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L'euro, lit de Procuste insoutenable



L’Union européenne, c’est 27 économies qui ont des besoins différents, des enjeux différents et des résultats différents. La Grèce ne pourra sortir rapidement de la crise qu’en favorisant ses propres ressources et ses propres investissements et non pas en s’alignant sur un gouvernement économique des vingt-sept dans lequel elle partira perdante. Le pays ne pourra sortir de la crise que si l’Union européenne s’adapte à lui, pas l’inverse.




L'euro, lit de Procuste insoutenable

Dans l’actuel contexte de crise économique que connaît la Grèce, 5000 personnes ont manifesté dans les rues d’Athènes lundi après-midi pour exprimer leur mécontentement face au nouveau projet de loi fiscale proposé par le ministre des finances Papaconstantinou et pour demander au gouvernement de renoncer à geler les salaires et les retraites.

En effet, dans le journal Le Monde, Kostas Doulgaridis, 45 ans, professeur d’école, proteste : "Vingt ans qu'on nous demande de renoncer à nos revendications salariales, pour rentrer dans la zone euro, pour favoriser le boom économique, pour accueillir les Jeux olympiques ! A chaque fois on nous promettait un avenir meilleur, et maintenant on veut réduire nos salaires".

L’entrée de la Grèce dans l’Union économique et monétaire en 2001 avait effectivement été annoncée comme un important vecteur de développement mais le pays connaît encore aujourd’hui une importante dette publique et des difficultés d’autonomie financière. Le constat est affolant : Une inflation de 2,4% en janvier et une production industrielle en recul de 7,6% en décembre, des investisseurs et des actionnaires qui se retirent chez les voisins européens et pour finir, une baisse de 17% des exportations grecques, de 29,3% des importations en 2009 ; un exemple simple : à cause du niveau de l’euro, il revient moins cher à la Grèce d’importer des olives que d’en produire…c’est dire !

Ce triste bilan témoigne malheureusement qu’en temps de crise, l’euro ne sert à rien. Et pourtant, l’union européenne, et dernièrement Angela Merkel, estiment nécessaire la mise en place d’un « gouvernement économique des vingt-sept » ; mais la Grèce, déjà désavantagée par un euro cher et des voisins plus compétitifs qu’elle, bénéficiera difficilement d’un gouvernement économique européen global et commun à tous les pays de l’Union…

Car l’Union européenne, c’est  27 économies qui ont des besoins différents, des enjeux différents et des résultats différents.

Jacques Sapir, économiste et directeur du centre d'études des modes d'industrialisation, qualifie quant à lui l’euro d’outil politique pour instaurer un super Etat européen et non pas d’outil économique. Pour lui, un gouvernement économique global européen vise à terme des zones économiquement homogènes, et donc un décalage injuste entre les différents pays de l’Union.

Le président du Mouvement Pour la France et député européen Philippe de Villiers (Vous avez aimé les farines animales, vous adorerez l'euro, Albin Michel, 1999 ) avait prévenu en 2000 qu’avec l’Euro, l’Europe pouvait faire le deuil de la croissance. Il avait comparé l’inflation, la croissance et le taux de chômage de plusieurs pays différents qui affichaient des résultats très divergents. Pourquoi ? Parce que chaque pays a une productivité différente et que par ce fait, les pays de l’Union européenne ne peuvent avoir une même monnaie.

Il est vital pour la Grèce que l’Etat développe les exportations en diminuant les importations et pour cela il doit se développer sur le plan de sa logistique et sur le plan structurel afin de pouvoir exploiter prioritairement ses ressources naturelles et humaines. Ainsi, la Grèce ne pourra sortir rapidement de la crise qu’en favorisant ses propres ressources et ses propres investissements et non pas en s’alignant sur un gouvernement économique des vingt-sept dans lequel elle partira perdante. Le pays ne pourra sortir de la crise que si l’Union européenne s’adapte à lui, pas l’inverse.

Philippe de Villiers citait Milton Friedman quand il disait : « la monnaie, c’est comme un costume. On l’ajuste, elle s’adapte. » Ce n’est pas l’Europe qui va abandonner les grecs c’est l’Euro qui les abandonnera.


Source : Mpf.pourlafrance.fr


ndlr/titre : Procuste est devenu le symbole du conformisme et de l'uniformisation. On parle couramment de « lit de Procuste » pour désigner toute tentative de réduire les hommes à un seul modèle, une seule façon de penser ou d'agir, et de « Procuste » pour leur auteur.

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