L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Fondé en 2005 - Plus de 2 400 articles en accès libre

La crise politique belge et le droit international



La politique de la Belgique concerne ses seuls citoyens. Mais la scission de ce pays, qui paraissait naguère encore une éventualité peu réaliste, est désormais très vraisemblable ; le doute ne porte plus guère que sur la date et les modalités. Les Français sont unanimes à ne pas vouloir s’immiscer dans les affaires de leurs voisins, mais sont prêts à accueillir chaleureusement, le jour venu, ceux qui souhaiteraient se joindre à eux. L’amour de la liberté, le soin de l’avenir et l’intérêt national recommanderaient d’associer à la République Française les Francophones de Belgique, si ceux-ci en manifestaient la volonté. Les gouvernants français devraient alors agir selon des principes clairs, afin de convenir d’un règlement juste et de réaffirmer le droit international, bafoué et affaibli par les décisions funestes prises lors de l’éclatement de la Yougoslavie.




La crise politique belge et le droit international
1) Les origines de la crise
 
La Belgique est un pays ancien, puisque constitué au XIVe siècle par les ducs de Bourgogne, et maintenu depuis sous divers noms. Conscients de cette Histoire, et de bien des habitudes communes, les Belges sont, pour la plupart, attachés à la Belgique dont ils souhaitent la pérennité. Néanmoins ce pays se scindera, presque certainement, pour des causes historiques et conjoncturelles et surtout pour une raison tendancielle déterminante.

1.1         Causes historiques
 
La Wallonie est culturellement une région de langue d’oïl, très anciennement tournée vers la France. La langue de communication y fut toujours le français de Paris, seule langue écrite. Le picard et le wallon n’y sont employés comme langues littéraires que depuis le XIXe siècle, par des écrivains régionalistes. Économiquement, la prospérité de la Wallonie reposait, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à l’après-guerre, sur les charbonnages, la métallurgie et la verrerie. Ces industries périclitèrent progressivement à partir des années 60 du XXe siècle, et les élites économiques de la région furent lentes à la reconvertir. A présent la Wallonie recouvre progressivement une activité économique nouvelle, qui ne résorbe cependant pas le chômage résiduel dans les villes frappées par la cessation des industries lourdes. Au contraire, depuis l’après-guerre, la Flandre s’est développée, partie par une politique gouvernementale volontaire de développement de l’économie flamande, partie par des capitaux anglo-saxons, grâce à la proximité des ports et au dynamisme d’une nouvelle classe d’entrepreneurs.
 
Le passé économique, politique et artistique de la Flandre est glorieux. Du treizième au dix-septième siècle, la Flandre fut, avec la Lombardie, un des foyers des changements économiques, agricoles et industriels, qui formèrent l’économie moderne, fondée sur l’investissement productif. Le peuple s’y révolta souvent contre les abus de pouvoir des puissants, pour défendre ses libertés. Et la prospérité de cette région en fit aussi un grand foyer de la peinture et de l’architecture. Mais, au XVIe siècle, les troubles religieux et politiques suscitèrent l’exil des élites vers les Pays-Bas du Nord, qui affaiblit beaucoup les Pays-Bas du Sud, la Belgique d’aujourd’hui. La Flandre fut particulièrement atteinte, son économie fut ruinée par la concurrence hollandaise, et sa langue fut, pendant trois siècles, écartée de l’usage officiel par les classes dominantes francophones. Malgré la renaissance économique et culturelle de la Flandre au XXe siècle, les Flamands sont restés sensibles aux usages linguistiques et ressentent comme une menace l’emploi du français. Et, fiers du passé et du présent de leur région, de nombreux Flamands aspirent au statut de souveraineté auquel des pays du centre de l’Europe ont accédé.
 
Néanmoins, quelques chimères doivent être dissipées :  

- La Flandre a toujours été un pays bilingue, la langue française y a toujours été parlée par les classes dominantes et une partie du peuple. Cet usage n’est point dû à l’intervention d’un pouvoir français, car les quelques épisodes de domination française furent tous brefs ; ce sont les élites sociales locales, et des gouvernements dynastiques hostiles à la France, qui ont étendu l’usage du français. L’insulte flamande contre les Francophones de Belgique « Franse ratten ! » « Rats français ! » n’est pas seulement malséante mais historiquement fausse, et ne pourrait que suggérer aux destinataires qu’ils sont vraiment Français.

- Bruxelles doit d’être une ville importante aux ducs de Bourgogne, français mais adversaires des rois de France. C’est l’installation de la cour de Bourgogne, au XVe siècle, qui transforma en capitale d’une prospère principauté une petite ville, déjà résidence des ducs de Brabant mais encore semblable à la bourgade des origines, sise sur une île au milieu d’un marais (d’où son nom « broek-ysel » « l’île dans le marais ») et dominée par un château féodal perché sur une colline. C’est ensuite parce que Bruxelles était la capitale que le français s’y généralisa aux siècles suivants, puisque c’était la langue commune de toutes les élites sociales de l’Europe. Aux XIXe et XXe siècles, des Wallons y firent souche en grand nombre, et à présent les neuf dixièmes des habitants de la ville parlent français. Revendiquer que Bruxelles devienne flamande, c’est vouloir bénéficier de l’effet en révoquant la cause. Cependant, on peut comprendre la mélancolie des Flamands. Jusqu’au début du XXe siècle, un dialecte flamand était parlé dans les quartiers populaires du bas de la ville. Ce sont toujours des quartiers populaires, mais peuplés à présent de Marocains et de Turcs, qui pourraient devenir Belges ou Français mais ne seront jamais des amoureux de la terre flamande.
 
La réalité politique en Belgique est à présent contrastée : depuis un demi-siècle les Flamands sont dominants, et manifestent parfois leur prépondérance avec le manque de souplesse de ceux qui craignent encore une domination révolue. Cependant l’usage du français s’étend à mesure que l’agglomération bruxelloise grandit. On peut comprendre aussi le dépit des Flamands lorsqu’ils ne se sentent plus chez eux dans des communes jadis rurales et flamandes mais à présent devenues urbaines et francophones. Inversement, la limite linguistique administrative entre les régions fut fixée au cours des années 60 selon un recensement de 1947, déjà obsolète à l’époque, et qui ne correspond maintenant plus à la réalité. Plusieurs communes situées administrativement en Flandre ne comptent plus qu’une faible minorité néerlandophone, mais une forte majorité francophone parfois brimée par l’administration flamande ! De là de nombreuses frictions, et la tentation pour les Flamands d’obtenir la souveraineté qui leur permettrait d’instituer des barrières légales à l’extension du français, à laquelle ils n’opposent à présent que des obstacles chicaniers, parfois illégaux. Mais revendiquer la souveraineté obligerait à mettre à jour la limite linguistique, et à constater ainsi l’extension de l’agglomération bruxelloise et sa continuité de fait avec la Wallonie, ce que les nationalistes flamands ne veulent pas. Par leur intolérance, les nationalistes extrémistes flamands font à leur peuple une mauvaise publicité, qui marque les esprits. La Flandre vaut cependant bien mieux que cette image, et le dilemme des Flamands est réel.
 
Si de nombreux nationalistes flamands rêvent d'un État flamand, des politiciens flamands rationnels devraient le refuser, pour trois raisons :

- Un État flamand serait sous influence des pays Anglo-saxons et de l’Allemagne. Pourquoi avoir résisté pendant des siècles à la francisation, si c'est pour s'exposer à une anglicisation rapide ?

- La majorité flamande est assurée de dominer la Belgique, et ne s’en prive pas ! Pourquoi se mettre à la tête d'un État nouveau et inconnu de 6 millions d'habitants quand on peut diriger un pays de 11 millions d'habitants, ancien et bien connu dans le monde entier ?

- La Flandre souveraine ne serait guère qu’une zone industrielle du port d’Anvers, soumise à la concurrence de Rotterdam, laquelle ne désarmerait pas malgré la solidarité politique de deux États européens de langue néerlandaise. Et les difficultés à Bruxelles obéreraient l’avenir de cet État. Car soit la Flandre tenterait d’annexer Bruxelles et susciterait la résistance de citoyens ulcérés par ce coup de force ; soit la Flandre renoncerait à Bruxelles mais garderait la banlieue industrielle entourant la ville de trois côtés. Dans chacun des cas le développement de la région bruxelloise pâtirait, et un problème international contraindrait la politique flamande.
 
La situation, on le voit, sans être très complexe, n’est pas simple. Elle tend néanmoins à se simplifier, puisque le français n’a plus guère droit de cité en Flandre, que le flamand n’est presque plus parlé en France, que Bruxelles et la Wallonie sont désormais de fait contigus, et que les deux moitiés de la Belgique traitent de plus en plus leurs affaires séparément et connaissent de moins en moins la langue de l’autre.

Cette séparation progressive est une inflexion nouvelle dans le cours historique de cette partie de l’Europe.
 
1.2         Causes sociales
 
Les arguments économiques avancés pour scinder le pays sont circonstanciels. Au XIXe siècle, c'est la bourgeoisie francophone qui tenait la Belgique, en exploitant le prolétariat ouvrier wallon et le prolétariat rural flamand. A présent la Flandre est plus industrialisée et plus riche que la Wallonie. La roue pourrait encore tourner, mais le pays aura sans doute éclaté avant. Le conflit le plus apparent oppose le nationalisme des Flamands à l’unionisme belgicain des Bruxellois et des Wallons, mais à travers lui s’expriment d’autres tensions économiques et sociales sous-jacentes :

- Un conflit de classes. Comme partout en Europe, les dirigeants de l’industrie, soumis aux pressions des financiers, s’efforcent de comprimer les salaires par la mise en concurrence internationale et locale. Outre le chantage à la délocalisation, le nationalisme flamand est utilisé pour menacer de scission la Sécu belge, sous le prétexte que la solidarité oblige à des transferts nets de la Flandre vers la Wallonie (l’évolution démographique pourrait bientôt inverser ce flux, les pensions de retraite l’emportant sur les indemnités de chômage). Cette menace est ensuite utilisée pour faire pression sur les salaires en Wallonie, et en retour sur les salaires en Flandre. Pour que cette manœuvre soit efficace, il faut en même temps menacer de scinder le pays et maintenir une cohésion minimale.

- Une vieille mésentente entre les mouvements ouvriers wallons et flamands, pour une raison historique. La doctrine socialiste affirmant que les conflits de classe priment sur les conflits nationaux, les dirigeants ouvriers du XIXe siècle négligèrent la question nationale flamande. Mais les syndicats chrétiens s’y intéressèrent, de sorte que deux cultures ouvrières se sont formées, l’une surtout revendicative en Wallonie, l’autre plus participative en Flandre. Cette différence de culture empêche de coordonner les actions sociales dans les deux parties du pays.

- Un désaccord parmi les classes dominantes. Pendant les années soixante, les dirigeants traditionnels de l’industrie belge préférèrent les profits financiers à l’investissement productif (comme tant de leurs homologues, entre autres français, le firent souvent au cours des siècles), et mirent ainsi en péril maintes entreprises belges, qui furent acquises par des capitaux étrangers (beaucoup d’entreprises jadis belges furent reprises par des entreprises françaises, dont le capital est à présent dilué), de sorte qu’il n’y a plus guère de capitalisme belge. Mais un nouveau capitalisme flamand s’est construit après guerre, dont les dirigeants n’ont pas la fibre belge et sont tentés par le nationalisme. Cependant les classes dominantes belges adhèrent unanimement à l’idéologie européiste, d’abord par intérêt, comme dans tous les pays d’Europe, et aussi parce qu’elles en espèrent une résolution miraculeuse des difficultés du pays.

- Une incompréhension entre dirigeants et dirigés plus grande que dans d’autres pays, du fait de la complexité des institutions. La Belgique est administrée plutôt que gouvernée par une demi-douzaine de gouvernements et parlements, tous compétents sur presque tout, et la partitocratie est reine. Prendre des décisions est difficile. Les planques en tous genres nichées dans cet échafaudage sont nombreuses, et ce nombre est encore exagéré dans les esprits. Le mécontentement contre la classe politique est en proportion. 
 
Ni les Wallons, ni les Bruxellois, ni même la majorité des Flamands, ne voudraient prendre l’initiative d’une crise grave. Mais la classe politique belge jouit d'une très grande autonomie par rapport aux électeurs, plus encore que la classe politique française. Rappelons-nous que les politiciens tchécoslovaques refusèrent naguère un référendum sur la division de leur pays, parce qu'ils savaient que la majorité de leurs concitoyens tenait à l'unité et aurait refusé la séparation. La menace de bloquer les institutions est brandie depuis des lustres par les politiciens flamands afin de dominer les Belges francophones, qui sont paralysés politiquement parce que leur conscience nationale les a conduits jusqu’à présent à vouloir sauvegarder la Belgique. Mais le fait nouveau est que le blocage est à présent devenu réel. Après des mois sans gouvernement, l’existence d’un pouvoir fédéral deviendra absurde pour tous. Aussi la vacance du pouvoir conduira-t-elle très vraisemblablement, lors d’une prochaine crise politique, à la scission du pays, même contre le vœu des citoyens.
 
En effet débloquer durablement la situation est dorénavant presque impossible, car les mouvements séparatistes flamands, actifs, ont essaimé dans tous les partis politiques flamands, qui se sont eux-mêmes piégés dans la surenchère nationaliste. Même si un gouvernement pouvait durer quelques temps, grâce à la mise à l’écart temporaire des nationalistes flamingants les plus véhéments, le problème ne tarderait pas à resurgir. Ce sont donc ces politiciens flamingants qui choisiront le moment de l’éclatement et tenteront d’en imposer les modalités ; les politiciens flamands suivront pour garder leurs places, et les politiciens bruxellois et wallons se borneront à réagir. L’exigence des dirigeants flamands de mener des négociations entre « communautés » et non entre régions, afin d’en exclure les Bruxellois, révèle clairement leur dessein : scinder le pays en annexant Bruxelles à la Flandre. Seul un homme politique d’un courage exceptionnel pourrait dire aux Flamands la vérité : que flamandiser Bruxelles est impossible, et qu’un État annexant contre leur gré les habitants d’une métropole se vouerait à déclencher une violence qui le discréditerait. Aussi les Flamands tenteront-ils un jour cette manœuvre vouée à l’échec. Et, pour résister efficacement, les Bruxellois se tourneront alors vers le seul État dont l’appui diplomatique puisse contrebalancer le poids du nombre et en imposer ainsi aux dirigeants flamands : la France.
 
1.3         Raison tendancielle
 
Des incidents circonstanciels ne suffiraient pas à briser un pays qui va cahin-caha depuis presque deux siècles, mais une raison tendancielle déterminante divise la Belgique : l’approfondissement de la démocratie.

La Belgique moderne a en effet été conçue au temps du libéralisme du XIXe siècle, lorsque, dans les pays les plus avancés, la bourgeoisie dominait le peuple sans partage, en détenant les capitaux, dirigeant les affaires publiques, et exerçant seule les droits politiques grâce au suffrage censitaire. Partout en Belgique, la bourgeoisie parlait français et dominait le peuple, qui parlait des dialectes flamands, bas-allemands, picards ou wallons selon les lieux. La prépotence de la bourgeoisie et des parvenus francophones, sans nul doute déplaisante, n’exprimait toutefois pas une domination des Wallons sur les Flamands, qui relève de l’imaginaire et pas de l’Histoire.

Mais ces temps sont révolus : dans tous les pays d’Europe la démocratie s’est étendue à tout le peuple, et s’est approfondie. Elle concerne désormais non seulement les affaires politiques mais aussi les affaires sociales, traitées de façon de plus en plus individualisée. La conciliation pacifique d’intérêts divergents, la prise de décisions générales, nécessitent que les citoyens comprennent la même langue et partagent des principes politiques communs, tandis que la prise en charge collective des accidents de la vie individuelle les plus douloureux repose sur un sens de la solidarité sociale qui étend le sentiment de la solidarité familiale. C’est cette organisation publique de plus en plus poussée qui permet à l’autonomie personnelle de s’étendre de plus en plus. Quoique moins présent aux consciences que naguère, le cadre national est indispensable à cette autonomie. Autant que par le passé, la liberté individuelle dépend de la liberté et de la prospérité collectives. La crise contemporaine de la démocratie résulte de la difficulté à articuler la prise de décision collective, la protection sociale et l’aspiration à l’autonomie personnelle. Elle se développe sur fond de lutte des classes pour le partage de la richesse produite par la société, de lutte d’influence des grandes puissances, et d’efforts des multinationales pour dominer les États afin de réduire le peuple des citoyens à une foule de consommateurs.
 
Or ces trois mouvements, prise de conscience civique, institution de la solidarité collective, marche vers l’autonomie personnelle, se complètent au niveau national, à condition qu’existe une conscience nationale. Mais ils sont contradictoires en Belgique, où la prise de conscience nationale flamande a mis au grand jour une situation ancienne : il n’y a pas vraiment de Belges, mais des Flamands, des Wallons et des Bruxellois (et quelques Allemands). Sans conscience nationale, point de solidarité sociale. L’approfondissement de la démocratie ne peut alors que séparer les nationalités.
 
La Belgique se divise ainsi pour une raison positive : l’approfondissement des pratiques démocratiques.
 
Cette césure progressive cause un vrai désarroi aux Belges francophones. En effet, quoiqu’au XIXe siècle le prolétariat wallon ait été autant dominé économiquement, culturellement et linguistiquement que le prolétariat flamand, et sans doute plus durement exploité, la proximité des dialectes picards ou wallons et du français, ainsi que l’ancienneté de l’usage du français comme langue commune, ont fait qu’en quelques générations d’école obligatoire ces dialectes se sont presque éteints, comme les dialectes romans de France, et comme les dialectes flamands supplantés par le néerlandais. Et comme le français était, au XIXe siècle, la langue de la promotion sociale, la conscience nationale des Bruxellois et de la plupart des Wallons s’est identifiée à celle de la bourgeoisie francophone et s’est donc fixée au niveau de la Belgique, malgré une forte attirance du peuple vers la France qui se manifesta vivement après la deuxième guerre mondiale. Au contraire, la conscience nationale des Flamands s’est constituée au XXe siècle, en opposition aux Francophones, et au niveau de la Flandre.
Cependant la Belgique n'existe que par le pays flamand, c’est lui qui distingue la Belgique de la France. Sans lui, sans les Flamands s’ils proclamaient leur indépendance, Bruxellois et Wallons n’auraient plus de patrie, et il n’est guère vraisemblable qu’une conscience nationale wallo-bruxelloise apparaisse soudain. Le seul sentiment d’appartenance des Belges francophones serait l'appartenance à la culture française, dont la capitale est depuis toujours Paris, là où vont les artistes en quête de reconnaissance, là où les couples vont en amoureux. Ce sentiment d’appartenance les orienterait vers le pays dont ils sont depuis longtemps le plus proches : la France.
 
Incidemment, un parallèle net apparaît entre la Belgique du XIXe siècle et l’Union Européenne du XXIe. L’un des moyens que les classes dominantes utilisent pour perpétuer leur domination, éloigner le peuple du pouvoir et se réserver les prébendes, est d’employer une langue internationale, différente de celles des classes dominées. Du fait des soubresauts du XXe siècle, c’est à présent l’anglais et non plus le français que les dominants promeuvent, mais le principe reste inchangé (le français a perdu de son intérêt pour les classes dominantes françaises depuis que, grâce à la généralisation de l’enseignement, tout le peuple français le parle). La pipolisation de la politique, par l’aristocratisme ou le vedettariat, est un autre moyen. Les classes dominantes s’écartent ainsi du peuple afin de contribuer le moins possible à la solidarité sociale, tout en profitant plus que tout autre groupe social des infrastructures collectives : moyens de transports, enseignement, culture, équipement médical. Et elles entretiennent, entre elles et avec leurs homologues d’autres pays, des rapports de complicité, de mimétisme et de rivalité. Exalter la liberté individuelle sert à masquer le fait que cette liberté, bien effective, est permise par la captation d’une part léonine de la richesse produite par toute la société, grâce au contrôle de l’État, de l’économie, et surtout des positions tertiaires d’intermédiaires entre production et consommation.
 
Néanmoins, malgré des régressions temporaires, la démocratie politique et la solidarité collective progressent et contrarient ces efforts de domination. C’est pourquoi l’Union Européenne, telle que les classes dominantes la veulent, libre-échangiste, bureaucratique, fédérale, anti-démocratique, anti-nationale, anglophone, atlantiste, soumise à la finance internationale et favorisant les rentiers, ne pourra durer. Les traités organisant la coopération en Europe devront être réformés radicalement. 

La crise politique belge et le droit international
2 Quel est l’intérêt de la France ?

Depuis 1713, quand le traité d’Utrecht sanctionna l’échec des criminelles agressions guerrières sottement entreprises par Louis XIV et son entourage, la Belgique a toujours été nuisible à la France. Elle fut plusieurs fois refondée dans ce but. Par son existence même, elle coûta à la France des centaines de milliers de morts, lors des guerres du XVIIIe siècle et de la Révolution, et lors des trois guerres contre l’Allemagne. Même le roi Albert 1er, pourtant réputé notre allié, conduisit son armée, en 1914, selon des vues politiques (légitimes du point de vue belge), au détriment de l’armée française. Non seulement la Belgique fut une plaie stratégique, mais aussi un péril politique en temps de paix. Le personnage le plus emblématique de la politique belge est Paul-Henri Spaak, qui fut d’abord partisan de la neutralité belge et adversaire de l’alliance avec la France, puis pendant la deuxième guerre mondiale demanda l’adhésion de la Belgique au Commonwealth, soutint après guerre la communauté européenne de défense et s’opposa ensuite au plan Fouchet, prôna l’Europe supra-nationale et fut finalement partisan de l’union euro-étasunienne jusqu’à devenir secrétaire général de l’OTAN. La seule constante politique de ces louvoiements est l’opposition à la France, non par hostilité mais parce que l’alliance française, dictée par la géographie, aurait réduit l’autonomie belge. Structurellement, la Belgique ne pouvait mener qu’une politique nocive à la France, condition indispensable à son existence politique.

Devenue souveraine, la Wallonie, ou une union Bruxelles-Wallonie, serait acculée à faire de même. Un tel État faussement indépendant n’aurait pas de sens pour la grande majorité des Bruxellois ni des Wallons, mais pourrait être du goût de pays voisins, contents de fabriquer une nouvelle machine de guerre contre la France, comme la Belgique l'a été (avec quel éclatant succès !) depuis trois siècles. Il serait systématiquement utilisé par les puissances anglo-saxonnes pour montrer qu'on peut être de langue française et raisonnable - entendez : soumis aux puissants de l'heure - contrairement aux Français vaniteux et irréalistes. L’Allemagne y déverserait des capitaux, pour prouver qu'en Europe l'avenir est aux régions ! Small is vachement beautiful quand y en a euro-marks, dollars et livres sterling à gogo (heureusement le dollar et la livre sterling vont mal en ce moment). Les politiciens wallons, plus corrompus les uns que les autres, pourraient être tentés. La Wallonie indépendante serait présentée comme preuve que des différences ethniques existent entre Wallons et Français (alors qu’en réalité la façon de vivre diffère moins entre Liège ou Bruxelles et Paris qu’entre Paris et Toulouse ou Marseille). Demain, on en inventerait entre Français et Occitans, Français et Corses etc. Cette province esseulée disposerait du genre de souveraineté limitée dont les multinationales raffolent et qui enthousiasme les européistes après avoir été le rêve des pan-germanistes. Pis encore, la Wallonie indépendante serait non seulement un État instrumentalisé contre la France, mais un confetti mafieux, aux mains des trafiquants des grands ports, auxquels la République Flamande réussira peut-être à échapper, grâce au sens de l’État de dirigeants nationalistes.

Pour Bruxelles, quand la Flandre deviendra souveraine (car elle le deviendra vraisemblablement), dix projets farfelus seront proposés, y compris Brussels-DC et le Grand-Duché de Brabant (dont le prince, pourvu d'une telle titulature, ferait un tabac en poussant la chansonnette sur la scène du théâtre de la Monnaie). Bien sûr, lorsqu'il faudra quitter le concours Lépine pour discuter de solutions politiques, toutes ces astucieuses fantaisies s'effaceront, mais les difficultés diplomatiques deviendront sérieuses. La Flandre voudra sa part, la plus grosse possible. Un statut particulier sera proposé par l’Allemagne et l’Angleterre, l’une voulant donner un semblant de souveraineté à l'Union Européenne pour promouvoir l’Europe fédérale régionalisée, qu’elle espère dominer, l’autre voulant promouvoir l’usage de l’anglais comme langue commune d’une future confédération atlantiste. Les États-Unis et les mouvements européistes soutiendront ce projet de diviser les Francophones. Cependant, lorsque le bon sens prévaudra, il faudra bien admettre que Bruxelles n'est plus la ville brabançonne qu'elle fut jadis, ni la future capitale fédérale européenne qu'elle ne sera jamais, mais une grande ville francophone, et la plus au Nord des villes marocaines.

L’intérêt des Bruxellois et des Wallons serait sans doute – mais ils en jugeront eux-mêmes - de redevenir acteurs de leur destin, en participant à la vie politique d’un pays de taille moyenne mais exerçant une réelle influence dans le monde, capable de faciliter le développement économique de leurs régions, dont la cohésion nationale assure la solidarité sociale, et dont ils partagent depuis très longtemps la civilisation et la vie culturelle.

L’intérêt de la France peut être différemment apprécié selon l’origine sociale de l’observateur.

Les classes dominantes, acquises au libre-échange dont elles profitent, et à l’Union Européenne qui le met en œuvre sous domination anglo-saxonne, souhaitent que se développe un pouvoir fédéral bureaucratique, politiquement irresponsable, réduisant sans cesse les pouvoirs nationaux placés sous contrôle démocratique. Leur domination sociale échapperait ainsi à la contestation par les classes dominées. Les classes possédantes verraient donc favorablement Bruxelles devenir une capitale fédérale où l’anglais progresserait, et la Belgique être divisée en régions, formant un modèle pour l’Europe (elle l’est vraiment : c’est justement pourquoi elle éclate !). Vues par la bourgeoisie française, la Flandre est une région dynamique et prospère, grâce à un patronat libéral et à des ouvriers réalistes, tandis que la Wallonie est le dernier pays socialiste d’Europe, dont les habitants ont cherché leur malheur et doivent être tenus éloignés. Au passage, cet exemple illustre un autre moyen de domination : affirmer que les pauvres ont causé eux-mêmes leur pauvreté, et si possible les en convaincre (comme si un chômeur décidait de la stratégie des groupes financiers). Reste encore un moyen : insinuer que les inégalités ont des causes naturelles, mais ce moyen-là a déjà beaucoup servi et n’est guère croyable entre habitants d’un même pays ; patience cependant : le grand nombre de Bruxellois d’origine turque ou maghrébine pourrait redonner quelque verdeur à cet argument, auquel un politicien flamand s’est récemment essayé.

Au contraire, quiconque, en France et en Europe, veut défendre la démocratie et lutter contre l’injustice sociale ne peut que s’opposer à l’évolution inégalitaire de l’Union Européenne, et à la volonté concomitante de défaire les nations. C’est au niveau national que la prise de décision démocratique et la solidarité sociale, même encore imparfaites, assurent ensemble la justice et la prospérité qui rendent l’autonomie personnelle possible. Pour être juste et efficace, l’organisation de l’Europe doit donc reposer sur la vitalité politique des nations.

La France a de pressants problèmes à résoudre : réduction des inégalités, ré-industrialisation sans pollution, réforme de pratiques agricoles dévastatrices, reprise de l’autonomie intellectuelle et scientifique, de l’indépendance nationale et de la coopération avec les pays francophones, réorganisation de la coordination entre les États d’Europe, et bien d’autres encore. Les bisbilles belges héritées du passé ne doivent pas distraire des exigences de l’avenir, mais le haut degré d’instruction, l’activité, le réalisme et l’humour des Wallons et des Bruxellois, aideraient à faire face aux difficultés. Les Français gagneraient à ce que des voisins, à tous égards si proches, s’unissent à eux pour partager leur souveraineté et participer à la vie nationale. Tous s’en trouveraient schtroumpfement ragaillardis… l’Éducation Nationale enseignerait enfin une façon de compter rationnelle : septante, nonante, et entre les deux -pourquoi pas ?- huitante … et la SNCF mettrait des panneaux en néerlandais dans les gares de sa région Nord, à l’intention des vingt-trois millions de néerlandophones des pays voisins.

Sitôt réunifiée, l’Allemagne, en accord avec les États-Unis, a poussé à la division de l’Europe et entraîné l’Union Européenne dans cette politique paradoxale. Les tensions en Yougoslavie ont été attisées, dans les limites artificielles des républiques érigées en frontières. Avec les résultats que l’on sait : injustices, violences, meurtres, exils. Fragmentation finale. On a balkanisé les Balkans. Vingt ans après, il est grand temps de changer de cap. Selon l’expérience multiséculaire, un problème non résolu devient toujours une pomme de discorde. Pour maintenir la concorde avec nos voisins (et qui ne le souhaiterait ?) il faut cesser d’émietter l’Europe.

L’association ou l’union de la Wallonie et de Bruxelles à la France rééquilibrerait l’Europe et ne pourrait servir de prétexte à l'Allemagne pour revendiquer une influence en Alsace, dès lors que les citoyens de Bruxelles et de Wallonie (et ceux des cantons germanophones) auraient décidé de leur avenir démocratiquement, par un vote libre dont la légitimité incontestable prévaut sur toute revendication ethnique ou historique. Par contre, toute tentative d’instituer des « districts » supra-nationaux échappant au contrôle politique doit être brisée sans retard ; ce qui est vrai pour Strasbourg l’est aussi pour Bruxelles.

Les dirigeants flamands agiront à un moment favorable (sauf si les extrémistes s’agitent à contretemps) avec l’accord et l’appui des Anglo-saxons et des Allemands. Il va de soi que les différends sur le tracé de la frontière, même minuscules, seront démesurément grossis pour embarrasser et pousser à la faute les négociateurs bruxellois, wallons et français, et que les médias de l'empire anglo-saxon battront furieusement du tam-tam. En France, toute la bien-pensance de gauche et de droite relaiera ces cris hypocrites. Or le président et le gouvernement en exercice sont aux ordres de l'étranger et mènent sciemment une politique contraire aux intérêts de la France. Le ministre des affaires étrangères à présent en poste fut un acteur de la tragédie yougoslave, et l’un des principaux destructeurs du droit international. Son action tend systématiquement à affaiblir la France au profit des puissances anglo-saxonnes. Son remplacement est indispensable pour que les négociations sur la scission de la Belgique soient menées à bien. Une ingérence des autorités françaises - qui serait jusqu’à présent injustifiée et illégitime - serait donc aussi néfaste. Mais - ironie de la situation - le président de la République en exercice pourrait être amené par les circonstances à servir la France contre la volonté de ses commanditaires.

L’impérialisme français en Europe appartient au passé depuis des générations, et l’irrédentisme est inexistant. L’intérêt national des Français est simplement de prendre acte des événements dans un pays voisin, et de proposer, le moment venu, un règlement politique démocratique, conforme au droit des gens, et empêchant une situation désavantageuse pour la France. Tout ce qui doit être fait est donc de publier des principes d’action.

3) La France doit agir selon des principes
 
Les Français n’ont ni le droit ni l’intention de se mêler des affaires d’autrui, mais doivent faire savoir qu'ils ne resteront pas passifs lorsque ce qui ne les regarde jusqu’à présent pas deviendra une affaire internationale. Ils reconnaissent la légitimité de l’aspiration des Flamands à fonder un État, mais l’avenir de voisins proches et francophones ne peut les laisser indifférents.
La France ne revendique rien, mais est concernée au premier chef par ce qui se passe à ses frontières.
Les gouvernants français devront donc agir selon quelques principes, qui peuvent être clairement énoncés :
 
1/ La perspective de scission d’un État souverain, en amenant des États successeurs à l’existence, transforme une affaire intérieure en affaire internationale, qui doit être réglée selon le droit international. 

2/ L’Union Européenne n’a pas la personnalité juridique, n’est pas un sujet de droit international. Elle n’a pas compétence à exercer de souveraineté ni à administrer un territoire. En outre, elle n’est pas démocratique. Et les Bruxellois ont droit à une nationalité reconnue ainsi qu’à l’exercice de droits politiques dans un État souverain.  
 
3/ L’indépendance d’un nouveau pays, ou bien l’union d’une région ou l’association d’un pays avec la France, ne peuvent être fondées que sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et ne peuvent avoir d’autre cause que la volonté des habitants. La culture, la langue, l’Histoire, sont des arguments recevables, mais pas décisifs.
 
4/ Les populations intéressées doivent pouvoir manifester leurs volontés, clairement et sans entrave, sur toute l’étendue des territoires qu’elles habitent.
 
5/ Le droit international ne connaît pas des limites administratives internes, qui ne peuvent donc devenir des frontières, et n’admet pas qu’un droit du sol local puisse prévaloir sur la volonté des populations. Les habitants doivent décider de leur avenir au niveau politique le plus proche de leur vie personnelle.
En pratique, de part et d’autre de la frontière linguistique et dans toutes les régions à statut particulier (« à facilités », Fourons et autres), le vote majoritaire des habitants au niveau communal déterminera les frontières internationales, et par conséquent le territoire où le droit du sol de chaque État successeur s’exercera ensuite.
Un recensement linguistique, objectif et préalable, de la population, par déclaration, est indispensable. Là où des langues différentes sont parlées dans des quartiers voisins, chacun raisonnablement homogène, par exemple là où des communes ont été fusionnées, des quartiers seront distingués par négociation et promus comme communes.
Les habitants, même d’une seule commune, ne doivent pas être contraints, contre le gré de la majorité d’eux, au statut de minorité, même protégée, dans une entité territoriale et politique plus large.
 
6/ Le droit international ne reconnaît qu’une seule nationalité par État. Pour décider de l’avenir, le corps électoral sera donc composé de tous les citoyens jouissant de leurs droits, et sera restreint au niveau de la commune à ceux qui y sont domiciliés et y habitent effectivement depuis plusieurs années (au moins cinq années).
Les étrangers, même ressortissants de pays membres de l’Union Européenne, n’y appartiendront pas.
 
7/ Chaque citoyen optera ensuite pour la nationalité de son choix et conservera son domicile et ses droits personnels et civiques.
 
A ces sept principes sur la procédure s’ajoute un autre sur le statut futur des régions concernées :
 
L'association à la France, quelle que soit sa forme, respectera les institutions wallonnes et bruxelloises, en particulier les droits linguistiques dans les communes concernées. Les harmonisations nécessaires seront discutées et progressives. Les lois votées ensuite par les institutions normales et régulières de la République Française s’appliqueront partout. Un droit local existera donc, comme dans d’autres territoires de la République, sans que ce fait restreigne les principes d’indivisibilité de la République et d’égalité des citoyens en droit.
 
 
Ces principes ne sont pas universels, mais conviennent lorsque des aires homogènes et denses de populations différentes ne sont pas entremêlées. Leur application fera un précédent clair, à l’encontre des précédents, confus et contraires au droit, formés lors de l’éclatement de la Yougoslavie. Au-delà du règlement d’une crise locale, ces principes sont donc importants pour réaffirmer le droit international.  

Christian Darlot
Chercheur au CNRS

Notez
Lu 9921 fois



1.Posté par Hazette Pierre le 26/02/2012 11:53 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
L'analyse de M.Darlot me paraît pertinente à maints égards. Je ne m'aventurerai pas, cependant, dans la dénonciation d'un complot germano-britannique contre la France et par là-même, favorable à la reconnaissance d'un Etat wallon qui serait et resterait ferme dans son refus d'intégrer la République française. Si l'on retient le principe de l'autodétermination des peuples dans un Etat qui se dissout, il faut admettre tous les choix offerts au vote populaire. Pour ce que je connais de l'opinion wallonne, il y a beaucoup à faire pour la convaincre de l'opportunité, de l'intérêt ou de la chance de s'intégrer dans l'Etat français. En ce qui concerne l'opportunité, les Wallons ne sont pas convaincus que les élections de 2014 risquent de rendre le pays ingouvernable et de conduire à son éclatement irréversible.
En ce qui concerne l'intérêt, les plus sages des Wallons sont convaincus que l'indépendance conduirait la Wallonie à un appauvrissement dramatique. Les recherches du Professeur Gazon sont à cet égard éclairantes. Mais peu de mes compatriotes francophones ont conscience que l'indépendance de la Flandre les conduira à cette impasse.
Quant à la chance, il serait enfin mis un terme à une erreur historique: celle qui a coupé les Wallons de leur espace culturel naturel pour punir la France de son expansionnisme meurtrier sous Louis XIV comme sous Napoléon, notamment.
Ceux qui croient à l'intégration souhaitable de la Wallonie dans la République espèrent une préparation de l'opinion qui tarde à venir. On attendrait du gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles qu'il entame, à toutes fins utiles, des négociations avec la France pour aboutir à des accords de coopération sur les matières où il est compétent . Je ne parle pas de solliciter une aide quelconque, mais de chercher ensemble des économies d'échelle que la crise actuelle des finances publiques rend indispensables, même en dehors de la perspective de la fin de la Belgique.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Vos commentaires sont les bienvenus, pour peu qu'ils respectent la liberté d'opinion, la courtoisie la plus élémentaire et...la langue française. Ils sont modérés et ne doivent évidemment comporter aucun propos grossier, insultant, raciste ou diffamatoire.

Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 8

A la Une | On avait pourtant dit Non | Analyse | Tribune | Document | En bref | Référendum 2005 | Souvenons-nous


Après le Brexit, reprenons la plume aux fédéralistes. Voici le nouveau traité qui sortira l'Europe de l'idéologie. "Nous peuples d'Europe..." : pour un nouveau Traité fondamental européen