L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Fondé en 2005 - Plus de 2 400 articles en accès libre

S'abonner
Rss
Twitter
Facebook




mon Email :






Recherche par mots-clés


Paroles d'Européens : ils ont osé le dire



Choquant, amusant, étonnant ou éclairant : voici un florilège de declarations sur la construction de l'Europe, provenant d'un large panel de personnalités publiques, de différentes époques, régimes, et contrées. Le meilleur y côtoyant parfois le pire, parce que l'idéal européen a hélas toujours servi de moteur aux ambitions tant de démocrates sincères, que de forces totalitaires.




Paroles d'Européens : ils ont osé le dire

Méli-mélo de citations sur l'unification européenne


ATTALI (Jacques)

Conseiller de François Mitterrand (1981-1990) et ancien président de la BERD

"Sur la fonction [de Président de la République] qui s’abîme, c’est évident. Elle s’abîme institutionnellement. Si vous regardez le président actuel, il a perdu au moins six des pouvoirs de François Mitterrand : Il n’y a plus la monnaie, donc la dévaluation ça n’existe plus. Il n’y a plus les nationalisations, il n’y a plus la politique industrielle. La globalisation fait que tout le monde est maître de ce qui se passe en France. La décentralisation a fait perdre l’essentiel des pouvoirs de la France. L’Union Soviétique ayant disparu, le grand pouvoir de thaumaturge du Président de la République qui était le droit de vie ou de mort [via la bombe atomique] a disparu, et enfin la construction européenne. Progressivement, l’État s’est dissous dans la réalité de la globalisation. Le Président n’est que l’incarnation de cette dissolution, quel qu’il soit "

("Sous les pavés", La télé libre, 3 mars 2008)


AUBRY (Martine)

Premier secrétaire du Parti socialiste (depuis 2008), Ministre du travail (1991-1993, 1997-2000)

"C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion.

(12 septembre 1992, discours à Béthune)


BARROSO (José-Manuel)

Président de la Commission européenne

« Parfois j'aime comparer l'Union Européenne en tant que création, à l'organisation des empires. Nous avons la dimension de l'empire, mais il y a une grande différence. Les empires ont été habituellement bâtis par la force avec un diktat imposant du centre, sa volonté aux autres. Maintenant ce que nous avons est le premier "empire non-impérial" »

(10 juillet 2007, conférence de presse à Strasbourg)


BOURLANGES (Jean-Louis)

Député européen (1989-2007)

"Je suis de ceux qui pensent que ce n'est pas l'Europe qui a fait la paix, mais la paix qui a fait l'Europe. Je reconnais le caractère scandaleux du propos, puisqu'il signifie, à rebours de ce que pensent les Français, que c'est la Pax Americana, la sécurité et la sérénité qu'elle a apportées aux Allemands, aux Français, aux Italiens, et aux Bénéluxois (sic) qui leur a permis de s'engager sur la voie du rapprochement et de l'intégration".

(Le Monde 3 décembre 2007)


BERTONE (Cardinal, Tarcisio)

Secrétaire d'Etat du Vatican, bras droit du Pape Benoît XVI

"Les pays européens ont leur identité propre. L'Union européenne leur prescrit ses lois et ses vues, sans respecter leurs traditions ni leur histoire. Certains pays sont logiquement en train de résister à cela - comme l'Irlande (...) L'Eglise ne peut que les encourager."

(28 septembre 2009, interview au quotidien tchèque Dnes)


COPE (Jean-François)

Président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Ministre du budget et porte-parole du gouvernement (2005-2007)

"La Constitution nous apportera un ministre des affaires étrangères qui nous permettra de parler d'une seule voix, tout en gardant la nôtre..."

(février 2005)


DELORS (Jacques)

Président de la Commission européenne (1985-1995), Ministre de l'Economie et des Finances (1981-1984)

"L'Europe est une construction à allure technocratique et progressant sous l'égide d'une sorte de despotisme doux et éclairé "

(Conférence à Strasbourg, 7 décembre 1999)


FERRAND (Olivier)

Président du think-tank "Terra Nova"

« Il y a une réalité que l’on mentionne rarement, car elle est désagréable à entendre : l’Union est tout simplement la zone du monde où la croissance est la plus faible. »

("L'Europe contre l'Europe", éditions Hachette, 2009)



GISCARD D'ESTAING (Valéry)

Président de la République (1974-1981), Président de la Convention pour l'avenir de l'Europe (2001-2003)

"Si le traité [de Maastricht] était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré."

(RTL, 30 juillet 1992)


Une dernière trouvaille consiste à vouloir conserver une partie des innovations du Traité constitutionnel, et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l'objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un Traité devenu incolore et indolore. L'ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l'opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l'on n'ose pas lui présenter "en direct". 

(cité par Le Monde, 14 juin 2007 et le Sunday Telegraph, 1 juillet 2007) 



GOEBBELS (Joseph)

Ministre du IIIème Reich (1933-1945)

"Je suis convaincu que dans cinquante ans d'ici, les gens ne penseront plus en terme de pays".

(11 septembre 1940, "Das europa der zukunft" ("l'Europe du futur") : discours aux travailleurs intellectuels et aux journalistes tchèques, reproduit dans Walter Lipgens : "Documents on the history of European integration", (De Gruyter, Berlin and New York, 1985). p73)


HALLYDAY (Johnny)

Chanteur

« Si le Non l'emporte, il y aura plein de gens qui quitteront la France. On ne peut pas, nous Français, rester en dehors de l'Europe. Ce serait faire marche arrière, ce ne serait pas bien. Je me sens européen, je suis bien partout en Europe : en Italie, en France, en Espagne, au Maroc... »

(France Info, 3 mai 2005)


KLAUS (Vaclav)

Président de la République tchèque

"Etes-vous sûrs, lorsque vous votez au sujet de n'importe quel texte ici même, que cette affaire doit être résolue justement dans cette salle et non plus près des citoyens, donc dans les  États européens ? (...) En l'absence de « demos », de peuple européen, la solution ne consiste pas dans un renforcement du rôle du Parlement européen."

(19 février 2009, devant le Parlement européen à Bruxelles)


LAMY (Pascal)

Commissaire européen (1999-2004), directeur général de l'OMC depuis 2005

"Il n'y a pas de raison de financer éternellement l'agriculture européenne. Les Européens doivent apprendre à acheter leur vin en Australie ou en Californie, leur viande en Argentine ou au Mexique, leur blé en Ukraine ou aux Etats-Unis"

(août 2003)


LANG (Jack)

"Dire oui au traité, c’est plus que jamais dire à Bush que nous ne le laisserons pas faire. Dire non, c’est apporter un soutien de plus à ce fauteur de guerre, c’est déstabiliser l’Europe et donc faire le jeu de l’impérialisme américain. »


(Libération 5.11.04)


LESOURNE (Jacques)

Directeur du journal Le Monde (1991-1994), Président de l'association "Futuribles"

"Un non au référendum serait pour la France et pour l'Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l'arrivée d'Hitler au pouvoir."

(19 septembre 1992, Editorial du journal Le Monde)


LILLEY (Peter)

Député à la chambre des communes britannique

« Dans presque tous les métiers, il est reconnu que le salaire devrait refléter les responsabilités. Si des gens se voient confier davantage de responsabilités, ils reçoivent un salaire plus élevé. S'ils prennent une fonction avec moins de responsabilités, ils s'attendent à être payés moins. La même chose devrait être vraie du Parlement. Si, comme [prévu par le Traité de Lisbonne], cette Chambre transfère davantage de ses pouvoirs aux institutions européennes, la rémunération des députés devrait refléter la diminution de leurs responsabilités ».

(Proposition de loi visant à réduire les indemnités parlementaires une fois le traité de Lisbonne ratifié, 2008)


MERKEL (Angela)

Chancelière d'Allemagne

« La substance de la Constitution est maintenue. C'est un fait »

(citée par The Daily Telegraph, 29 juin 2007)


MONNET (Jean)

"Père fondateur" de l'Europe

"Il faut se résoudre à conclure que l'entente est impossible avec De Gaulle, qu'il est un ennemi du peuple français et de ses libertés, qu'il est un ennemi de la construction européenne (et) qu'en conséquence, il doit être détruit dans l'intérêt des Français"

Note du 6 mai 1943 déclassifiée, adressée au secrétaire d'Etat américain Harry Hopkins, (cité par Eric Branca, "De Gaulle - Monnet ou le duel du siècle", Revue Espoir, n°117, novembre 1998, p 9).


MUSSOLINI (Benito)

Président du Conseil italien (1922-1945)

"L'Europe peut saisir à nouveau le gouvernail de la civilisation mondiale si elle arrive à réaliser un tant soit peu d'unité politique."

(Conseil national des corporations, le 14 novembre 1933)


PADOA-SCHIOPPA (Tommaso)

Ministre de l'Economie et des Finances italien (2006-2008), ancien membre du directoire de la Banque Centrale Européenne et Président du think-tank Notre Europe

"La construction européenne est une révolution, même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs blêmes et maigres, mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs"(…)"L'Europe s'est formée en pleine légitimité institutionnelle. Mais elle ne procède pas d'un mouvement démocratique"(…)"Entre les deux pôles du consensus populaire et du leadership de quelques gouvernants, l'Europe s'est faite en suivant une méthode que l'on pourrait définir du terme de despotisme éclairé."

(Revue "Commentaire" n° 87) 


POETTERING (Hans-Gert)

Président du Parlement européen (2007-2009), eurodéputé allemand (CDU)

«Il est clair que l'Europe est notre espace vital spirituel »

(16 mai 2005)


ROCARD (Michel)

Ancien premier ministre et depute europeen

« Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. »

(27 août 1992, Ouest-France)



ROCKFELLER (David)

Président et fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale

"Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d'autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l'exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l'autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés."

(Réunion des 6-9 juin 1991 du Groupe de Bilderberg à Baden Baden)


SAPIN (Michel)

Ministre PS de l'économie et des finances (1992-1993), député de l'Indre

"Pour la France, la monnaie unique, c'est la voie royale pour lutter contre le chômage"

(11 septembre 1992, France Inter)


« L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. »

(2 août 1992, Le Journal du Dimanche)


SARKOZY (Nicolas)

Président de la République

« Un référendum aujourd'hui mettrait l'Europe en danger. Il n'y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, qui serait suivi par un référendum au Royaume-Uni. La même chose se produirait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé. Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements ». 

(25 octobre 2007, devant le bureau du Parlement européen, cité par The Telegraph, 14 novembre 2007)



"Ne pouvant changer les peuples, il fallait changer d'Europe. La France du non a commencé à se réconcilier avec celle du oui à partir du moment où, au lieu de la juger, on a cherché à la comprendre. C'est alors que, dépassant ce qui la divisait, la France a pu prendre la tête du combat pour changer l'Europe."

(Le Monde, 8 décembre 2009)


SEGUIN (Philippe)

Ancien ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, président de l'Assemblée nationale (1993 à 1997) et président du RPR (1997 à 1999), il est Premier président de la Cour des comptes depuis le 21 juillet 2004.

"Voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlements en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise les conséquences."

(Assemblée nationale, 5 mai 1992, discours sur l'exception d'irrecevabilité en application de l'article 91, alinéa 4, du Règlement)


SOAMES (Christopher, Sir)

Homme d'Etat britannique conservateur et gendre de Winston Churchill, ancien vice-Président de la Commission européenne, ambassadeur du Royaume Uni en France, dernier gouverneur de la Rhodésie du Sud, député de Bedford à la chambre des communes de1950 à 1966.

"Dans une organisation internationale, il faut toujours mettre un Français à la tête, car les Français sont les seuls à ne jamais y défendre les intérêts de leur pays."

Cité par P. de Saint-Robert, Le Secret des jours, p.346


STUART (Gisela)

Députée à la Chambre des Communes du Royaume Uni, ancien membre du Praesidium de la Convention sur l'avenir de l'Europe*
 
"La Convention a rassemblé un groupe autosélectionné de l'élite politique européenne, dont beaucoup gardent un oeil sur une carrière au niveau européen, laquelle dépend d'une intégration toujours plus grande, et qui considèrent les gouvernements et Parlements nationaux comme des obstacles. Pas une seule fois dans les seize mois que j'ai passés à la Convention, je ne les ai entendus se demander si l'intégration plus profonde correspond à la demande des peuples d'Europe, si elle sert leur véritable intérêt, ou si elle fournit la meilleure base structurelle pour une Europe élargie..."
 
(The making of the European Constitution, The Fabian Society, décembre 2003)
 
*Convention ayant rédigé le traité établissant une Constitution européenne, rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas en 2005, puis recyclé mots pour mots dans le traité de Lisbonne, en vigueur depuis 2009


TROTSKY (Léon)

Révolutionnaire soviétique

“La république fédérale d’Europe, les États-Unis d’Europe – voilà ce qui doit être. La souveraineté nationale n’est plus suffisante. L’évolution économique demande l’abolition des frontières nationales. Si l’Europe demeure séparée en groupes nationaux, alors l’impérialisme recommencera son œuvre. Seule une république fédérée d’Europe peut donner la paix à l’Europe”

(Conversation, 30 octobre 1917 à Petrograd, cité par John Reed dans "Ten Days That Shook the World" ch. 3, 1926).

Notez
Lu 24149 fois


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Vos commentaires sont les bienvenus, pour peu qu'ils respectent la liberté d'opinion, la courtoisie la plus élémentaire et...la langue française. Ils sont modérés et ne doivent évidemment comporter aucun propos grossier, insultant, raciste ou diffamatoire.

Dans la même rubrique :
1 2 3 4

A la Une | On avait pourtant dit Non | Analyse | Tribune | Document | En bref | Référendum 2005 | Souvenons-nous


Après le Brexit, reprenons la plume aux fédéralistes. Voici le nouveau traité qui sortira l'Europe de l'idéologie. "Nous peuples d'Europe..." : pour un nouveau Traité fondamental européen