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Le 'non' l'emporterait aujourd'hui à plus de 58%


Un an après le rejet massif à 54,7% de la Constitution européenne par les Francais, on apprend par un sondage que 10% des partisans du traité changeraient aujourd'hui leur vote. Le climat moral qui règne en France mais aussi l'ouverture malgré le "non" des négociations avec la Turquie, le retour de la Directive Bolkestein et la mise en oeuvre par la Commission, le Parlement européen, la Cour de Justice et plusieurs gouvernements (dont ceux de Paris et Berlin) de pans entiers de la Constitution européenne rejetée, sont autant de raisons qui s'additionnent pour nourrir l'amertume, justifiée, du peuple Français. Ils ne se contentent pas de persister dans leur non (98% confirment) à cette Europe là, mais l'amplifient. Après un rapide calcul, on observe que 58 à 60% des Français rejeteraient aujourd'hui la Constitution européenne... Et dans un an, c'est l'insurrection ? Ch.B




Le 'non' l'emporterait aujourd'hui à plus de 58%

10% des Français ayant voté 'oui'...le regrettent

Le journal Libération, qui n'est pas suspect d'euroscepticisme puisqu'il était ouvertement favorable au Oui au référendum, publie ce mercredi un sondage d'où il ressort que 98% de ceux qui ont voté non au référendum européen ne le regrettent pas. Le plus intéressant, et que Libé passe entièrement sous silence, est que si 89% de ceux qui ont voté oui au référendum européen ne le regrettent pas, 10% le regrettent et voteraient non aujourd'hui.

Libé comme la dépêche AFP annonçant ces résultats ne mettent en avant que la partie du sondage concernant les électeurs du Non. En lisant que "98% de ceux qui ont voté non au référendum européen ne le regrettent pas", le lecteur inattentif se dit qu'il y en a quand même quelques-uns qui le regrettent... En outre, la formulation retenue par la presse véhicule inconsciemment l'idée que ceux qui ont voté Non n'auraient pas vraiment la conscience tranquille...

Pourtant, la vraie surprise de ce sondage est ailleurs : il tient dans les 10% des électeurs du Oui qui regrettent leur vote. Et cela, c'est capital.

Pour bien comprendre l'enseignement du sondage, il nous faut donc faire un peu d'arithmétique élémentaire :
a) on se rappelle que, selon les résultats officiels, 54,7% des Français ont voté Non à la Constitution européenne et 45,3% ont voté Oui.
b) or, si 98% des Français ayant voté Non ne regrettent pas leur vote, cela signifie que 98% des 54,7% de Français ayant voté Non revoteraient Non aujourd'hui. Soit 0,98 x 0,547 = 0,536
c) par ailleurs, si 10% des Français ayant voté Oui regrettent leur vote, cela signifie que 10% des 45,3% de Français ayant voté Oui voteraient Non aujourd'hui.
Soit 0,10 x 0,45 = 0,045

On peut en tirer la conclusion extrêmement importante que, si les Français étaient de nouveau appelés à voter aujourd'hui, le Non l'emporterait avec 58,1% des voix (car 0,536 + 0,045 = 0,581).

Ainsi et comme souvent, voici des journalistes trop engagés pour ne pas occulter l'essentiel. Or l'essentiel du sondage c'est que, loin de diminuer, l'opposition à la Constitution européenne s'est encore renforcée depuis un an. Encore ce sondage a-t-il été commandé par un journal européiste.

Il est donc raisonnable d'envisager que, désormais, il y a en gros 58 à 60% des Français qui sont hostiles à la Constitution européenne. Encore une fois, les événements ne cessent de confirmer nos analyses sur la crise historique insoluble dans laquelle s'enfonce la "construction européenne".



Dépêche AFP du 16/05/05

98% de ceux qui ont voté non au référendum européen ne le regrettent pas

16-05-2006 17:27:34
PARIS, 16 mai 2006 (AFP) - Un an après la victoire du non au référendum constitutionnel européen, 98% des électeurs qui ont voté non affirment ne pas regretter leur vote, même si celui-ci n'a pas modifié le sens de la politique européenne selon les trois quarts des Français, selon un sondage LH2 pour Libération rendu public mardi.
Interrogés sur le fait de savoir s'ils regrettent leur choix du 29 mai 2005, 98% de ceux qui ont voté non répondent par la négative, 1% seulement exprimant des regrets. Du côté des électeurs qui ont voté oui, ils sont 89% à assumer leur vote, mais 10% affirment le regretter.
Chez les abstentionnistes, 84% ne regrettent pas leur décision, contre 13% qui le font.
75% des sondés considèrent que le résultat du référendum constitutionnel européen n'a pas eu d'influence sur "le sens de la politique européenne", tandis que 6% pensent que ce résultat l'a infléchi dans un sens "plus libéral" et 5% dans un sens "plus social".
Pour la moitié des personnes interrogées, le non des Français au Traité constitutionnel européen "n'a pas modifié le poids de la France en Europe". Pour 36% toutefois, dont 64% de ceux qui ont voté oui, cette influence a été affaiblie. Ils ne sont que 5% à estimer que la France a accru son poids dans l'UE.
Parmi les personnes interrogées, 37% ont voté non, 31% ont choisi le oui, 30% se sont abstenues et 2% ont voté blanc ou nul.
Sondage réalisé par téléphone les 12 et 13 mai auprès d'un échantillon national de 1.004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).
tm/em/df
AFP 161733 MAI 06



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