L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
Vendredi 12 Mars 2010
Actualité

L'Europe essaie de se souvenir de ses racines chrétiennes


Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a insisté sur les racines chrétiennes de l'Europe, dans un discours prononcé lundi à Paris, à l'occasion d'un colloque de l'Alliance française. "Les deux premiers moment d'unification européenne ont été, d'abord, la Chrétienté latine du Moyen-Age, puis la République des Lettres du 18e siècle", a-t-il affirmé. Une façon de tenter de faire oublier que l'Union européenne vient d'ouvrir un 12ème chapitre de négociation pour l'adhésion d'un pays de culture islamique (la Turquie) et s'est dotée, depuis le 1er décembre avec le traité de Lisbonne, d'une Charte des droits fondamentaux constituant à cet égard un puissant levier pour le communautarisme religieux en tant qu'elle protège le droit de "manifester sa religion" même "collectivement" et "en public" (...) "par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites" (article 10). Un beau discours, tout de même, du Président du Conseil.



L'Europe essaie de se souvenir de ses racines chrétiennes

"Du 12e au 15e siècle, la chrétienté latine était unie religieusement et donc culturellement. Partout en Europe, la foi chrétienne structurait la vie quotidienne. Pensez aux prêtres qui célébraient la même liturgie dans la même langue (...). Partout, les gens de culture utilisaient le Latin et disposaient des mêmes références intellectuelles. (...) Partout, les écoles et les universités avaient le même programme. Partout, dans les arts plastiques, la tapisserie et la peinture, l'inspiration venait des mêmes modèles", a-t-il détaillé.
 
La Renaissance, suivie du Siècle des Lumières constitue le deuxième mouvement d'unification européenne, selon M. Van Rompuy. Mais ici aussi, le président du Conseil européen insiste sur l'aspect chrétien de l'héritage.
 
"On oublie souvent que la Renaissance, la science et la philosophie modernes, sont nées dans un cadre chrétien. A part quelques exceptions, dont Galilée, avec le consentement de l'Eglise. La raison se développa avec Saint Thomas d'Aquin au 13e siècle, qui redécouvrit Aristote, un penseur non-chrétien", a-t-il dit.
 
Dans son discours, qui porte sur plusieurs autres questions culturelles, M. Van Rompuy évoque aussi la tension, inhérente à l'Europe, entre la défense de la diversité et la prétention à l'universalité. "D'un côté, nous sommes les héritiers d'une grande diversité culturelle et linguistique. De l'autre, nous sommes les défenseurs de valeurs universelles des droits de l'homme et de la démocratie, ainsi que les promoteurs de la science et de la technologie", note-t-il.
 
Cette tension touche selon lui à l'identité même des citoyens et des Etats européens. "Les Etats membres de notre Union veulent être ensemble. Ils ne veulent pas être un. (...) En tant que président du Conseil Européen, je m'efforcerai donc de bien gérer cette tension entre l'unité et la diversité, tant sur le plan politique, que sur le plan culturel".
 
Dans une anecdote introductive, Herman Van Rompuy revient également sur son propre apprentissage du français, "dans la rue". "Mes parents étaient flamands et m'ont élevé dans leur langue. Toutefois, pour jouer dans la rue avec les garçons de mon âge, il fallait bien que je me débrouille en français. C'est ainsi que, avant de devenir la langue de Voltaire, au collège, le français était pour moi la langue des terrains de football", a-t-il raconté.
 
Le discours intégral est disponible sur internet à l'adresse http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsïData/docs/pressdata/fr/ec/112540.pdf. (avec l'agence Belga)

Mercredi 27 Janvier 2010

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