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Paneurope et souveraineté nationale, deux concepts antinomiques



L'historien Pierre Hillard revient sur les origines et les buts de l'entreprise paneuropéenne de Richard Coudenhove Kalergi, estimant que la fondation qui porte aujourd'hui son nom s'appuie en réalité sur des "principes (..) mortels pour la France". "Face à l’agression répétée des euromondialistes contre la souveraineté des Etats et en particulier celle de la France, il est utile de rappeler certains éléments permettant aux véritables défenseurs de la cause nationale de séparer le bon grain de l’ivraie. En effet, poursuit Pierre Hillard, "on peut remarquer une confusion chez certains conduisant à des rapprochements incompatibles avec une vraie défense de la cause nationale. Dans cette affaire, la Paneurope joue un rôle déterminant pour abuser les esprits."


Paneurope et souveraineté nationale, deux concepts antinomiques

Créée dans les années 1920 grâce à l'impulsion du comte Richard de Coudenhove Kalergi, la Paneurope est à l'origine de la création du Conseil de l'Europe, de l'hymne de l'Union européenne (l'Ode à la joie) et de multiples initiatives favorisant l'apparition d'un pôle européen unifié. Dès 1950, après avoir reçu la plus haute distinction européiste, le prix Charlemagne, R. de Coudenhove Kalergi rappelait la nécessité d'une « Europe unie de l'Islande à la Turquie comme de la Finlande au Portugal », de l'importance d'une « constitution fédérale » ainsi que de la création d'une « Union atlantique [qui] deviendrait une Fédération à trois avec l'Empire britannique comme pont entre l'Amérique et l'Europe ». Ces déclarations furent relevées avec enthousiasme par Valéry Giscard d'Estaing quand il reçut à son tour le prix Charlemagne en 2003. La Paneurope est subdivisée en plusieurs branches (Paneurope France, Paneurope Allemagne, Paneurope Espagne, …) lui permettant de diffuser son idéal résumé par des « Principes fondamentaux » absolument contraires à la souveraineté des Etats puisque ils affirment que « […] L'Union paneuropéenne se déclare attachée au patriotisme européen couronnement des identités nationales de tous les Européens. A l'époque des interdépendances et défis mondiaux, seule une Europe forte et politiquement unie peut garantir l'avenir de ses peuples et entités ethniques. L'Union paneuropéenne reconnaît l'autodétermination des peuples et le droit des groupes ethniques au développement culturel, économique et politique […] ». Comme on peut le relever, ces principes sont absolument contraires à ceux de la République française affirmant l'indivisibilité du territoire national et ne reconnaissant que le concept de citoyen sans aucune référence ethnique ou religieuse. Ces concepts paneuropéens expliquent logiquement que les anciens présidents de la Paneurope Allemagne, Alfons Goppel et Siegbert Alber, aient joué un rôle significatif dans l'élaboration de la charte des langues régionales ou minoritaires et la convention-cadre sur la protection des minorités. Enfin, il faut rappeler que le président de la Paneurope Allemagne en 2007 s'appelle Bernd Posselt et est député allemand au Parlement européen. Ce dernier fut aussi l'assistant d'Otto de Habsbourg, successeur de Richard de Coudenhove Kalergi en 1972 à la tête de la Paneurope.

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