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L'UMP rejoint le PS pour le 'oui', tandis que le 'non' gagne encore des points


"Il était temps !" a commenté le premier secrétaire du PS François Hollande. Une seule motion aura été défendue lors du conseil national de l'UMP consacré à la Constitution européenne, celle du "oui" rédigée par Nicolas Sarkozy. Comme dans toute élection où il n'y a qu'un candidat, l'unique motion a logiquement recueilli 90,8% des suffrages exprimés, 20% de plus que lors du vote du 9 mai où les tenants du "Non" avaient défendu leur propre motion européenne. Cette fois, ils ont été très discrets et ont décidé de ne plus faire la campagne européenne au sein de l'UMP.




L'UMP rejoint le PS pour le 'oui', tandis que le 'non' gagne encore des points
La Turquie au coeur du débat constitutionnel

La réunion des 2.500 membres du Conseil national de l'UMP ce dimanche donne le coup d'envoi de la campagne du "Oui" du parti majoritaire. Dans son intervention, le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy a tenté de convaincre les militants de séparer la question Turque de la question constitutionnelle, autrement dit de dire "oui" à l'architecture même s'ils ne sont pas d'accord avec la surface...

« Il était temps que l'UMP proclame son adhésion franche à la Constitution européenne », s'est réjoui François Hollande dans un entretien publié lundi dans «Le Parisien/Aujourd'hui en France». « Et que Nicolas Sarkozy renonce à l'obscurcir par le rappel incessant de la question de l'adhésion de la Turquie », ajoute-t-il, précisant que cette question «ne se posera pas avant dix ou quinze ans ».

Il est vrai que malgré l'hostilité du parti à l'entrée de la Turquie dans l'Union maintes fois affirmée, le Président de la République évoque lui-même la Turquie à chaque fois qu'il intervient au sujet de la Constitution européenne et la France entière a vu cette photo de Monsieur Erdogan, Premier ministre Turc, parapher le Traité constitutionnel le 29 octobre à Rome... C'est d'ailleurs au moment de donner le feu vert aux négociations d'adhésion avec la Turquie, que les vingt-cinq signaient ce Traité constitutionnel qui ne délimite pas l'Europe, au contraire du Traité de Nice, et dont les racines chrétiennes ont été soigneusement évincées. Personne, après tout cela, n'imagine sérieusement que l'on pourra dire Non à la Turquie au terme de quinze années de négociations...

Il aura donc fallu tout le talent oratoire du Président de l'UMP pour contredire l'évidence et, devant les cadres du Parti, cela a bien fonctionné. Nicolas Sarkozy a expliqué que la révision constitutionnelle intervenue lundi permettrait « à chaque Français de répondre sereinement à la seule question qui lui sera posée lors du référendum », comme le dit le texte de sa motion, soumise au vote en début d'après-midi.

Comme à chaque conseil national de l'UMP, le discours de clôture devait être celui du premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy devant reprendre une dernière fois la parole pour dévoiler le slogan et les affiches d'une campagne dont le maître mot sera : «proximité»... Tout le contraire de l'Union européenne.

Une seule motion aura été défendue lors du conseil national de l'UMP consacré à la Constitution européenne, celle du "oui" rédigée par Nicolas Sarkozy qui a recueilli quasiment 91% des suffrages exprimés. Alors présidée par Alain Juppé, les cadres de l'UMP avaient déjà voté - mais à 71,8% seulement - en faveur de la motion européenne favorable à la Constitution, le 9 mai 2004.
Où sont passés les 20 points perdus ? Les partisans du Non du parti avaient décidé de ne plus faire la campagne européenne au sein de l'UMP mais de prendre le large. Aucune motion du "Non" n'aura été déposée et soutenue, pas plus qu'il n'était question de prendre part au vote. « Maintenant que le président de la République a convoqué le référendum, c'est directement devant les Français que nous allons poursuivre le débat », a justifié (au Figaro) l'un des députés UMP du Non, Nicolas Dupont-Aignan.

Pendant ce temps, le "Non" monte

AFP - 58% des Français pensent qu'ils voteront oui au référendum sur la Constitution de l'Union européenne, le 29 mai, alors qu'ils étaient 61% à le penser il y a un mois, selon un sondage Ifop, paru dans le Journal du dimanche daté du 6 mars.
Selon ce sondage, 42% des Français pensent voter non, soit 3% de plus que lors d'un précédent sondage effectué début février. Toutefois, 42 % estiment qu'il est encore "trop tôt" pour se déterminer. 14% estiment qu'ils pourraient s'abstenir. Parmi les électeurs indécis, 40% penchent plutôt pour le oui (contre 42% en février), et 20% pour le non (contre 18% à la même période).

Le sondage a été effectué les 3 et 4 mars, auprès d'un échantillon de 882 personnes inscrites sur les listes électorales, issu d'un échantillon de 1.009 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Nicolas Sarkozy «fait voter non» à la Constitution européenne, se félicite Philippe de Villiers

AP - De son côté, le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers a estimé que le président de l'UMP Nicolas Sarkozy allait faire «voter non», en mélangeant la question de la Turquie à son «oui officiel» au référendum sur la Constitution européenne prévu le 29 mai.
«Nicolas Sarkozy annonce qu'il vote oui et qu'il pense non, car pour lui la question de la Turquie est essentielle», a déclaré Philippe de Villiers sur Radio-J. Il défend «un oui officiel» parce qu'il «ne peut pas faire autrement», mais il défend «un non officieux», notamment en répétant son rejet de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, a estimé le député européen.
«Sur la Turquie, il est très convaincant», a jugé Philippe de Villiers, lui aussi très opposé à l'adhésion d'Ankara. Le président du MPF a à nouveau souligné que le rejet du traité constitutionnel lors du prochain référendum permettrait d'interrompre les négociations d'adhésion qui doivent s'ouvrir à l'automne entre la Turquie et l'Union européenne.

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