L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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La Constitution française toujours pas conforme au vote du 29 mai


Pendant que la Constitution européenne est en soins intensifs à Bruxelles, l'état de celle - pas encore morte - de la France, n'inquiète presque personne. Souvenons-nous : ils étaient 730 "représentants du peuple" (66 contre et 96 abstentions), le 28 février 2005, trimbalés en autocar sous bonne escorte jusqu'au château de Versailles, pour y voter "oui" à la Constitution européenne, avant d'aller coller leurs petits timbres-souvenirs de cette journée historique. Mais cette dix-huitième réforme constitutionnelle allait s'avérer aussi prématurée qu'inutile.




Que reste-t-il de la Constitution ?
Que reste-t-il de la Constitution ?

Cinq députés Ump se sont décidés à déposer une proposition d'abrogation de la loi du 1er mars

Ce jour là en effet, dans l'hémicycle du Congrès du parlement, députés et sénateurs "faisaient" l'Histoire (Lire notre article du 1er mars Ils votaient massivement une réforme de la Constitution française destinée à lui emboiter une autre Constitution, celle de l'Union européenne établie par le fameux Traité. Car c'est un Traité contraire à la Constitution française que le Président de la République avait signé... Il fallait donc modifier l'un pour le rendre compatible à l'autre. Ordre du Conseil constitutionnel. Naturellement, c'est le texte national que l'on a choisi de soumettre. Les parlementaires venaient de faire un nouveau trou dans la Constitution de la Vème République, il ne restait plus au peuple qu'à y planter celle plus épaisse, plus lourde, plus définitive, de l'Europe unique.

Nos 730 joyeux europhiles s'imaginaient que ce serait une formalité désormais de faire avaler la Constitution européenne au peuple français, et le référendum à venir de les conforter dans leurs certitudes et dans leurs sièges.
Le 29 mai pourtant, les Français ont entendu ne pas se prêter à ce petit jeu de jardinage constitutionnel. Non, ils ne veulent pas perdre leur identité, non ils ne veulent pas renoncer à leur souveraineté, non ils ne veulent pas abandonner leurs protections économiques et sociales. L'Europe oui, mais pas au dépens de tout ce que l'on a mis des siècles à construire.
Médusées, les élites politiques, médiatiques et économiques qui avaient presque toutes fait la campagne du "oui", ont tenté de se rassurer, comme au lendemain du 21 avril 2002, en expliquant qu'il y avait là un "problème de communication" avec le peuple, toujours prompt à sombrer dans des "peurs irrationnelles"...

En attendant, nul au sommet de l'Etat n'a songé à rétablir dans ses droits et dans sa lettre, la Constitution française défoncée pour rien le 28 février à Versailles. Ce sont cinq députés UMP, partisans du "non" à la Constitution européenne (Lionel Luca, Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Pemezec, Jacques Myard et François Guillaume) qui viennent de signer une proposition de loi visant tout simplement à abroger la loi constitutionnelle du 1er mars 2005.
Si ni le gouvernement, ni le groupe UMP dans le cadre de sa "niche parlementaire" n'acceptaient de l'inscrire à l'ordre du jour, il faudrait comprendre qu'ils ne se résolvent pas à accepter et respecter le résultat du référendum. Nous verrons en 2007 avec quelle intensité et sous quelle forme le message du "non" incompris (pris pour un con ?) va être réitéré dans les urnes. A moins que nous ne l'entendions déjà...

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