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Les souverainistes français exigent des garanties de souveraineté et un référendum



Reçu jeudi matin par le Président de la République, le porte-parole du Non à l'Europe constitutionnelle, Philippe de Villiers a déclaré a sa sortie : "Nous avons eu un entretien très amical", mais "s'il doit y avoir un nouveau traité, il faut qu'il soit adopté par le peuple français, c'est-à-dire par référendum, et qu'il ne ressemble en rien à la Constitution européenne". "J'ai dit au président de la République que je n'étais pas favorable à ce qu'on appelle le traité simplifié, qui est un traité qui reprend l'essentiel à mes yeux de la Constitution européenne" a-t-il rappelé. Dans un communiqué publié vendredi en plein sommet européen, le député MPF Paul-Marie Coûteaux lui a immédiatement emboité le pas en réclamant non seulement l'organisation d'un référendum, mais aussi que les "quatre garanties de souveraineté" présentées par M. Blair au nom de la Grande Bretagne soient reprises également par la France comme des exigences non négociables.




Les souverainistes français exigent des garanties de souveraineté et un référendum

Communiqué de Paul-Marie Coûteaux (22 juin 2007)


La réunion de famille qui se tient à Bruxelles sous le nom de sommet européen n'a qu'un seul but : éviter partout le référendum, ce qui se nomme en langage bruxellois risque de déferlement populiste. Il est significatif qu'il se tienne quelques jours à peine après la fin du cycle électoral en France : on attendait que le peuple français n'ait plus la parole pour que ses "représentants" puissent dire Oui là il avait dit Non déclenchant la fameuse "crise européenne".

Derrière les habituels jeux de rôle et opérations de dramatisation de dernière minute, il est probable que les Vingt-Sept parviendront à un accord, dégageant les grandes lignes d'une Constitution remaquillée, quitte à consentir à la Grande-Bretagne des dérogations, comme d'habitude, et des amodiations, délais ou compensations financières à quelques autres récalcitrants. Le prétendu "traité simplifié" reprendra l'essentiel des dispositions institutionnelles du titre un du traité rejeté, assurant définitivement la supranationalité.

Il est évident que les quarante domaines passant à la majorité permettront d'adopter ensuite sans débat toutes les politiques imprudemment inscrites dans le projet Giscard - qu'il s'agisse des services publics, de la fiscalité, des droits sociaux, et d'autres. Il instituera un Président européen indépendant des gouvernements et un ministre des Affaires étrangères qui, comme l'a dit, sans rire, M. Sarkozy, "n'en portera pas le nom". A quoi dès lors servira M. Kouchner et son administration délocalisée ?

Faire accepter pareille Constitution bis sans référendum est une supercherie : d'une part, les politiques que veut mener l'UE depuis des années seront alors faciles à imposer sans plus aucun débat dans les Etats (finis les rêves d'Europe sociale qu'agite une gogoche qui n'y voit que du feu), d'autre part, ce traité ouvrira la voie à d'autres traités dans l'avenir comme l'annonce M. Lamassoure sur France Culture. Il est faux de prétendre que l'Europe sombrerait sans la perfusion d'un traité tous les cinq ou six ans comme elle en a pris l'habitude depuis l'Acte Unique de1986 : elle ne fonctionne déjà que trop bien sous le régime du traité de Nice, alors présenté comme "pur et parfait" par ses signataires.

Les souverainistes exigent au moins pour la France qui a dit Non les quatre garanties de souveraineté présentées par M. Blair comme non négociables.
Ils demandent par ailleurs à M. Sarkozy l'organisation d'un référendum - comme le font des membres de plusieurs groupes du Parlement européen pourtant favorables à la Constitution. En admettant, par une phrase stupéfiante que "le premier référendum a plongé l'Europe dans la crise, un second la tuerait", M. Sarkozy admet implicitement que le texte qu'on prépare dans son dos serait désapprouvé par le peuple français. Il ne serait donc pas légitime et ouvrirait la voie à une grave crise politique et sociale. Tous les partisans de la souveraineté nationale et populaire y sont prêts.

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