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La scandaleuse proposition allemande acceptée par la France



Après l’annulation de dernière minute de la semaine dernière, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont fini par dîner ensemble hier soir. Le président Français a capitulé en rase campagne en acceptant les propositions de la chancelière sur la gouvernance économique européenne.




La scandaleuse proposition allemande acceptée par la France

Vers un retrait du droit de vote des pays jugés laxistes en matière budgétaire


Une gouvernance européenne anti-démocratique

Si le projet d’accord Franco-allemand évoque une bienvenue taxe sur les transactions financières, dont il faudra attendre les détails pour en évaluer la portée, l’accord d’hier soir contient surtout une disposition absolument incroyable qu’Angela Merkel a réussi à vendre à Nicolas Sarkozy. Ils ont proposé un retrait du droit de vote des pays laxistes en matière budgétaire au conseil européen. Bref, la rigueur à l’Allemande passe avant les plus élémentaires notions démocratiques.

Il est incroyable qu’une telle proposition fasse son chemin sans provoquer une vigoureuse réprobation. Depuis quand la démocratie serait une option fonction du respect de critères financiers ? Même si une certaine rigueur budgétaire est importante, il n’est pas acceptable que l’évaluation de celle-ci puisse faire taire la voix d’un pays. En outre, on imagine bien que c’est la Commission qui pourrait arbitrer une telle gouvernance. L’Europe a décidemment un problème avec la démocratie.

Nicolas Sarkozy, le béni oui-oui

Bref, l’Allemagne a réussi à faire passer sa vision un peu hystérique de la rigueur budgétaire au point de remettre en cause les fondements même de la démocratie. Cet épisode révèle à nouveau à quel point notre président est un piètre négociateur. Car derrière les coups de menton et les fanfaronnades, Nicolas Sarkozy a souvent tendance à capituler lors des négociations internationales quand les autres ne sont pas d’accord avec lui. Il ne sait pas défendre ses positions.

En 2007, il déclarait vouloir un mini-traité limité aux questions institutionnelles et prenant en compte l’opinion des nonistes. Il accepte finalement un TCE bis. Il voulait une Union Pour la Méditerranée limitée aux pays du pourtour du Mare Nostrum. Il accepte tous les pays de l’Union, y compris le Danemark… Hier, il est venu à la discussion en souhaitant mettre en place une gouvernance économique de la zone euro. Comme d’habitude, il a cédé à Angela Merkel en y renonçant.

Outre la divergence économique, c’est à une profonde divergence politique que fait aboutir l’Europe d’aujourd’hui. Même Le Monde commence à devenir très critique vis-à-vis de la politique de l’Allemagne, signe du délitement d’une certaine idée de l’Europe.

Laurent Pinsolle

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