L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Fondé en 2005 - Plus de 2 400 articles en accès libre

Irlande : le non en tête dans un sondage, mais rien n'est joué



A six jours du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, le "non" est pour la première fois en tête d'un sondage réalisé à l'échelle nationale. Selon une étude de l'institut TNS/mrbi pour l'Irish Times, le "non" est en effet crédité de 35% des intentions de vote contre 30% pour les partisans du "oui". Les indécis représentent 28% des 1.000 personnes interrogées. Ils sont par ailleurs 7% à dire qu'ils ne voteront pas le 12 juin. En trois semaines, précise l'institut, le camp du "non" a plus que doublé. Les partisans du traité reculent, eux, de cinq points.




Irlande : le non en tête dans un sondage, mais rien n'est joué

Mercredi dernier, le tabloïd The Sun avait publié (page 6) un sondage réalisé à Dublin auprès de 501 personnes, au terme duquel 39% s'apprêtaient à voter "non", 31% à voter "oui" et 30% d'indécis. Mais rien n'est joué : on attend pour ce week-end un sondage qui donnerait le "oui" en tête. (Lire ici l'article du 8 juin )

Le "non" est défendu en Irlande par diverses personnalités et associations dont la campagne est particulièrement efficace. Les adversaires irlandais du traité dénoncent des failles dans le texte signé à Lisbonne qui, expliquent-ils, font courir à l'Irlande le risque de perdre le contrôle notamment en matière de fiscalité, de commerce, ou de moeurs - sur l'avortement par exemple - et menacent sa neutralité militaire.

"Il faut bien laisser plâner quelques illusions"

L'Irish Farmers Association, dont les leaders suivaient au départ leur base très hostile au traité (et au Commissaire Peter Mandelson), s'est finalement ralliée, le 3 juin, au camp du oui après discussions avec le gouvernement irlandais. Ce dernier a fini par promettre d'opposer un veto sur l'importation de viande et de lait, faute d'accord acceptable à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Or, il n'y a évidemment pas de veto des Etats-membres à l'OMC en matière agricole, puisque c'est l'Union qui négocie en leur nom.  "Il faut bien laisser planer quelques illusions", avoue un fonctionnaire français (Le Monde, 6 juin)  

A Bruxelles, on retient son souffle et on a décidé d'ajourner au lendemain du référendum les sujets qui fâchent les Irlandais, comme l'harmonisation de la fiscalité européenne, la défense européenne ou la politique agricole commune.

En cas de "non" irlandais, la stratégie est claire : "on négocie quelques opt outs avec l'Irlande et on soumets le même texte" avoue-t-on à la représentation permanente de la France auprès de l'UE. C'était également la conclusion d'une rencontre la semaine dernière à Bruxelles entre le Président de la délégation pour l'Union européenne à l'Assemblée, Pierre Lequiller, et son homologue allemand.

Autrement dit, le pays qui dit "non" se trouve en position de force pour renégocier... En Irlande où le référendum est obligatoire, cela ne fait pas de doute, puisqu'il faudrait revenir devant le peuple irlandais avec un texte nouveau ou en tous cas amendé.



Notez
Lu 6723 fois


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 9

A la Une | On avait pourtant dit Non | Analyse | Tribune | Document | En bref | Référendum 2005 | Souvenons-nous