L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
Lundi 15 Mars 2010
Actualité

Le Président de l'Union européenne veut en faire un espace "vraiment démocratique"


La République tchèque a pris le 1er janvier la présidence tournante du conseil européen, succédant à la France. Le président Vaclav Klaus, détesté par les européistes mais qui jouit d'une cote de popularité de plus de 60% dans son pays, a prononcé son discours de vœux devant le drapeau tchèque et les armoiries nationales. A cette occasion, il a répété que s’il n’y avait pas d’alternative à la présence de la République tchèque au sein de l’Union européenne, il y a cependant de nombreuses méthodes et formes de construction européenne.



Václav Klaus, photo: CTK
Václav Klaus, photo: CTK
Source : AFP

« Il n’y a pas d’alternative à notre intégration à l’Union européenne et il n’est pas honnête d’insinuer que nous ayons une attitude opposée. Cependant les méthodes et les formes d’intégration européenne peuvent être très variées. Certaines d’entre elles ouvrent la voie vers un monde plus libre, d’autres vers un monde moins libre. Les élections au Parlement européen en juin prochain pourront contribuer à la recherche d’une organisation rationnelle de l’Europe. Participons-y !», appelant les Tchèques à voter lors de ce scrutin.

« Nous allons avoir l'opportunité certaine d'influencer les opérations de cette institution majeure. C'est notre intérêt de réussir au mieux dans ce rôle, et pas seulement en matière administrative ou d’organisation », a-t-il dit. « Nous voulons aider l'Europe à devenir un espace vraiment démocratique où la décision politique est aussi proche que possible des citoyens, où les politiciens sont responsables vis-à-vis de leurs électeurs et peuvent être contrôlés efficacement. Aussi, nous sommes intéressés par un mécanisme qui permettrait ce contrôle, c'est le cœur de l'actuelle dispute sur le traité de Lisbonne. »

Le Président Klaus a ensuite abordé la question de la crise financière et ses retombées sur l’économie. D’après Václav Klaus nous pouvons et devons éviter la crise mais nous ne pouvons pas éviter ses conséquences car nous sommes une économie ouverte qui dépend de ses exportations. La crise ne sera pas conjurée par des interventions exagérées et irréfléchies dans les mécanismes économiques qui sont déjà responsables de la situation actuelle.

Et Václav Klaus de constater que l’année qui commence sera plus difficile pour le gouvernement et pour l’ensemble de la société tchèque.  « Nous avons besoin d’un gouvernement fort, solide et efficace qui sera amical vis-à-vis des citoyens, qui ne sera pas hautain et ne limitera pas leurs possibilités par de nombreuses mesures et interdictions bureaucratiques, un gouvernement qui saura communiquer avec les citoyens et qui leur donnera l’impression d’être leur gouvernement

Le discours du président a suscité des réactions plutôt favorables sur la scène politique tchèque. Les hommes politiques le qualifient de « modéré », d’« équilibré », de « classique » ou de «plutôt général». D’autres reprochent à Václav Klaus de ne pas être assez concret. Le chef du Parti des Verts et ministre de l’Environnement Martin Bursík estime, lui, qu’il s’agit d’un tournant intéressant dans l´attitude du président. De l’avis de Martin Bursík, un discours neutre et peu concret vaut mieux qu’un discours provocateur, conflictuel et destructif.

De son côté, le Premier ministre Mirek Topolanek (qui est le président du Conseil européen) a déclaré que « le traité de Lisbonne n’est pas précisément une des priorités de notre présidence ». Il pense que la République tchèque ratifiera le traité pendant cette présidence, mais que « si elle ne le fait pas, ce ne sera pas mortel »…



Vendredi 2 Janvier 2009

Lu 2717 fois

Actualité | Analyse | Tribune | Document

Dans la même rubrique :
Pourquoi la Grèce va sortir de l'Euro

L'euro, lit de Procuste insoutenable

La crise grecque, un camouflet pour l'euro et la BCE

L'Europe essaie de se souvenir de ses racines chrétiennes

Le

En 2010, le coût de l'Europe par habitant grimpe encore

La discrétion et le commerce dirigent l’Europe

Dumping social : le temps de l'agriculture Bolkestein

1989-2009 : L'Europe du contresens

Budget 2010 : l'UE coûtera encore plus cher

La diplomatie supranationale se prépare

Très cher Président

Très cher Président - 01/11/2009


Agriculture : des rustines sur le Titanic

L’euro cher, le boulet de l’Europe

Edf, Sncf : comment l'UE détruit le tissu économique français

Mémoire collective

Mémoire collective - 07/10/2009


Lisbonne aux forceps

Lisbonne aux forceps - 05/10/2009


Les producteurs de lait victimes de la libéralisation européenne

Fruits et légumes: l'européanisme a bon dos !

Comment la France prépare l'adhésion de la Turquie

Incorrigible Commission de Bruxelles

L’euro, facteur de récession ?

Une

Le premier ministre turc à Bruxelles pour

Le traité de Lisbonne aussi bloqué par la Belgique ?

L'ombre des Allemands expulsés en 1945 plane sur le Parlement tchèque

Un plan secret européen pour activer la production d'OGM

Le traité de Lisbonne fauteur de crise

'Profitons de la brèche dans le dogme de Bruxelles pour faire un plan de relocalisation'

'Non' irlandais : un rapport met en cause la liberté d'expression sur Internet