L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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Le dogme européiste de plus en plus malmené par les réalités économiques


L'économie allemande est menacée de récession et, même si la France tire le moins mal son épingle du jeu, la zone euro est depuis longtemps un "îlot de stagnation dans un océan de croissance et d'emplois" selon l'expression de l'économiste Nicolas Baverez. La planète dans son ensemble connaît en effet une phase d'expansion économique inégalée depuis 1976 avec une croissance moyenne de 5%. La zone euro, de son côté, atteint à peine les 1,8%. Le dogme finira-t-il par céder devant les réalités ?




Le dogme européiste de plus en plus malmené par les réalités économiques

Depuis la fin des années 80, le niveau de vie des européens chute.

L'économie allemande a de nouveau basculé dans le rouge. Les économistes espéraient + 0,2 % en Allemagne au quatrième trimestre. Ce qui n'était déjà pas beaucoup. En France, on a fait + 0,8. Mais malheureusement les Allemands n'ont pas eu + 0,2 %, mais - 0,2 %. Dur quand on sait que déjà au troisième, l'Allemagne était déjà à zéro % de croissance. C'est ce qui s'appelle effectivement flirter avec la récession (puisque techniquement, la récession, c'est deux trimestres négatifs d'affilée).

Seule consolation pour les Allemands, les Italiens font encore moins bien avec une croissance de - 0,3 % au quatrième trimestre. C'est le plus mauvais chiffre depuis 6 ans en Italie. Donc : Allemagne - 0,2. Italie - 0,3. La Hollande également est dans le rouge. Jean Pierre Raffarin aura beau jeu de dire qu'avec son + 0,8 %, la France est le bon élève de la croissance européenne. Certains y voient l'impact des mesures de soutien à la consommation. Mais malheureusement pour Jean Pierre Raffarin, tout cela n'est pas de très bonne augure pour la suite. Difficile de rester en forme quand ses voisins sont malades. Or, l'Allemagne et l'Italie représentent à eux seuls, la moitié de la zone euro.

Cette faible croissance européenne devient quand même problématique, car pendant ce temps là, les autres progressent. Sans parler de la Chine et ses 10 % de croissance, les Etats-Unis ont connu l'an dernier une croissance de 4,4 %. En Europe, on a fait + 2 %. Ce qui d'ailleurs pour nous est plutôt une bonne année. C'est la douzième année sur treize que les Américains font ainsi mieux que nous en terme de croissance. Et c'est là une tendance inquiétante et surtout nouvelle.

Ranger les chaises longues sur le pont du Titanic

Dans un récent article publié dans Le Point, l'économiste Nicolas Baverez souligne le caractère singulier de la stagnation économique qui marque l'Europe et tout particulièrement la zone euro. Il constate en effet que la planète dans son ensemble connaît une phase d'expansion économique inégalée depuis 1976 avec une croissance moyenne de 5%. La zone euro, de son côté, atteint à peine les 1,8%.

Baverez dénonce la principale responsable de cette situation : la Banque Centrale Européenne et sa politique déflationniste. Pour lui, "la France n'est pas menacée d'un trou d'air, mais d'un nouveau crash". "L'Europe continentale en général et la France en particulier sont devenues des îlots de stagnation économique et de chômage dans un océan de croissance et de plein emploi".

Nous ajoutons à cette analyse que, si l'Europe est à la traîne de l'économie mondiale, ce sont les pays non membres de l'Union européenne, Islande, Norvège et Suisse qui échappent à cette sinistrose. Mieux encore, au sein de l'Union européenne, ce sont les pays qui ont conservé leurs monnaies nationales que s'en tirent encore le mieux. Grande-Bretagne, Danemark et Suède se situant en matière de croissance et d'emploi largement au dessus de la moyenne européenne.

Tout cela n'empêche par la Commission européenne de commissionner en rond et de promouvoir son "Agenda de Lisbonne" qui a pour ambition de faire de l'Europe l'économie la plus dynamique au monde. Les anglo-saxons ont une expression pour décrire cet état d'esprit "ranger les chaises longues sur le pont du Titanic".

Si les europiomanes ont perdu tout contact avec la réalité, le référendum de juin prochain pourrait être l'occasion d'un sevrage brutal et salutaire.

Le pouvoir d'achat d'un Européen, qui atteignait 80 % de celui d'un Américain dans les années 1990, atteint aujourd'hui péniblement 60 %.

Tous les gouvernements ont juré que leur conception de l'Europe apporterait la prospérité. Or, depuis trente ans, nous sommes collectivement impuissants à résoudre notre principal problème économique : le chômage de masse.

Le nombre de chômeurs est aujourd'hui de deux millions et demi à trois millions en France. En Allemagne, il a franchi la barre des cinq millions. Et l'on prétend utiliser la même méthode qui a échoué à réaliser l'unification économique de l'Allemagne, laissant les nouveaux länder à la traîne, pour intégrer les anciens pays communistes.

Le fossé s'est creusé avec les États- Unis, tant en termes de croissance qu'en matière de recherche et d'investissement. Le pouvoir d'achat d'un Européen, qui atteignait 80 % de celui d'un Américain dans les années 1990, atteint aujourd'hui péniblement 60 %. L'appauvrissement de la France s'accélère en dépit des efforts louables du gouvernement pour freiner l'hémorragie, les délocalisations entament la substance vive de notre économie.
Et comment en serait-il autrement alors qu'en quatre ans, l'euro s'est apprécié de 60 % par rapport au dollar ? Les sacrifices demandés aux salariés, à nos petites et moyennes entreprises sont emportés par cette stupide politique de l'euro fort. Nos produits ne sont plus compétitifs sur le marché mondial du fait de ces manipulations monétaires. Il est vrai que la très prétentieuse Banque centrale de Francfort n'est même pas capable de se gérer elle-même : elle est obligée de présenter des comptes en déficit…

Treize ans après la ratification à l'arraché du traité de Maastricht, osons regarder la vérité en face : c'est un échec, qui rend l'idée même d'Europe douteuse aux yeux d'un nombre croissant de nos concitoyens. Cette fuite en avant risque de tuer la construction européenne.

Les partisans du "Non" à la constitution européenne croient davantage en l'Europe d'Airbus, d'Ariane, du T.G.V., l'Europe des grands succès dans des industries de pointe et de haute technologie. Cette Europe s'est faite sans Bruxelles et parfois contre Bruxelles. Demain, avec la constitution européenne, cette Europe-là sera quasiment interdite.

Les trois quarts des européens sont pessimistes pour l'emploi

La Commission publié un sondage sur l'état d'esprit des Européens, en même temps que son document consacré à la "refonte" de l'inénarrable Stratégie de Lisbonne (censée faire de l'Europe l'économie la plus dynamique du monde d'ici 2010). Le résultat est un contrepoint intéressant à l'imperturbable sérénité dans l'inefficacité des eurocrates.
Les trois quarts des personnes interrogées se disent pessimistes sur la situation de l'emploi dans leur pays, et 38% déclarent croire que l'UE peut devenir la première puissance économique mondiale dans les cinq ans, contre 100% des commissaires...

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