Lundi 12 Mai 2008
6:09
Accueil

Inscrivez ici votre @dresse e-mail
 

http://www.observatoiredeleurope.com/download/15_points_pour_la_renegociation.pdf

L'ObsE en direct sur votre site/blog ? (clic gauche)
index.php?action=syndication



http://www.observatoiredeleurope.com/index.php?action=soumettre&type_soum=soum_annuaire&id_soum=1567


Home  >  TRIBUNE

TRIBUNE

L'Europe par la preuve


C'est bien connu : « l'Europe nous protège de la mondialisation débridée ». Et, précisent nos Diafoirus, plus d'Europe, ce serait encore plus de protection. S'il ne s'agissait de l'avenir de dizaines de milliers de salariés et de leurs familles, s'il ne s'agissait des besoins vitaux des millions de ménages, cela prêterait à rire, tant l'actualité vient d'illustrer à quel point cette antienne mérite de figurer parmi les plus mémorables escroqueries politiques de l'époque.



L'Europe par la preuve

Premier exemple, l’électricité. A la Libération, la France faisait le choix d’un service public, EDF, dont le monopole national avait permis un approvisionnement particulièrement fiable, bon marché et égalitaire. Mais, depuis plus d’une dizaine d’années, à l’instigation et avec le concours des gouvernements européens unanimes, la Commission s’emploie à changer le paradigme : seule la concurrence peut enfin apporter le bonheur au consommateur, sous la forme d’une baisse des prix. Le résultat est sans appel : les tarifs « libres » ont augmenté en France de 70%. Pour en arriver à ce brillant résultat, on a complexifié de manière extraordinaire la gestion des réseaux et créé les conditions d’un sous-investissement chronique tant en matière de production que de transport de courant. La marge de sécurité s’est progressivement réduite, au point qu’un incident, même mineur, peut entraîner des conséquences touchant des dizaines de millions de foyers, comme ce fut le cas le 4 novembre. Sous couvert de créer un grand marché intégré – le socle économico-idéologique de l’Europe – on a rendu les pays inextricablement dépendants les uns des autres. L’Europe nous protège. Brillante démonstration.

Les chantres de la déréglementation sont-ils au moins venus faire amende honorable – on n’ose même pas dire présenter des excuses ? Que nenni ! Dès le lendemain de la méga-panne européenne (sans précédent), le chef du gouvernement italien et ancien président de la Commission, Romano Prodi, a appelé de ses vœux la création rapide d’une « autorité commune européenne ». De son côté, le patron du groupe privé français Poweo n’a pas hésité à affirmer que l’incident « valide la pertinence de la création d’un marché européen interconnecté ». Un tel aplomb force l’admiration.

Deuxième exemple : le « marché du siècle » portant sur le renouvellement du parc ferroviaire de l’Ile de France, soit 4 milliards d’euros de fonds publics. Jusqu’à présent, la SNCF, société nationale, disposait d’une longue expérience de coopération avec le groupe français (un temps nationalisé) Alstom. Mais que pèse cette expérience (qui a notamment donné naissance au TGV) face aux règles sacro-saintes de la concurrence mondiale ? Pas grand chose, aux yeux de la présidente de la SNCF – ancienne ministre d’Alain Juppé – ou bien du président du Conseil régional – cacique du Parti socialiste. Soutenu par le second, la première a tranché : ce sera un groupe canadien qui bénéficiera de la manne publique. Tant Alstom que Siemens sont éjectés. L’Europe nous protège. Imparable illustration.

Dans cette « protection » à toute épreuve, on notera un détail rigolot : si la SNCF a procédé par appel d’offre, comme l’exigent les règles de l’OMC, le Canada n’a pas ces scrupules quand il s’agit d’équiper ses propres collectivités : il s’est attribué une exception aux dites règles, et a passé commande directement à son fournisseur national (du reste, les syndicats canadiens, légitimement, n’auraient pas toléré qu’il en fût autrement). Il est vrai que le Canada est représenté à l’OMC par le ministre… canadien. La France est représentée dans ce noble organisme par… le commissaire britannique Peter Mandelson. En l’espèce, c’est du reste le ministre des transports français lui-même qui, brûlant la politesse à la direction de la SNCF, a annoncé la « bonne nouvelle ». Preuve, s’il en était besoin, d’une décision très politique.

Oh, certes, les uns et les autres font valoir qu’« une part » de la charge de travail sera réalisée en France. Mais la délocalisation en Europe de l’Est ? Mais le manque à gagner en emplois non créés ? Mais, surtout, la maîtrise nationale, industrielle et technologique, pour l’avenir ? Questions sensibles, au point d’avoir semé le trouble au sein même des députés UMP. Hervé Mariton, proche de Dominique de Villepin, a été envoyé au front pour mettre à jour la définition du « patriotisme économique », qui, désormais, ne consiste pas à « faire vivre les entreprises dans l’illusion », mais à « leur donner les armes pour gagner et les rendre plus compétitives ». Manière d’affirmer qu’Alstom n’était pas compétitive, ce qui a dû faire rougir de plaisir les services de la Commission européenne qui, pendant des années, se sont chargés de faire rendre gorge à la dite entreprise du moindre fond public – le groupe a failli n’y pas survivre. Avec l’actuel gouvernement, non seulement il n’aura pas d’aides publiques, mais pas non plus de marché public.

Mais, puisque M. Mariton a jugé bon d’évoquer la compétitivité, on pourrait lui poser la question : sachant d’une part que la différence de prix entre le Canadien et le Français était d’environ 10% ; et, d’autre part, que l’euro a vu son cours grimper de plus de 40% depuis janvier 2001 (et de 9% rien que depuis janvier 2006), de combien Alstom aurait-il été moins cher si la France n’avait largué le franc au profit de la monnaie unique ?
L’euro nous protège. C’est également ce que l’actualité vient de prouver pour Airbus. Pris entre les exigences de rentabilité à court terme des actionnaires, et la surévaluation de l’euro face au dollar, la direction de l’avionneur européen est en train de préparer des milliers de suppressions d’emplois, notamment chez les sous-traitants.

Energie, ferroviaire, aéronautique… Le couple UE-OMC présente décidément un bilan brillant. Si, si. Par exemple, mi-novembre, le cours boursier d’Alstom a gagné 3,37%, après l’annonce du bénéfice du groupe : + 67% au premier semestre 2006/07. Au fond, quand les acteurs du CAC 40 affirment que « l’Europe nous protège », ils ont raison. Elle les protège.

Comme dirait Ségolène Royal, c’est l’Europe par la preuve.

Vanessa Ikonomoff,
La Lettre de Bastille République Nations, numéro 26, 5 décembre 2006


Lundi 18 Décembre 2006
Lu 5898 fois

AccueilAccueil    Envoyer à un amiEnvoyer à un ami    ImprimerImprimer    Taille +Taille +    Taille -Taille -

ACTUALITE | TRIBUNE | DOCUMENT | REFERENDUM | CAMPAGNE DU NON

Dans la même rubrique :
La douleur du membre fantôme

Après Lisbonne, quelle défense pour quelle politique étrangère ?

EADS et Airbus au service du bloc atlantique ?

Une spéculation d’avenir : l’élevage du baudet du Poitou

Le Traité Européen détruit la démocratie et instaure le féodalisme

Indépendance du Kosovo : la boîte de Pandore des séparatismes ethniques ?

Traité européen : que s'est-il passé ?

Les élites françaises : cyniques ou stupides ?

Le mépris des principes est la cause des malheurs publics

Le songe européen d'Attali

Le Parlement peut-il désavouer le peuple ?

La France sans pouvoirs publics ?

«L’Europe de Sarkozy est antidémocratique»

Jean-Louis Bouche d'Or

Jean-Louis Bouche d'Or - 17/12/2007


Un 'double coup d'Etat'

Gagner plus ? Trois obstacles.

L'ethnicisme contre la nation

Le peuple victime d'un vice du consentement ?

L’éternel retour du ouisme

Non à une Constitution « bis » !, par Jean-Pierre Chevènement

'Seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils'

L'eurocrate, le souverainiste et le plombier polonais

Haute trahison

Haute trahison - 17/10/2007


Les Parlements nationaux, grands perdants du futur traité européen

Fédéralisation de l'Europe : après le camouflet, le camouflage

'Une forfaiture qui dénie le suffrage universel'

La France face à la question belge

Turquie : le reniement

Turquie : le reniement - 30/08/2007


Un 'coup d'Etat constitutionnel'

Un mauvais coup contre le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes

A la veille du sommet de Bruxelles, l'Europe que les peuples demandent

Incorrigible Parlement européen !

Derrière la Constitution européenne, d’autres menaces se précisent

La nouvelle présidence sous oriflamme européiste

Pays-Bas : la tentation gaulliste

L'Union européenne : ils la changent ou on la quitte

Le protectionnisme européen au coeur du Non

Airbus/Eads : comment on en est arrivé là

La laïcité menacée par les textes de l’Union européenne

Bilan d’un euro cher

Bilan d’un euro cher - 08/03/2007


Bon courage, l’Europe !

Pourquoi nous lançons un défi public à l'intégrisme libre-échangiste

L’architecture du bloc euro-atlantique

Paneurope et souveraineté nationale, deux concepts antinomiques

Le vote du 29 mai sera pulvérisé d'ici à 2009

La leçon oubliée de Friedman

L’édification de l’Europe par l’intoxication des lycéens

Immigration : le coût de l'irresponsabilité

L'avenir de la souveraineté populaire

Moyen-Orient : comment l'Europe nous réduit à l'impuissance

Chronique d'un coup d'Etat annoncé

'On nous présente toujours l'Europe comme la solution aux problèmes qu'elle pose'

Le patriotisme économique est-il en train de bouleverser la mondialisation ?

Le Pentagone redessine le monde

Nos industries s'affranchissent de la nouvelle ligne Maginot européenne

Pour une grande réforme de l'Euro, par Jacques Sapir

L'ère démocratique est-elle finie ?

Proche-Orient : la position de la France est 'en train de s’imposer'

La France doit dénoncer la PESC et refuser de payer le chèque britannique

Montréal pris au piège du multiculturalisme

La souveraineté de la nation est-elle dépassée ?

Quelles garanties dans la Constitution française contre l'Europe supranationale ?

Bruxelles, ce Kremlin du XXIe siècle, par Paul-Marie Coûteaux

A quand l'ouverture vers une Europe démocratique ? par Georges Berthu

Un an après

Un an après - 29/05/2006


Faut-il importer le multiculturalisme en France ?

De l'Europe des nationalités à l'Europe des tribus

Accès de corporatisme supranational

Redire un « non » qui n’a pas été entendu

La France selon Nicolas Sarkozy

Sens et perspectives du Non

La 'préférence européenne' relancée par le Prix nobel d'économie Maurice Allais

Europe : en finir avec le défaitisme, par Hubert Védrine

Rien appris, rien compris...

'Par delà la grande diversité des expressions politiques, il y a une pépite qui nous appartient à tous'

Le débat sur l'avenir de l'Euro n'est plus tabou

Pour un Non d’espérance : l'Appel des parlementaires UMP du non

Ne devenons pas 'aquabonistes'

Appel des juristes pour le Non

Le mythe de l’Europe puissance

Quinze propositions pour une Europe des démocraties : adresse au Président de la République

'Ce qu'ils redoutent, c'est le réveil des peuples', Marie-France Garaud

L'Europe divine, par Jean Baudrillard

'Renonçons à la Constitution européenne et lançons un véritable débat sur l'avenir de l'Europe'

Pour construire une autre Europe

La preuve

La preuve - 17/05/2005


Qui sont et où sont les bons européens ?, par Paul Thibaud, Philosophe

Aveuglement, par Maurice Allais, Prix nobel d'économie

La fin de la diplomatie française

Pourquoi on en prend pour cinquante ans

Renégociation : ce n'est pas qu'ils ne peuvent pas, c'est qu'ils ne veulent pas

Les projets politiques sous-jacents, par Georges Berthu

L'heure est au choix radical, par Elizabeth Montfort

10 affirmations du 'oui' passées au crible

Comment le Non peut tout changer

Que restera-t-il des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ?

Cinq fois Non ! par Anne-Marie LE POURHIET, professeur de droit public

La géopolitique secrète de la 'constitution' européenne

Cinq fois non !, par Anne-Marie Le Pourhiet

Ce que nous aurions demandé à Jacques Chirac

'Vers une Europe sociale' ? Réponses aux mensonges du 'oui' - Fiche n°3

Pour une Europe lumière du monde, par Nicolas Dupont-Aignan

Les 'vérités' successives de Michel Barnier, par Philippe de Villiers

'Un débat sans rapport avec la Turquie' ? Réponses aux contre-vérités du 'oui' - Fiche n°2

Si la France reprenait la main...

Cette mauvaise constitution révèle un secret cancer de notre démocratie

'Une Europe plus démocratique' ? Réponses aux contre-vérités du 'oui' - Fiche n°1

Du bon usage du Non, par Jean-Pierre Chevènement

Turquie : c'est le 29 mai ou jamais.

Les enfants d'Europe méritent-ils ça ?

'Le Président ne sera plus que le fantôme d'une République évanouie'

Un super-Etat contre la Démocratie ?

Qui veut de la post-démocratie ?, par Anne-Marie Le Pourhiet

'Le pays qui dira Non imposera sa voix en Europe'

Pourquoi il faut voter Non le 29 mai

Comment la Constitution européenne prépare l'adhésion de la Turquie

Pourquoi voter 'Non' à l'entrée de la Turquie

'Nous lançons aujourd’hui la chaîne du Non pour une France qui veut vivre !', Nicolas Dupont-Aignan remonte sur son cheval...

Jacques Myard prend date : 'Le prochain Président sera souverainiste ou ne sera pas ! '

Bolkestein : la preuve

Bolkestein : la preuve - 04/03/2005


L'Union des illusionnistes, par Max Gallo

Le très populaire Président de la République Tchèque s'engage pour le 'Non'

La Constitution européenne et le libre-échangisme

La Constitution européenne consacre les bases juridiques de la Directive Bolkestein


L'Union européenne contrôlée par la Turquie et l'Allemagne ?

Les parlements nationaux sont-ils en train de se saborder ?

'Bruxelles veut-il créer de l'irréversible ?' par Philippe de Villiers

Révision : députés et sénateurs ont commencé à transformer la Constitution française en Règlement intérieur

Le 'consentement de la France' et l'incessante dérive de la jurisprudence communautaire

Ne m'appelez plus jamais 'Europe' !

Débat Lang-Villiers : du oui-oui au non-non

Turquie et constitution européenne sont une seule et même question

7 raisons de voter Non

7 raisons de voter Non - 18/01/2005


Plaidoyer de Nicolas Dupont-Aignan contre l'entrée de la Turquie et la constitution européenne


Les pièces de l'engrenage institutionnel en marche

Dire non à l'impuissance et la vassalisation des nations européennes

Europe : pourquoi l'UMP ne doit pas laisser partir les gaullistes

Moyen-Orient : le monde attend la France

Sauvons l'Europe de la folie fédérale