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Le Président français et le Premier ministre espagnol en campagne 'civique'...pour le 'oui'.


L'Espagne doit montrer le chemin au reste de l'Union européenne (UE) en disant oui massivement, par référendum le 20 février, à l'Euroconstitution, unique potion magique contre les Etats-Unis et clef du nirvana socio-économique européen... Vendredi à Barcelone, le président français Jacques Chirac et le président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, ne l'ont pas dit ainsi, mais presque.




Le Président français et le Premier ministre espagnol en campagne 'civique'...pour le 'oui'.

BARCELONE - www.LatinReporters.com

A neuf jours du référendum pionnier espagnol sur le projet constitutionnel de l'UE et à 3 ou 4 mois d'une même consultation dans l'Hexagone, Chirac et Zapatero offraient au palais des congrès de la capitale catalane un show médiatique d'appui réciproque pour conjurer l'incertitude référendaire. L'abstention menace en Espagne et en France, le non gonfle.

Selon Jacques Chirac, l'Europe a besoin d'une Constitution pour mieux défendre un monde multipolaire et ne plus se limiter à apporter à l'OTAN des forces à la disposition des Etats-Unis.

Quant à M. Zapatero, il invoque l'Euroconstitution pour que le 21e siècle soit celui de la liberté et de la paix et non le prolongement du siècle des guerres et des dictatures.

A cet égard, pas un mot à Barcelone sur l'article 41 du projet constitutionnel de l'UE, qui admet des missions militaires européennes préventives hors du territoire des 25, quoique sous légalité onusienne, ouverte aux interprétations contradictoires comme l'a montré la guerre en Irak.


Appui marqué de Jacques Chirac aussi à la faculté de l'Euroconstitution "d'enraciner la paix , la démocratie et les droits de l'homme". L'Espagne et la France, puisque ce sont les électeurs de ces deux pays qui étaient interpellés, ont-elles encore besoin d'échapper à un quelconque totalitarisme?

L'absence, pour grippe officielle, du chancelier allemand Gerhard Schröder et du premier ministre italien Silvio Berlusconi a décaféiné la rencontre très encadrée de Barcelone. Des poseurs de questions y avaient été présélectionnés et l'assistance donnait l'impression de faire la claque.

La réunion était baptisée "Acte civique européen", ce qui jette un inquiétant soupçon d'incivisme sur les millions de citoyens qui s'abstiendront ou diront non au référendum du 20 février en Espagne et à celui du printemps en France. Tourner le dos à un projet déterminé de Constitution n'est pourtant pas nécessairement manquer de foi en l'Europe.

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