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L'Europe intégrée au secours du voile intégral



L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe vient de se prononcer contre une interdiction générale du port du voile intégral ou d'autres tenues religieuses, comme l'envisage le gouvernement français. Elle invite également la Suisse à abroger "dès que possible" l'interdiction de construire des minarets, qui a été approuvée le 29 novembre dernier par référendum et qu'elle juge contraire à la Convention européenne des droits de l'homme. Rappelons que la Charte des droits fondamentaux, à laquelle le traité de Lisbonne donne force obligatoire et qui prime sur le droit national même constitutionnel, permet la manifestation de ses opinions religieuses y compris en public. On voit mal comment la Cour européenne de Strasbourg (CEDH) ou celle de Luxembourg (CJUE), qui appliquent les traités que les gouvernements ont signés et les parlements ratifiés, ne donnerait pas rapidement raison à une plaignante musulmane qui aurait été verbalisée pour port du niqab dans l'espace public. Sauf à opposer des arguments objectifs et étayés liés à l'ordre public et à la sécurité, la question de la construction de minarets, comme celle des prières du vendredi sur la voie publique en plein Paris ou ailleurs (la Charte européenne vise expressément l'accomplissement des rites), se poseront un jour exactement dans les mêmes termes aux juridictions européennes. Puissions-nous alors ne plus nous satisfaire de rejeter la faute sur "Bruxelles" ou "Luxembourg", et nous demander publiquement qui a bien pu accepter, signer et ratifier tous ces traités qui défont la France.




L'Europe intégrée au secours du voile intégral

"L'interdiction générale du port de la burqa et du niqab dénierait aux femmes qui le souhaitent librement le droit de couvrir leur visage", affirme une résolution adoptée à Strasbourg, par 108 voix, dont celles des Français, et quatre abstentions.
"Elle pousserait les familles et la communauté à faire pression sur les femmes musulmanes pour qu'elles restent chez elles et se limitent à entretenir des contacts avec d'autres femmes", ajoute le texte.
"Aucune femme ne devrait être contrainte de porter une tenue religieuse", précisent cependant les parlementaires.

Ils estiment que l'interdiction du voile intégral ne peut se justifier que "pour des raisons de sécurité ou lorsque les fonctions publiques ou professionnelles d'une personne lui imposent de faire preuve de neutralité religieuse ou de montrer son visage".

L'interdiction du port du voile intégral fait actuellement l'objet de projets de loi en France et en Belgique.
En France, le texte gouvernemental, vivement contesté par l'opposition socialiste qui prône une interdiction limitée aux lieux publics, sera examiné en séance publique par les députés à partir du 6 juillet prochain et au Sénat le 7 septembre.

La commission des Lois de l'Assemblée nationale a adopté mercredi ce projet de loi.Le Conseil d'Etat a émis des réserves, dans un avis consultatif, sur une interdiction totale. "Ce que nous proposons est tout à fait conforme avec ce que dit le Conseil d'Etat", a estimé, à Strasbourg, le socialiste danois Mogens Jensen, rapporteur du projet de résolution sur "L'Islam, l'islamisme et l'islamophobie en Europe".

Quant à la construction des minarets, elle ne devrait être soumise, comme celle des clochers, qu'aux règles "de sécurité publique et d'urbanisme", estiment les parlementaires.

La résolution, qui prend comme postulat que l'islamisme et l'islamophobie se renforcent mutuellement, estime que l'un et l'autre doivent être combattus par le dialogue, l'éducation interreligieuse et l'intégration des migrants musulmans.


Source : Reuter

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