L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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Information contre propagande, par Paul-Marie Coûteaux


Ce dont on parle aujourd'hui à travers France et Navarre, plus encore que d'Europe, c'est de l'omniprésence de la propagande. Opposons lui l'information : les révélations qu'a apportées à beaucoup l'affaire Bolkestein quant au véritable ressort de l'U.E. montra qu'il est toujours possible de faire oeuvre d'information et de pédagogie.




Information contre propagande, par Paul-Marie Coûteaux

Editorial de "l'Indépendance", numéro d'avril 2005

Cette année, les feuilles mortes tombent au printemps : depuis que s'est engagée la campagne du "non", les grands arbres de la nomenklatura française, ou franco-européenne, se trouvent légèrement décoiffés : il y eut ce que ces Messieurs appellent un "signal fort", l'éviction d'Edwy Plenel, ci-devant directeur du Monde, naguère encore tout puissant en ville et désormais victime emblématique des difficultés que rencontre une presse officielle si truffée de propagande qu'elle est progressivement privée de lecteurs.

Tomba ensuite la couronne de Bernard Thibaut, patron de la CGT sèchement désavoué par sa base, laquelle lui imposa un "non" sans nuance qui lui donne pâle figure parmi ses pairs empesés de la Confédération européenne des syndicats, l'un des plus sûrs piliers du fédéralisme européen. Fin février, 93 % des notoires, réunis en Congrès à Versailles votèrent une révision constitutionnelle qui visait à faire place à l'auguste Constitution européenne : las ! Tous les sondages montrent désormais que ce pauvre texte ne ralliera sans doute pas la moitié des suffrages exprimés ni le tiers des inscrits.

Désavoeu aussi du "principal" syndicat agricole dont le Président Lemétayer s'est prononcé pour le “oui” contre les deux-tiers des agriculteurs. Journaux, radios et télévisions sont actuellement harcelés par des lecteurs ou auditeurs qui, lassés du ouiouisme général des rédactions, s'en prennent avec véhémence aux grands manitous des medias dont ils découvrent qu'ils sont davantage des organes de propagande que d'information, “service public” compris.

Partout les masques tombent : se découvre une sourde révolte populaire contre ce que Pascal nommait “les Grandeurs d'Etablissement”, ces appareils politiques, médiatiques et syndicaux qui mènent la France à la catastrophe et les Français en bateau sur fonds de bons sentiments et autres berceuses à la mode. Malaise social, malaise culturel, malaise politique, le malaise est si général que les plus pacifiques de nos compatriotes en viennent à souhaiter que le Non l'emporte et que l'Europe trouve de meilleures bases faute de quoi le printemps frondeur pourrait bien glisser vers une crise des plus chaudes...

Que se passe-t-il ? Une chose simple : les Français comprennent la dialectique de la souveraineté ; ils voient bien qu'en perdant la souveraineté nationale, ils perdent mécaniquement la souveraineté populaire et tout ce qu'elle a permis, les droits politiques, culturels (combien importante la question de la langue ou celle des droits d'auteur aujourd'hui en péril...), les droits sociaux enfin, pulvérisés par de puissantes féodalités trop heureuses, en se débarrassant des nations, de se débarrasser aussi des peuples et de leurs droits.

Or, les peuples ne sont pas si bêtes et malgré les déluges d'une propagande si énorme qu’elle finit par taper à côté (que valent des arguments comme "L'Europe, c'est la paix", comme si nous voulions la guerre ou bien "le non nous privera des jeux olympiques", et autres fariboles !...), ils perçoivent peu à peu les ressorts d'une mécanique en réalité dirigée contre l'existence même de la politique, laquelle est d'abord protection du faible contre le fort.

Mensonges

Ce dont on parle aujourd'hui à travers France et Navarre, plus encore que d'Europe, c'est de l'omniprésence de la propagande. Opposons lui l'information : les révélations qu'a apportées à beaucoup l'affaire Bolkestein quant au véritable ressort de l'U.E. (une affaire que L'Indépendance se flatte d'avoir la première révélée et qui fut aussitôt reprise par Philippe de Villiers assénant de jolis coups à l'empailleté Jack Lang dans un débat publié peu après par le Figaro) montra qu'il est toujours possible de faire oeuvre d'information et de pédagogie. Telle est bien la mission que L'Indépendance poursuit avec un numéro "spécial référendum" qui ce mois-ci encore lance dans la campagne de nouvelles informations exclusives (cf. ci-contre).

Dès nos premiers numéros, par exemple lors de l'affaire Patrick Bourrat, ce journaliste de TF1 malencontreusement renversé par un char américain, nous avons choisi de servir la cause des journalistes, tous plus ou moins directement soumis à de terribles pressions. Vint en 2003 la troublante affaire des journalistes réfugiés à l'hôtel Palestine de Bagdad et visés par un char américain ; puis aujourd'hui l'affaire Sgrena, nom d'une journaliste italienne qui faillit payer de sa vie sa volonté d'aller sur le terrain sans reprendre sous la dictée les "informations" de l'occupant en Irak (cf. page 15).

Aujourd'hui, le beau geste d'Isabelle Aubenas, cette journaliste de Libération qui fut l'une des premières à dénoncer les conditions faites par Washington aux prisonniers de Guantanamo, et qui eut le courage de dédaigner les douteuses protections militaires, montre que la volonté d'informer librement perdure dans une profession plus nécessaire que jamais à la liberté du monde. Nous nous joignons à la campagne en faveur de sa libération et demandons aux journalistes d'avoir à son exemple le courage d'informer librement, de refuser les mensonges, de préférer les faits aux slogans. Faites comme nous : n'ayez pas peur !

Information contre propagande, par Paul-Marie Coûteaux
Au sommaire de l'Indépendance ce mois-ci :

> V. Klaus, Président tchèque :
« Pourquoi je ne signerai pas » p. 2
> Nouvelles révélations
sur la gabegie bruxelloise p. 3
> La directive Bolkestein
inspirée par les députés européens
(dont les UMP/PS) p. 9


Entretiens :
> Mgr Brincard, évêque du Puy : « l’épiscopat ne peut pas donner une consigne de vote » p. 13
> « Pourquoi je vote NON » : J-L Cazettes, Président de la CGC p. 9

Les Souverainissimes
> Véronique Besse (MPF)
et Georges Hage (PCF) p. 19


Dossier :
> Vers la victoire ! page 9
> Les sondages confirment les uns après les autres la progression du Non. Afin de l’accentuer, nous publions une série de fiches sur la “Constitution” et des messages des principaux porte-paroles du Non.

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288, boulevard Saint-Germain - 75341 Paris 07

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