L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
Jeudi 2 Septembre 2010
Actualité

L’euro cher, le boulet de l’Europe


Près de 1,5 dollar l’euro : loin de menacer la reprise mondiale, la baisse de la monnaie étasunienne représente surtout une calamité pour les pays de la zone euro, qui risquent de voir leur reprise économique réduite à pas grand-chose du fait de la cherté de la monnaie unique.



L’euro cher, le boulet de l’Europe

L’euro cher, encore et toujours

Michel Aglietta affirme qu’à parité de pouvoir d’achat, l’euro devrait coter 1,07 dollars, ce qui est confirmé par les analyses de The Economist. Cela signifie donc qu’aujourd’hui, l’euro est surévalué de 40% par rapport au dollar. En clair, un bien produit dans des usines ayant la même productivité coûte 40% plus cher dans la zone euro que s’il était produit outre-Atlantique, ce qui laisse beaucoup de marges pour payer le transport, au détriment des industriels européens…


Pire, cette situation n’est pas limitée au dollar. La Grande Bretagne a laissé la livre se déprécier de 30% par rapport à l’euro depuis le déclenchement de la crise. Et le lien entre le yuan chinois et le dollar fait que la dépréciation du second par rapport à l’euro se transmet au premier… Enfin, plusieurs monnaies d’Europe de l’Est ont vu leur cours baisser par rapport à la monnaie unique. En clair, la zone euro présente la particularité de voir le cours de sa monnaie monter fortement pendant la sortie de la crise.


L’euro contre la reprise


Si l’euro est aussi cher, c’est la conséquence de la politique monétaire relativement plus restrictive de la BCE par rapport à celles de la Banque d’Angleterre et de la Fed étasunienne et d’un laissez-faire absolu des pays de la zone euro vis-à-vis de la politique de change. Nul doute que si la politique monétaire de la BCE était également fonction du taux de change de l’euro, alors, la monnaie unique ne serait pas aussi chère. Malheureusement, le seul objectif de la BCE est l’inflation…


Du coup, sa politique présente un biais monétariste qui rend l’euro trop cher. Les conséquences sont simples. Le cours trop élevé de l’euro pousse les industriels à délocaliser un maximum d’activités de la zone pour baisser leur coût de production. Ainsi, Renault, Peugeot et Citroën ont délocalisé de France la production d’un million de véhicules de 2004 à 2009, essentiellement dans des pays à bas coûts. De même, Airbus utilise de plus en plus de fournisseurs étasuniens…


Il ne faudra pas être surpris si en 2010, on se rend compte que la reprise économique est plus faible dans la zone euro qu’aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. La politique monétaire de la BCE continue d’être le boulet de nos économies. Jusqu’à quand ?


Laurent Pinsolle


Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/10/16/la-faib...

http://www.leap2020.eu/GEAB-N-38-est-disponible!-Crise-sy...





http://www.leap2020.eu/GEAB-N-38-est-disponible!-Crise-sy...





http://www.leap2020.eu/GEAB-N-38-est-disponible!-Crise-sy...





http://www.leap2020.eu/GEAB-N-38-est-disponible!-Crise-sy...





Lundi 19 Octobre 2009
L'Observatoire de l'Europe

Lu 1934 fois


Nouveau commentaire :

Les commentaires sont bienvenus. Ils sont modérés et ne doivent évidemment comporter aucun propos grossier, raciste ou diffamatoire.

Dans la même rubrique :

Lellouche s'oublie - 29/05/2010

Très cher Président - 01/11/2009

Mémoire collective - 07/10/2009

Lisbonne aux forceps - 05/10/2009

1 2 3 4 5 » ... 8

Actualité | Analyse | Tribune | Document

Logo (300x300px) pour vos sites & blogs


Les contribuables européens alimentent un budget de l'Union d'environ 120 milliards d'euros par an, dépensé à 95% en subventions de toutes sortes. Cet argent est-il bien distribué ? Est-ce l'Europe que nous voulons ?