L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Fondé en 2005 - Plus de 2 400 articles en accès libre

S'abonner
Rss
Twitter
Facebook




mon Email :






Recherche par mots-clés


'Nous lançons un appel aux électeurs de la majorité et à tous les Français qui hésitent'


Ils l'ont fait, enfin. Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Myard, Véronique Besse, Joël Sarlot, Jacques Baudot, Patrick Louis, Patrick Labaune, Paul-Marie Coûteaux, Bernard Seillier... : c'est côte-à-côte, que les parlementaires du MPF et de l'UMP du Non, ont lancé un appel commun depuis la délégation parisienne du Parlement européen. Christine Boutin, Lionnel Lucas ou Jérôme Rivière étaient excusés. Les "Européens du non", qu'il soient gaullistes, souverainistes, républicains et tous les élus de la majorité simplement ambitieux d'une autre Europe, que celle promise par la Constitution, ont décidé de joindre leurs efforts à vingt jours du référendum. D'ores et déjà deux rendez-vous nationaux à ne pas manquer : le meeting du 17 de "l'UMP du Non" à l'espace Charenton (Paris), celui du 21 avec Philippe de Villiers au Palais des sports de la Porte de Versailles.




'Nous lançons un appel aux électeurs de la majorité et à tous les Français qui hésitent'
PARIS (AFP)

Le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers et le député UMP Nicolas Dupont-Aignan ont lancé mercredi, avec plusieurs autres parlementaires de la majorité un appel commun à voter non au référendum sur le traité constitutionnel européen.

"Nous lançons un appel à tous les électeurs de la majorité et à tous les Français qui hésitent", a déclaré M. de Villiers lors de cette conférence de presse commune organisée à la délégation parisienne du Parlement européen.

"N'écoutez pas ceux qui vous disent que ce texte va renforcer la France alors que le texte va la faire disparaître", a-t-il ajouté.

"Je veux dire aux Français qu'ils n'auront pas de sitôt l'occasion de dire non à ce qui se prépare et ceux qui ont organisé un référendum le regrettent", a déclaré M. Dupont-Aignan, président du club Debout la République.

"M. Chirac a dit que cette constitution était inspirée de 1789, la campagne, elle, est inspirée de la Terreur", a pour sa part déclaré le député UMP Jacques Myard, président du Cercle Nation et République.

Tous les participants ont dénoncé "le matraquage du oui". "On prend vraiment nos concitoyens pour des imbéciles", a estimé M. Dupont-Aignan.

Voir l'interview en vidéo

Nous, Européens du Non

L'Appel

Acceptez-vous de signer les yeux fermés, un contrat illisible et irréversible de trois cent cinquante pages, régissant à peu près tous les domaines de votre vie et qui vous liera à des partenaires encore non identifiés ? Telle est l’incroyable question qui sera posée aux Français lors du référendum. L’Union de l’Europe est née de la paix conclue entre nations libres et qui entendaient le rester. Voilà une trop belle ambition, pour la laisser saccager par un Traité innommable et l’élargissement sans fin, vers la Turquie et au-delà.
Voulant imposer cent mille pages de réglementation uniforme à vingt-cinq et demain trente peuples, de Séville à Riga et de Dublin à Ankara, les apprentis-sorciers sont en train de détruire l’âme des européens.
Le Conseil de Laeken avait missionné en 2001 une Convention pour simplifier les textes européens et démocratiser l’Union, stopper la prolifération de ses normes et l’irruption d’une eurocratie géante.
Or, le Traité qui va être soumis à vos suffrages, fait exactement l’inverse : quatre cent quarante huit articles et deux préambules, trente-six protocoles additionnels, deux annexes, deux déclarations de cinquante articles, le tout explicitement de valeur constitutionnelle. En proclamant la suprématie absolue du droit fédéral, l’extension indéfinie du pouvoir supranational et sa personnalité juridique qui balaye celle de nos Etats, c’est l’Europe des nations et des libertés qu’on est en train d’assassiner. Le 29 mai, l’Europe aura cinq fois besoin de notre « Non » à cette Constitution.

1 – L’Europe a besoin de limites

Traité constitutionnel et Turquie sont aussi liés que l’architecture et l’espace. Pour s’ouvrir à la Turquie, cette constitution a d’ailleurs pris soin de ne pas délimiter pas l’Europe - contrairement à l’actuel Traité de Nice - et d’évincer toute référence à ses racines chrétiennes. Le nouveau critère démographique pour le calcul des voix et des sièges mettra entre les mains d’Ankara, les clefs de notre destin européen.
Si cette Union n’était pas un bloc à prendre ou à laisser, mais l’Europe des coopérations à géométrie variable que nous voulons, ses relations à la Turquie comme aux autres pays de la Méditerranée, se poseraient plus sereinement. N’en doutons pas : c’est aujourd’hui que la question turque nous est posée. Dans quinze ans, il sera trop tard pour dire Non à cette fédération de l’Eurasie – gigantesque contresens historique, géographique et culturel - qui n’a plus rien à voir avec l’Europe.

2 – L’Europe a besoin des peuples

Chacun de nos ministres devient essentiellement l’exécutant de décisions prises hors des enceintes élues. La Commission forte de son monopole d’initiative législative imposera ses règlements contraignants, y compris s’ils sont contraires à la Constitution française.
Son pouvoir relatif s'accroît encore du fait de la généralisation du vote à la majorité qualifiée, où l’influence de la France - 8,7% des voix - au Conseil comme au Parlement européen, tend vers zéro. Nos parlements nationaux, devenus chambres de transposition des lois fédérales, pourront toujours exercer leur droit de supplique aux pieds de la Cour de Luxembourg...et puis se taire. Et vous, pauvres citoyens déracinés, aurez encore le loisir de pétitionner en rond.

3 – L’Europe a besoin du progrès

Contrairement aux Etats-Unis, l’Europe laisse la vie économique échapper définitivement aux choix politiques et s’en remet au seul marché. Est-ce un hasard si le fossé se creuse entre eux et nous pour la croissance, la recherche et l’investissement ? Si le niveau de vie des européens qui était de 80% celui des américains en 1990 est aujourd’hui péniblement de 60% ? On vous demande aujourd'hui de constitutionnaliser les options économiques qui depuis vingt ans conduisent au chômage de masse et à la désindustrialisation de l'Europe.
Dans sa partie III, ce texte fait de Bruxelles et Francfort les maîtres d’un géant économique aux petits pieds, les escabeaux d’une mondialisation qui confine à la clochardisation.
L’orthodoxie monétaire y est gravée dans le marbre et l’emploi reste le grand absent des objectifs de la Bce, seule banque centrale incontrôlée au monde.
La concurrence y est aménagée de telle sorte qu’on organise le moins-disant social et fiscal, dont la directive Bolkestein est l'avant-goût amer.
Toute véritable politique industrielle (Tgv, Airbus, Ariane) y est interdite, les transports, l’énergie et l’exception culturelle livrés au jeu du marché. Alors que tous nos concurrents défendent eux leurs intérêts, la fin des protections douanières et de la préférence communautaire fait de l’Europe, l’union commerciale la plus poreuse et vulnérable de la planète.

4 – L’Europe a besoin de la République

S’imposant elle aussi à notre Constitution, la Charte bouleverse les droits et libertés fondamentaux conquis à la Révolution et à la Libération. A la place de la Liberté comme pouvoir d'autodétermination, elle consacre des droits-créances, simples pouvoirs d'exiger d'autrui une prestation, accélérant la transformation du citoyen en consommateur.
L'Egalité républicaine est balayée au profit de la discrimination positive, c'est-à-dire les quotas pour des minorités ethniques, religieuses et sexuelles. Bousculant notre principe de Laïcité qui protégeait la liberté de conscience par la neutralité de l'espace public, elle ouvre la porte à tous les intégrismes.

5 – L’Europe a besoin d’indépendance

Nous sommes les amis des Etats-Unis, pas leurs sujets. Or, l’article 41 fait de notre politique extérieure celle de l'Otan, dont le commandement est au Pentagone. C'est de Washington que viendront les ordres du futur "Ministre des affaires étrangères" créé pour la circonstance et dont les propositions seront votées à la majorité qualifiée.
Les pays légitimement hostiles aux « guerres préventives » et qui rêvent d'un monde multipolaire, devront se résigner au mieux à l’impuissance, au pire à la vassalisation de l’Europe. Qui a oublié que dix-sept Etats sur vingt-cinq ont préféré en Irak une guerre fondée sur un mensonge, plutôt que la voix de la France ?
Les eurodéputés de droite et de gauche ont déjà voté pour l’abandon de notre droit de veto aux Nations Unies, faisant injure au Président de la République et à la courageuse position franco-allemande. Cette constitution européenne sonne le glas de toute politique étrangère.


Chères Françaises, Chers Français,
C'est au nom de la paix, de la démocratie et des libertés, que nous, Européens du Non, en appelons à la conscience de chacune et chacun d’entre vous. Le XXIème siècle nous jette des défis auxquels la vieille utopie fédéraliste des années cinquante ne peut répondre. L'Europe d'aujourd'hui a besoin de la souplesse, de l'énergie et du contrôle démocratique que seules ses nations peuvent lui procurer. Elle a besoin d’un Traité refondateur qui renoue avec les objectifs de prospérité et de paix. Pas d’un carcan soviétiforme jusqu’à la Turquie, qui organise son appauvrissement et la rend chaque jour moins sûre.
En 1954, le rejet de la Communauté euro-atlantique de défense avait permis de lancer la construction européenne sur de nouvelles bases en signant le Traité de Rome trois ans plus tard. Laissons les illusionnistes à leurs « oui » béats ou résignés. S’il le faut, cent fois sur le métier, remettons notre ouvrage européen. Offrons à l’Europe le « non » de la deuxième chance, celle d’y faire entrer nos peuples debout. Parce que c’est debout qu’on écrit l’Histoire.



Philippe de Villiers, Paul-Marie Coûteaux, Patrick Louis, Députés européens MPF, Véronique Besse, Député MPF, Nicolas Dupont-Aignan, Patrick Labaune, Jacques Myard, Philippe Pemezec, François-Xavier Villain, Députés UMP, Jacques Baudot, Bernard Fournier, André Lardeux, Sénateurs UMP, Bruno Retailleau, Bernard Seiller, Sénateurs MPF.

Notez
Lu 9518 fois


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Vos commentaires sont les bienvenus, pour peu qu'ils respectent la liberté d'opinion, la courtoisie la plus élémentaire et...la langue française. Ils sont modérés et ne doivent évidemment comporter aucun propos grossier, insultant, raciste ou diffamatoire.

Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 9

A la Une | On avait pourtant dit Non | Analyse | Tribune | Document | En bref | Référendum 2005 | Souvenons-nous


Après le Brexit, reprenons la plume aux fédéralistes. Voici le nouveau traité qui sortira l'Europe de l'idéologie. "Nous peuples d'Europe..." : pour un nouveau Traité fondamental européen