L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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Français, vous êtes des 'malades imaginaires'


C'était du jamais vu dans l'hémicycle du Palais Bourbon : un responsable politique étranger venant expliquer aux députés que le vote du peuple français, finalement, ne doit pas être pris au pied de la lettre et qu'il va falloir revoter. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ne s'est en effet pas gêné, mardi à l'Assemblée nationale, pour tancer, dans l'hémicycle même, la France qui a dit Non. Debré, lui, ne veut pas renier le Non : "L'Europe ne répond plus aux attentes des citoyens" lui a-t-il répondu. Dans la bouche du quatrième personnage de l'Etat, membre de l'UMP, chiraquien de tous les "oui" et de tous les "non", c'est pas si mal. On est loin du oui-ouisme béat des parlementaires Français lors du fameux Congrès du 22 février à Versailles, que présidait le même Jean-Louis Debré, et au cours duquel les élus du peuple ont défiguré comme un seul homme (seuls 66 courageux ont voté contre) la Constitution de la Vème République, pourtant chère à Jean-Louis non seulement parce qu'elle est du même père, Michel Debré, mais aussi parce qu'il y consacra sa thèse - remarquée - de Doctorat en droit. Cette ènième réforme constitutionnelle tendait à incorporer la Constitution européenne a priori, c'est à dire en attendant que les citoyens la ratifient par un "oui" le 29 mai, aussi franc et massif que celui de leurs "représentants" des Palais Bourbon et du Luxembourg. Patatra, ce fut l'inverse : 95%de parlementaires désavoués par 55% des Français.
Le perchoir de l'Assemblée donne-t-il un peu de hauteur de vue ? Est-ce une certaine nostalgie du gaullisme familial pur et parfait dans lequel il a été élevé ? Un croche-pied à Sarkozy leader du "oui" de droite ? Un peu des trois peut-être.
C'est tout de même debout que l'Assemblée nationale a applaudi mardi après-midi José-Manuel Barroso, ce dernier ayant été chaudement soutenu sur la partie droite de l'hémicycle lorsqu'il a affirmé, évoquant le "non" Français, que la France était atteinte du même mal que "le malade imaginaire"... C'est avec impatience que l'on attend de voir comment les citoyens dont les inquiétudes et les souffrances sont si "imaginaires" vont accueillir les députés UMP sortants en campagne pour leur réelection en 2007...




Français, vous êtes des 'malades imaginaires'
Le président de la Commission européenne, José Barroso, a été admis à venir faire un discours ce mardi à l'Assemblée nationale. Il en a profité pour malmener le peuple Français, avec un art consommé du mensonge hypocrite. D'abord, il s'est dit convaincu que les Français finiraient bien, en gros, par dire oui à la Constitution européenne. Mais le rusé Barroso n'a pas été si clair, il l'a dit dans les termes alambiqués rapportés par la dépêche ci-dessous. C'était du jamais vu dans l'hémicycle : un responsable politique étranger venant expliquer aux députés français que le vote du peuple français, finalement, ne doit pas être pris au pied de la lettre. Comme un grand enfant, il va falloir bien lui expliquer et il va sagement revoter en changeant d'avis, sans doute. D'ailleurs, pourquoi le faire revoter, les députés suffiront bien. Un petit tour de car au château de Versailles, siège du Congrès, et le tour sera joué !

Ensuite, le président Barroso a comparé la France au "Malade imaginaire" de Molière. Cette comparaison a dû lui être soufflée par des Français de la Commission qui pensaient qu'il allait mettre les rieurs de son côté. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça a fait flop.
Du reste, il faudrait savoir ! La Commission ne cesse de critiquer la France dans tous les domaines, et en particulier pour son incapacité présumée à conduire les "réformes indispensables de structure" grâce auxquelles on nous assure que tout marchera enfin comme sur des roulettes. Et maintenant, la Commission se paye notre tête au motif que c'est bien à tort que nous n'aurions pas le moral... Pourquoi aucun député n'a-t-il répliqué à ce Portugais (qui a laissé son propre pays en bien piteux état d'ailleurs) que si la France n'a pas le moral, c'est à cause de l'Europe justement !

Enfin, Barroso a recyclé les mensonges habituels : en laissant penser qu'Airbus et Ariane étaient des fruits de la construction européenne. Bien entendu, Barroso sait que c'est faux : que la Commission n'est pour rien dans ces deux succès industriels. Barroso sait qu'Airbus et Ariane regroupent de nombreux pays non membres de l'UE (Suisse, Norvège, Canada, Japon, Chine, Malaisie, etc.) et qu'en revanche de nombreux pays membres de l'UE n'y participent pas. Mais comme Barroso sait aussi que c'est un mensonge qui marche encore auprès des Français, il ne se gêne pas. Avec une formule tout aussi alambiquée que pour la Constitution : au mot à mot, ce qu'il dit n'est pas faux. Mais dans le contexte, c'est une duperie. On a donc confirmation dans tous ses propos que ce Barroso est décidément un redoutable désinformateur et un monstre de duplicité.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS et Jean-Louis Debré, président UMP de l'Assemblée nationale, en ont profité pour répondre assez vertement à M. Barroso, dans les termes des deux dépêches que vous pourrez lire ci-infra.
Le problème, c'est que l'on se demande si Jean-Marc Ayrault et Jean-Louis Debré se rendent bien compte de l'énormité de ce qu'ils disent. Certes, leurs critiques sont sévères. Mais ils la font à Barroso alors que c'est contre le principe même de la construction européenne qu'ils devraient faire ces critiques.
Lorsque Jean-Marc Ayrault fustige la directive Bolkestein, par exemple, il oublie de dire que tous les nouveaux États-membres de l'est sont extrêmement désireux de la voir entrer en vigueur le plus vite possible.
Il ne le sait pas ou il fait semblant ?
Lorsqu'il critique le gouvernement français pour avoir tenté de freiner la hausse du budget de l'UE, il oublie de dire que la France paye déjà beaucoup plus à l'UE qu'elle reçoit, et cela alors même que nous devons réduire notre déficit budgétaire. Et cet argent que nous donnons aux Pays de l'est, c'est autant que nous ne donnons pas nous rénover nos banlieues ou faire fonctionner nos hôpitaux.
Il ne le sait pas ou il fait semblant ?
Quand à Jean-Louis Debré, lorsqu'il affirme qu'il faut "préserver les valeurs de solidarité et de cohésion", il ne sait pas que c'est justement au nom de la solidarité que nous devons avoir avec les pays de l'est que l'on nous demande d'avaliser la directive Bolkestein et les ponctions budgétaires croissantes.
Mais le pompon du jour, c'est la 3ème dépêche : l'initiative de 3 "jeunes députés" de l'UMP qui entendent réfléchir à une réforme en douceur de la Constitution française afin "d'améliorer les pratiques institutionnelles, notamment en ce qui concerne le Parlement". "Nous partageons tous la frustration d'être dans un Parlement dont les pouvoirs sont un peu incertains", a souligné Mme Kosciusko-Morizet.
Mais là aussi, ils sont stupides ou ils font semblant ?
Le problème n°1 du parlement français, c'est qu'il ne sert presque plus à rien car 80% des textes qu'il vote sont de simples transpositions de directives communautaires prises par des fonctionnairees étrangers, sans mandat du peuple français. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures : le voilà le problème du Parlement français.
Ce n'est pas un problème lié à la Constitution de 1958, c'est un problème qui découle de ce que l'on a volé aux Français la démocratie pour transférer indûment tous les pouvoirs à Bruxelles.

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DEPÊCHES AFP


Barroso "convaincu" que l'opinion soutiendra un jour la Constitution

PARIS, 24 jan 2006 (AFP) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Durrao Barroso, s'est déclaré mardi "convaincu" que le soutien de l'opinion publique en faveur de la Constitution européenne viendrait "en son temps", lors d'un discours devant l'Assemblée nationale.
"Je suis (...) convaincu que le soutien de l'opinion publique en faveur de la modernisation des institutions, que prévoit le projet de traité constitutionnel, viendra en son temps, lorsque les conditions seront réunies, une fois la confiance restaurée", a déclaré M. Barroso dans son allocution devant les députés, huit mois après le rejet par la France du projet de Constitution européenne.
Le texte a été rejeté par référendum au printemps dernier en France et aux Pays-Bas. Mais il a été approuvé jusqu'à présent, par voie parlementaire ou référendaire, par treize Etats membres sur 25.


Barroso: la France ne doit pas se prendre pour un "malade imaginaire"

PARIS, 24 jan 2006 (AFP)

Le président de la Commission européenne, José Manuel Durrao Barroso, a appelé mardi la France à ne pas se prendre pour un "malade imaginaire", provoquant huées et aplaudissements sur les bancs de l'Assemblée nationale française devant laquelle il s'exprimait.
"En lecteur attentif de la presse de votre pays, je lis ici où là que la France serait atteinte d'une mélancolie, je vois même le terme malaise", a-t-il déclaré dans une allocution dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale française.
"Je me demande si le pays de Molière ne cèderait pas à la tentation du Malade imaginaire", l'une de ses comédies les plus célèbres, a-t-il ajouté dans son intervention, la première de ce type d'un président de la Commission.
Ces propos ont provoqué des réactions contrastées parmi les députés, certains l'applaudissant en criant "bravo!", tandis que d'autres le huaient en lançant "scandaleux!"
"Il me semble au contraire que la France a toutes les raisons de se montrer confiante", a poursuivi M. Barroso dans cette allocution en français, prononcée huit mois après le référendum par lequel les Français ont rejeté le projet de constitution européenne.
M. Barroso a souligné les "éclatantes réussites mondiales qui doivent tant à l'initiative française, comme Airbus et Ariane", pour ajouter que "le choix de l'ouverture au monde est un choix gagnant pour la France et pour l'Europe".
"Face à la mondialisation, la dimension européenne est la seule en mesure de faire la différence et de nous permettre de maîtriser ce processus", a-t-il déclaré, évoquant implicitement les criques de ceux qui associent l'ouverture européenne aux délocalisations et au libéralisme incontrôlé.

cr/phv/but AFP 241533 JAN 06


Ayrault dénonce la "responsabilité" de la commission dans la "panne" de l'UE

PARIS, 24 jan 2006 (AFP) - Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, a dénoncé mardi la "responsabilité" de la commission européenne dans la "panne" de l'Union, à l'occasion de la visite au Palais Bourbon de son président, Jose Manuel Durrao Barroso.
"L'Union est en panne. En panne de projets, en panne de dynamique, en panne de perspectives", a estimé M. Ayrault. Il a aussi dénoncé le "pain sec de l'idéologie unique: celle du tout libéral considéré comme le seul horizon de l'élargissement".
La "responsabilité première incombe aux chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres qui ont laissé se dégrader le projet européen", mais "comment ignorer la responsabilité de votre commission", a poursuivi le député-maire de Nantes.
"Comment ignorer votre obstination à maintenir en l'état des projets comme la directive Bolkestein, qu'une majorité écrasante de citoyens européens rejette? Comment comprendre que vous continuiez de défendre les directives sur les services portuaires ou sur les transports qui contredisent toutes les principes du modèle social européen?", s'est interrogé M. Ayrault.
Il a appelé M. Barroso à utiliser son pouvoir pour "enterrer" la directive portuaire ou retirer de celle sur les services le principe du pays d'orgine, car "tant que vous vous entêterez, vous prenez le risque de concentrer sur la commission toutes les frustrations vis-à-vis de l'Europe".
"Soyez initiateur", "à vous de concevoir de nouvelles solidarités", a-t-il lancé, car "la grandeur du politique est aussi de savoir entraîner les peuples, de leur proposer autre chose que la baisse des salaires ou l'augmentation du taux de matière grasse dans le chocolat".
Il a également fustigé la "coalition des égoïsmes, dans laquelle hélas se trouvait le gouvernement français, qui a ruiné vos efforts pour doter l'Europe élargie d'un budget digne de ses ambitions".

abx/sm/jmg/df


Jean-Louis Debré: "l'Europe ne répond plus aux attentes des citoyens"

PARIS, 24 jan 2006 (AFP)

Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a affirmé mardi, devant le président de la Commission européenne, José Manuel Durrao Barroso, que l'Europe ne répondait "plus aux attentes, aux inquiétudes des citoyens", en lui demandant "d'en prendre acte".
Evoquant le rejet par les Français de la Constitution européenne en mai, M. Debré a estimé que le pays avait "d'abord voulu sanctionner la distance qui (s'était) installée dans leur esprit entre leurs préoccupations et la construction européenne".
Les Français, a-t-il dit, "n'ont pas dit non à l'Europe, mais clairement manifesté leur désaccord avec la manière dont la construction européenne se poursuivait".
Alors que l'Europe était "synonyme de progrès et de prospérité", "aujourd'hui, il faut en prendre acte, l'Europe ne répond plus aux attentes aux inquiétudes des citoyens dans un contexte marqué par la persistance du chômage et l'accélération des mutations résultant de la mondialisation", a déclaré M. Debré.
"L'Europe est sans nul doute plus que jamais nécessaire pour tenter de maîtriser les conséquences de la globalisation, d'en faire un atout pour la croissance et l'emploi", mais il faut que "l'Europe sache susciter l'adhésion des citoyens en se donnant les moyens de répondre à leurs angoisses" sur l'emploi, les "contours du projet européen" ou la mondialisation.
Selon lui, il faut travailler dans "trois directions": "préserver les valeurs de solidarité et de cohésion", "rendre l'Europe plus concrète" et "apporter des réponses claires et précises aux questions posées par l'élargissement et la mondialisation".
"Les délocalisations traumatisent bon nombre de nos concitoyens", a souligné le président de l'Assemblée.

abx/sm/fa/but


Trois députés UMP lancent la "C5R" pour débattre des institutions

PARIS, 24 jan 2006 (AFP)

Trois députés UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jérôme Chartier et Laurent Hénart, ont lancé mardi la "Convention pour la 5e République" (C5R), pour maintenir le débat sur les institutions jusqu'à l'élection présidentielle de 2007.
"Notre objectif est d'animer le débat permanent pour que la pratique institutionnelle puisse évoluer à la faveur du rendez-vous présidentiel de mai 2007", a indiqué devant la presse Jérôme Chartier (Val d'Oise).
Il s'agit notamment de tenir compte des contraintes de la mondialisation, de l'Europe et de la décentralisation.
Ce mouvement, qui se réunira tous les mois, estime que la Constitution de 1958 "a démontré son efficacité et ses qualités d'adaptation", et qu'"elle ne mérite pas aujourd'hui d'être remplacée, ni bouleversée", selon son texte de création.
"La pratique est en cause, pas les institutions de la Ve République", selon M. Chartier.
Si les trois députés, assistés du constitutionnaliste Didier Maus, n'excluent pas des aménagements "à la marge" de la Constitution, leur objectif est plutôt d'améliorer les pratiques institutionnelles, notamment en ce qui concerne le Parlement, ont-ils précisé.
"Nous partageons tous la frustration d'être dans un Parlement dont les pouvoirs sont un peu incertains", a souligné Mme Kosciusko-Morizet.
Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, qui a déjà fait ses propositions institutionnelles lors de ses voeux à la presse en janvier, est invité par les initiateurs de la C5R à venir débattre, au même titre que les parlementaires.
La C5R, qui semble être une réponse transparente à la C6R du député socialiste Arnaud Montebourg (favorable pour sa part à une VIe République), a pour objectif, selon M. Chartier, de "revisiter la Ve République".

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