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Le "grand Barnier", vu de Londres



En France, la nomination de Michel Barnier comme commissaire européen au marché unique, incluant les services financiers, a été présentée comme une grande victoire de Nicolas Sarkozy sur les britanniques. Il est donc particulièrement amusant de lire la version d’outre Manche.




Michel Barnier au Parlement européen, 2005
Michel Barnier au Parlement européen, 2005

La nomination de Michel Barnier vue de Londres*

La fable du président


Il faut dire que Nicolas Sarkozy n’a pas lésiné sur les effets de manche lors de l’annonce de la composition de la nouvelle Commission Européenne. Il a présenté le choix de Michel Barnier comme une victoire contre les britanniques, « qui s’étaient franchement opposés à lui » et qui sont donc « les grands perdants » ! Qu’en termes peu diplomatiques (et peu présidentiels diront certains), cela est dit. Pour un peu, on croirait que la France a gagné un nouvel Austerlitz contre notre ennemi héréditaire.


Nicolas Sarkozy a donc expliqué que ce choix était une victoire de la vision Française de la crise, contre la vision anglo-saxonne et que cela montrait que l’Europe suivait son panache et non pas celui des britanniques, à deux doigts d’être désignés seuls responsables de la crise par notre président super-héros. Il était à deux doigts de s’autoproclamer grand chef de l’Europe, d’autant plus qu’il a poussé le choix d’un roumain comme commissaire à l’agriculture.


Une fable, juste une fable


Cette présentation des faits est naturellement totalement abusive. The Economist ironise sur le fait que « la City a sans doute plus à craindre des travaillistes au pouvoir à Londres, qui prévoient de fortement augmenter les taxes » que de Michel Barnier… En effet, un peu de recul permet de voir que la France a plutôt tendance à suivre la Grande Bretagne depuis un an, que ce soit sur le plan de sauvetage des banques, la taxation des bonus, ou même la taxation des transactions financières.


En outre, The Economist souligne que le Directeur Général pour le marché unique sera un britannique. Ensuite, l’hebdomadaire anglais souligne que la représentante de l’Union Européenne en matière de politique étrangère sera également britannique, Catherine Ashton. Enfin, il rappelle qu’une finlandaise libéral a été nommé à l’économie, soulignant que « les Français ont beau exulter plus que les autres, Monsieur Barroso a eu presque tout ce qu’il voulait… ».
Bref, la nomination de Michel Barnier est tout sauf une victoire pour la France, d’autant plus que le député européen ne s’est jamais montré un grand empêcheur de tourner en rond de la politique ultralibérale de la Commission Européenne, notamment quand il était ministre de l’agriculture…

Laurent Pinsolle

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