L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
Forum européen des universitaires, chercheurs, journalistes et hauts-fonctionnaires pour un débat libre










S'abonner
Rss
Twitter
Facebook
Google+
Pinterest
LinkedIn
Yahoo! Buzz
Mobile
Jeudi 23 Septembre 2010

Mise sous tutelle des budgets : faut-il fermer le palais Bourbon ?



Le principe du "semestre européen" vient d'être adopté. Quelle légitimité possèdent donc les fonctionnaires de la Commission, élus par personne, pour valider ainsi les budgets nationaux ?


Un recul considérable de la démocratie passe inaperçu...

Mise sous tutelle des budgets : faut-il fermer le palais Bourbon ?

...c'est ce qu'auraient dû annoncer les gazettes la semaine dernière. Un site boursier nous rappelle en effet que le principe du "semestre européen" vient d'être adopté.

Il s'agit de donner la primeur du cadrage des budgets nationaux à la technocratie bruxelloise, qui pourra valider le budget français avant examen par le Parlement français : "Les ministres des Finances de l'Union européenne ont donné mardi leur accord pour que leurs projets de budgets nationaux soient examinés au niveau européen au printemps de chaque année à partir de 2011, avant qu'ils ne soient adoptés par leurs Parlements."

On peut se poser la question de savoir si les Parlements nationaux conservent leur utilité. Une fois qu'un projet de budget aura reçu l'aval de Bruxelles,  l'ardeur modificatrice des pauvres députés de la région France sera bien refroidie.
Il faut faire confiance aux fonctionnaires européens pour passer les budgets à la paille de fer. Comme l'écrit Boursorama : "La création du semestre européen entre dans le cadre des efforts en cours des pays européens pour durcir leur discipline budgétaire commune, afin de tirer les leçons de la crise de la dette en Grèce qui a fragilisé les fondements mêmes de la zone euro au printemps."
 L'intention est donc clairement coercitive.

Quelle qualité possèdent les fonctionnaires de la Commission, élus par personne, pour valider ainsi les budgets nationaux ?
Ils sont bien payés.
La grille salariale publiée (en anglais) par Bruxelles, montre ainsi que bien peu de salaires sont inférieurs à 6000 € nets mensuels. Dans une ville où le coût de la vie est nettement inférieur à celui de Paris, sans impôt - puisque nos braves fonctionnaires ne sont que très marginalement imposés - cela offre un certain recul en effet. Et tout en haut de la grille, n'importe quel directeur général dépasse ainsi certainement en pouvoir d'achat le salaire de notre pauvre M. Sarkozy (certes, seul M. Sarkozy bénéficie de Carla et d'un Airbus de fonction. Ce sera sans doute pour plus tard).

Ce détachement matériel permettra donc à nos valeureux fonctionnaires européens, nul n'en doute, de viser sans faillir lorsqu'il faudra trancher dans les avantages sociaux des boeufs restés nationaux.
Et cela ne les empêchera pas d'en demander toujours plus pour eux-mêmes, comme Lady Ashton, chef de notre diplomatie, réclamant déjà 80 postes supplémentaires pour son service extérieur.

Votre journal habituel ne vous a pas parlé de cette infâmie ainsi mise en place ?
Non. Le viol de la démocratie n'émeut plus personne, à part quelques ruminants. Nul doute qu'à propos de ce cadrage budgétaire européen, la bonne presse vous aura enfumé, emboîtant le pas d'un Commissaire européen : "Il s'agit d'une amélioration majeure de notre architecture de gouvernance européenne", s'est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn."

Il faudra, pour le lecteur honnête et désireux de conserver un nom exact aux choses, s'habituer à traduire "gouvernance européenne" par "dictature bureaucratique".
Jusqu'au jour où des "tea parties" nationales viendront rappeler aux gouvernants qui auront poussé le bouchon un peu loin, d'où procèdent, en réalité, les pouvoirs publics.
Du public.

Edgar
La lettre volée;
Jeudi 23 Septembre 2010

Notez
Lu 19500 fois



1.Posté par ROQUETANIERE Régis le 24/09/2010 23:25 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Je suis pour la dissolution de l'Assemblée nationale à très bref délais.

Ce n'est pas un but mais un moyen.

La dissolution de l'Assemblée Nationale ne peut viser seulement à confier le pouvoir politique aux partis d'opposition.
Ce serait une très grossière erreur aussi bien politique que stratégique.

Politique, par ce que les partis politiques dits de gauche sont incapables de s'entendre sur les sujets essentiels tant et tant de tentatives l'ont démontré.

Une dissolution dans ce but conduirait à une simple alternance ce qui serait largement insuffisant et laisserait en place l'essentiel des personnes que nous connaissons et que nous avons assez vues….

Mais ce serait aussi une erreur stratégique, par ce que redonner le pouvoir à l'opposition c'est oublier de prendre en compte l'immense méfiance dont témoigne la majorité des citoyens face aux différents personnels de la vie publique.

L'opinion publique pourrait peut être, dans un premier temps, faute d’un éclairage suffisant et manipulateur, se contenter d'une alternance mais la déception reviendrait très vite ouvrant cette fois la porte à la violence déjà présente dans bien des propos qui dénoncent l'impossibilité de réaliser toute transformation profonde.

Le but de la dissolution de l'assemblée nationale ne doit donc surtout pas être de ramener au affaires des gens qui ont mentis et trompés l'opinion publique.
Cette dissolution vise à favoriser l'accès aux responsabilités à de nouveaux représentants des citoyens, qui ne soient plus issus du monde partisan, de ses règles et de ses disciplines, de ses très mauvaises habitudes aussi.
L’objectif est de faire élire de nouveaux responsables par de nouvelles pratiques civiques transparentes et pour d’autres raisons que celles de l’appartenance à un clan piloté en sous main par les forces qu’il prétend combattre mais dont il est, à de multiples échelons, redevable.

En effet, c'est en mettant fin à la présence dans la vie publique d'une classe politique qui dans son ensemble, gauche et droite a failli à sa mission qu'il est possible d'ouvrir une vraie perspective de changement.
C’est une condition sine qua non !
Il faut pour cela mettre en place un processus de candidatures, paritaires, à coté de celles des partis politiques, non plus sur la base d'une argumentation idéologique mais sur une assise purement civique, aisément contrôlable par chacun et par l'adoption d'une série de thèmes fondamentaux sur lesquels les citoyens, au delà de leurs appartenances, se reconnaitront et décideront d'agir naturellement ensemble.

La sélection des candidats peut fort bien, et mieux, doit venir ...de la base.

Procédure :

Un comité local, à l'échelon d'un quartier ou d'une commune se constitue et décide, en cas de dissolution de l'AN de présenter un candidat.

Il sélectionne ce candidat sur la base de ses choix thématiques, soit par élection, soit par tirage au sort à la demande expresse d'une faible partie des votants, par exemple cinq pour cent - un peu comme on demande un vote à bulletin secret lorsqu'il faut échapper à une manipulation pour garantir l'authenticité d'un vote.

La personne sélectionnée présente au niveau du canton puis de l’arrondissement, les thèmes pour lesquels elle a été désignée.
Il s’élabore ainsi une remontée de la volonté populaire réellement démopédique qui devrait aboutir à l’élaboration d’un cahier de doléances constitutif d’un mandat électoral précis.

C’est à l'échelon de l'arrondissement, selon les mêmes modalités, qu’une candidature de cette tontine électorale sera désignée.

Les partis politiques pourront toujours être candidats mais ils auront face à eux une nouvelle catégorie de candidats-citoyens.

Le travail de sélection et de coordination thématique n'est pas nécessairement à décider selon les critères légèrement galvaudés et pervertis habituels de la démocratie mais, un peu comme l'a fait le petit nombre de personnes qui constituait le cœur historique du Conseil National de la Résistance: par ce qu'il y a nécessité, par ce qu'il y a urgence, par ce qu'il s'agit d'avancées sociales concrètes et tangibles...

Le financement ne telles candidatures n'exige pas de mobilisations importantes de capitaux (jurisprudence de la commission des comptes de campagnes).


Mais la dissolution de l'Assemblée Nationale vise un autre but, au delà de l’irruption dans la vie publique de nouveaux représentants réels des citoyens.


Les députés issues de ce "collège" seront en droit (et en situation) de déférer devant la Haute Court de Justice le président de la République sortant, responsable personnellement de tant et tant de trahisons.

Ce n'est pas rien et c'est aussi un but concret dans lequel beaucoup de citoyens peuvent se rencontrer et agir personnellement, enfin!
Alors, par un effet de focalisation civique sur l’essentiel qui est la prise de conscience collective qu’il est possible d’agir en grand, ce qui parait impossible deviendra notre nouvelle réalité, sans délais.

Régis ROQUETANIERE
17 09 2010


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Vos commentaires sont les bienvenus, pour peu qu'ils respectent la liberté d'opinion, la courtoisie la plus élémentaire et...la langue française. Ils sont modérés et ne doivent évidemment comporter aucun propos grossier, insultant, raciste ou diffamatoire.

Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 7

A la Une | Analyse | Tribune | Document | Campus