L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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Nos industries s'affranchissent de la nouvelle ligne Maginot européenne





Nos industries s'affranchissent de la nouvelle ligne Maginot européenne

On connait bien la fable selon laquelle, "hors de la construction européenne, point de salut" Paraît-il que nous devrions absolument fusionner avec la Lettonie sous peine d'être rayé de la carte. Et, argument prétendument massue, on nous assure que seule l'Europe nous permet d'avoir des "géants-européens-de-demain-seuls-capables-de-tenir-tête-aux-entreprises-américaines-ou-chinoises".

Or, que constate-t-on ? D'une part, les grands groupes français se fichent comme d'une guigne de faire alliance ou non avec des entreprises de l'UE. En général, ils ont même plutôt tendance à l'éviter car sinon la Commission s'y oppose au nom de la lutte anti-concentration ! Ils font donc plutôt alliance avec des grands groupes qui leur ouvrent d'autres marchés.

Par exemple, Renault s'allie avec le Japonais Nissan contre l'Allemand Daimler Benz qui s'allie avec l'Américain Chrysler. D'autre part, le poids de la démographie, de la langue, de la géographie et de l'histoire s'imposent. Les européistes ont beau dire et beau faire, ils ne peuvent pas empêcher la France d'avoir bien plus intérêt à s'allier avec des entreprises marocaines ou tunisiennes qu'avec des entreprises magyares ou lettones. En Tunisie, par exemple, toutes les élites sont francophones, les ingénieurs et les commerciaux ont souvent fait leurs études en France.

En outre beaucoup de Tunisiens ont de la famille en France et tous les Tunisiens connaissent les grandes marques françaises, les produits français, etc., etc. Résultat ? La vie des affaires ayant horreur de l'idéologie et n'ayant pour ligne directrice que l'efficacité et le pragmatisme, la réalité s'impose.

Nos entreprises de pointe et nos chercheurs nouent des partenariats avec les Tunisiens francophones et non avec des Estoniens. Et naturellement, nos ministres et nos élus trouvent ça parfait et le claironnent : ce fut le cas en mai dernier lorsque le premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi et le ministre français délégué à l'industrie François Loos ont posé les bases d'un partenariat sur les pôles de compétitivité. C'est-à-dire un partenariat officiel sur rien moins que le dispositif imaginé par le gouvernement pour assurer notre progrès industriel et notre patriotisme économique ! 

Nous nous en réjouissons. Car le meilleur antidote à l'islamisme et à l'immigration incontrôlée, c'est justement cela : assurer le développement économique de nos voisins du Maghreb, dont tout nous rapproche. Le seul problème, c'est que cela contredit totalement les présupposés de la "construction européenne".

Comment peut-on dire que l'on veut à la fois voter Oui à la Constitution européenne et par ailleurs "considérer la Tunisie comme un partenaire privilégié" ? C'est absurde et incohérent. Cela ne tient pas la route. Cela contribue à rendre complètement incompréhensible, pour les Français comme pour le reste du monde, ce qu'est la stratégie de la France.

La conclusion, c'est une fois de plus de Gaulle qui nous l'offre : « Nous avons vécu bien des siècles sans Marché commun. Nous pourrons vivre encore bien des siècles sans Marché commun. Nous ferons du libre-échange. Notre expansion industrielle, contrairement à ce que prétendent tous les imbéciles qui pérorent sur l'Europe, n'a pas besoin de Marché commun, elle a besoin du grand large. L'expansion industrielle allemande, italienne, de même. Ceux qui racontent des histoires sur les bienfaits incomparables de l'intégration européenne sont des jean-foutre ».  (Cité par Alain Peyrefitte dans C'était de Gaulle, tome 2, p.267, Editions de Fallois, Fayard, 1997)

A.F



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