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Les élites françaises : cyniques ou stupides ?



Que penser du débat télévisuel qui a eu lieu sur France 5, dans l’émission Riposte, dimanche 3 février 2008, au sujet du traité de Lisbonne ? Comment interpréter les «arguments des pro-européens» ? Cynisme ou naïveté ?




Les élites françaises : cyniques ou stupides ?

J’ai été stupéfait en écoutant le débat (Rispostes sur France 5) dimanche soir au sujet du "mini-traité" européen.


Abasourdi de voir des hommes politiques, qui se définissent pourtant comme des modérés, nous expliquer que le « non » du référendum de mai 2005 était nul et non avenu (référendum qui n’aurait donc jamais dû avoir lieu), que les citoyens français n’étaient pas capables de juger du bien-fondé de cette Europe.


Mon sang se glace lorsque j’entends un député du PS (Vincent Peillon) dire doctement que les citoyens de sa circonscription était à 66% contre la constitution de 2005, mais qu’il va voter pour, considérant qu’il est plus démocratique de suivre les consignes de son parti.


Je suis sidéré d’entendre un « représentant du peuple » centriste (Jean-louis Bourlanges) nous expliquer que la politique est une chose trop sérieuse pour la confier au peuple français, et que seuls des experts et des technocrates sont habilités à diriger un pays.


Je suis consterné d’entendre un écrivain (Camille de Toledo), se déclarant idéologiquement entre le PS et la LCR (sic), affirmer que cette Europe confiscatoire est nécessaire car elle serait la conséquence directe des charniers du vingtième siècle (Les constructions artificielles qui se sont faites contre les peuples, comme la Yougoslavie ou même l’empire soviétique, n’ont pourtant jamais empêché les massacres).


Je reste pétrifié lorsque j’entends ces individus avouer et approuver le fait que le mini-traité est la copie conforme du texte de 2005, qu’il a été volontairement et inutilement complexifié dans le seul but d’éviter la consultation populaire, et affirmer dans le même temps, la main sur le coeur, qu’ils sont d’authentiques démocrates parce qu’ils favorisent la ratification parlementaire. Ratification parlementaire qui serait, selon eux, plus conforme aux traditions françaises alors qu’elle foule au pied toutes les valeurs issues de la Révolution française. Même le maréchal Pétain n’aurait pu imaginer, dans ses rêves les plus fous, une victoire aussi éclatante sur l’héritage révolutionnaire, sans coup férir.


Je suis effaré de voir que les castes au pouvoir ne prennent même plus la peine de cacher leur arrogance et leur mépris du peuple.


Il va donc falloir remplacer le terme « machiavélisme » pour désigner le cynisme en politique car même Nicolas Machiavel pensait, qu’étant donné l’incertitude liée à toute action politique, la décision d’un million d’individus était plus sûre et plus fiable que la décision d’un seul, fût-il plus éclairé en la matière.


En effet, l’Histoire récente nous a montré que les élites de tous poils étaient plus souvent sujettes à l’idéologie et au dogmatisme, voire à l’aveuglement, que le peuple lui-même (combien de ceux qui affichent leur soi-disant lucidité actuelle étaient d’inconditionnels admirateurs des dictatures communistes il y a seulement 20 ans ; n’oublions pas non plus l’admiration et le soutien du grand patronat français à Hitler durant les années 30 ; mais aussi l’admiration de toute l’intelligentsia française pour Staline, pourtant responsable de la mort et de la déportation de millions d’individus, dans les années 50 et 60 ; sans parler de l’intelligentsia parisienne applaudissant la prise de pouvoir de Pol Pot, responsable du génocide de son propre peuple...).


Je me suis longtemps demandé si nos gouvernants étaient cyniques ou naïfs, et laquelle de ces probabilités était la plus inquiétante pour notre avenir. La réponse m’est apparue clairement dimanche soir, me laissant comme un goût amer dans la bouche et une étrange sensation de malaise : nos élites seraient donc cyniques et naïves.


Péricles




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