakiens ?
Les Polonais ont-ils été consultés lorsque Sarkozy et Cameron ont liquidé Kadhafi, horrible tyran certes, mais qui avait le mérite de tenir sa frontière ?
Les Polonais ont-ils été consultés lorsque la Cour de justice européenne a interdit en 2012 à l’Italie de renvoyer dans leur pays certains migrants, pour la plus grande joie des passeurs et des ONG ?
Les Polonais ont-ils été consultés lorsque Chirac et Jospin ont refusé de constitutionnalisé les racines chrétiennes de l’Europe, rayant d’un trait de plume deux mille ans d’Histoire de notre continent ?
Macron veut peut-être aussi imposer à la Pologne le modèle multiculturel, à la manière de Napoléon qui répandit partout le code civil à la pointe des baïonnettes de ses soldats.
Seul le catholicisme a permis à la Pologne de sauvegarder son identité nationale, alors même que ce pays était découpé par ses grands voisins, depuis le XVIIIème siècle, avant d’être soumis au totalitarisme communiste. Doit-t-elle l’oublier pour devenir « européenne » ?
Emmanuel Macron, Angela Merkel, la Commission de Bruxelles et les grands médias exigent que la Pologne se convertissent à leur conception de la démocratie et de l’État de droit. « La démocratie, disent-ils, ce n’est pas seulement la loi de la majorité, c’est aussi la protection des minorités par le juge.
Les Polonais sont eux fidèles à une conception de la démocratie qui fut longtemps celle de la République française, de Gambetta au général de Gaulle, selon laquelle « La loi est l’expression de la volonté générale ».
Les Occidentaux et Bruxelles disent aux Polonais : « votre démocratie, c’est la dictature de la majorité ! » Les Polonais pourraient aisément leur rétorquer  : « votre démocratie, c’est la dictature des minorités ! »


Source : RTL, "On n'est pas forcément d'accord" (version librement adaptée du texte parlé)

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