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Eurocrise : main basse sur les leviers économiques nationaux



Tant pour le traité esquissé que pour les outils financiers, il n’a échappé à personne que le volontarisme franco-allemand s’est en réalité déployé sur les bases défendues depuis des mois par Berlin.




Eurocrise : main basse sur les leviers économiques nationaux

La déclaration du 9 décembre appelle d’une part à la rédaction d’un nouveau traité, d’autre part au renforcement des outils de « stabilisation » de court terme.

L’accord intergouvernemental (le terme « traité », n’apparaît pas officiellement, la version anglaise employant le terme de « compact », accord, en français) prévoirait de conforter sous une forme juridique pérenne les « acquis » des dix-huit derniers mois, tels le pacte de stabilité renforcé (et sa version surmultipliée, le « pack de six »), le « semestre européen » et le pacte « euro-plus ».

Surtout, il fixerait désormais l’obligation de « budgets en équilibre ou en excédent » (pas plus de 0,5% de déficit serait la norme). Tout écart donnerait lieu à intervention de la Commission, sous forme de « programme de partenariat économique », autrement dit de consignes bruxelloises strictes. Des sanctions seraient déclenchées automatiquement par la Commission dès que le seuil de 3% serait franchi, sauf si une majorité qualifiée au sein du Conseil s’y oppose.

Les projets de la Commission énoncés le 23 novembre (cf. BRN du 29/11/11) seraient intégrés dans le traité : Bruxelles aurait un accès direct aux leviers nationaux pour valider les budgets avant qu’ils ne soient votés par les parlements, voire pour les corriger après coup. Des inspecteurs de la Commission pourraient être dépêchés dans les pays récalcitrants, à la manière des ceux déjà présents aujourd’hui en Grèce, au Portugal et en Irlande. Un pays pourrait se voir imposer un renflouement et une tutelle sans pouvoir s’y opposer.

De plus, le traité imposerait aux pays signataires d’inscrire dans leur constitution nationale l’interdiction des déficits. Et la Cour de justice européenne serait chargée de contrôler la stricte transposition de cette dite « règle d’or ».

A plus long terme, il conviendrait d’« approfondir l’intégration budgétaire » : la détermination des recettes et dépenses nationales serait de plus en plus pilotée au niveau communautaire, « pour mieux refléter notre interdépendance » précise la déclaration finale.

Le traité imposerait de tendre vers une « politique économique commune ». Point capital : dès son entrée en vigueur, chaque pays serait tenu de soumettre toute réforme économique – ou sociale – qu’il envisage aux autres Etats-membres, qui détermineraient si elle est conforme aux « meilleures pratiques ».

FESF et MES

Parallèlement au projet de traité, les Vingt-six appellent à renforcer le Fonds européen de stabilité financière (FESF), censé renflouer les Etats financièrement étranglés, mais dont la « force de frappe » est considérée comme largement insuffisante. Celle-ci – 440 milliards d’euros – a déjà été entamée par les prêts à l’Irlande et au Portugal. Faute de pouvoir remettre au pot, les dirigeants européens voudraient organiser un « effet de levier » démultipliant la capacité du Fonds jusqu’à 1000 milliards, voire plus. Mais aucune des deux pistes tracées par les ministres des finances le 29 novembre ne semble pouvoir aboutir pour le moment – que ce soit la garantie mutuelle partielle des prêts, ou le recours à un fonds spécial alimenté par des Etats non-européens (ces derniers ne se montrent guère intéressés).

Du coup, il faut se rabattre sur le FMI : les banques centrales nationales pourraient prêter à celui-ci jusqu’à 200 milliards, afin que ce dernier réachemine ensuite ces prêts aux pays européens menacés. Le montant en question, en tout état de cause, n’est pas à la hauteur des catastrophes envisagées (notamment pour l’Italie, mais aussi pour l’Espagne).

Ce « bricolage » devait être remplacé, en janvier 2013, par un fonds pérenne, le Mécanisme européen de stabilité (MES) créé par traité en juillet 2011. Le lancement du MES pourrait être avancé à mi-2012 – mais sa capacité n’excéderait pas 500 milliards. Les règles du MES (qu’aucun pays n’a encore ratifiées) seraient modifiées, notamment pour que les décisions ne soient plus prises à l’unanimité mais à 85% des parts, histoire d’éviter que des « petits » pays bloquent tel ou tel renflouement.

Cependant, son efficacité s’annonce aléatoire : pour que les « investisseurs » trouvent attractif le MES et lui prêtent à taux raisonnable, il faudrait que les agences de notation lui accordent la note maximale (le fameux « AAA »). Or l’agence de notation Standard & Poor’s vient d’annoncer qu’elle pourrait dégrader dans les prochaines semaines son appréciation sur quinze des pays de la zone euro, dont les six notés « AAA », Allemagne et France en tête. Si les parrains sont dégradés, les Fonds qu’ils garantissent – le futur MES, et l’actuel FESF – le seront mécaniquement.

Tant pour le traité esquissé que pour les outils financiers, il n’a échappé à personne que le volontarisme franco-allemand s’est en réalité déployé sur les bases défendues depuis des mois par Berlin. La chancelière n’a pas fait les concessions demandées par son homologue français : elle n’accepte ni les « euro-obligations », ni l’extension du rôle de la BCE. Le seul point sur lequel Angela Merkel a cédé concerne les prêteurs privés – essentiellement les banques – à qui elle voulait faire partager un peu des pertes en cas de défaut partiel d’un pays, comme ce fut le cas pour la Grèce : finalement, le futur MES mettra ces institutions financières à l’abri (selon les règles du FMI) comme le voulait Nicolas Sarkozy.

Bastille, République, Nation
http://www.brn-presse.fr

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1.Posté par Chérif BOUDELAL le 16/12/2011 14:34 | Alerter
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Que le printemps arabe soit un modèle pédagogique pour les peuples victimes du capitalisme vampire.
(Commentaire de Chérif BOUDELAL – 16/12/2011))
La dette publique - l’exemple de la France : 7000 milliards de bénéfice pour les banques privées en moins de 20 ans !
C'est un prix Nobel de l'économie qui parle. Qui dit mieux ?
Cliquer sur ce lien pour en savoir plus :
http://www.stupiditiz.com/actualite/la-dette-publique-des-pays-pour-les-nuls/

Les banques privées ont empoché plus de 7000 milliards d'euros en moins de 20 ans au détriment des banques centrales (publiques), et donc au détriment du peuple. Ce sont elles qui ont plongé la France dans une crise sans fin !
Ecoutez-le en cliquant sur le lien ci-après (transmis par IRC/CPCP et
Le commentateur de cette vidéo nous dit que les médias disent des « conneries » à propos de la dette publique, ils cachent donc la vérité au peuple français, et que l'auteur de ces explications n'aura aucune chance de passer à la télévision.
Sachant que les médias sont complices des cartels des banques financières et des dirigeants politiques qui leur permettent d’escroquer l’Etat, pourquoi ceux, nombreux en France, qui sont conscients de cette escroquerie capitaliste ne créent-ils pas leurs propres médias pour les contrer et dire la vérité au peuple ? S’ils ne le font pas c’est qu’ils sont aussi consentants, donc ils aussi complices que les médias et les responsables politiques qui acceptent de jouer le jeu.

Que les peuples se réveillent !
Ceci dit, d’une manière ou d’une autre tout le monde est complice de cette escroquerie « légale » de ce capitalisme vampire dont les représentants détiennent les postes clés au sein des institutions de chaque Etat. Leur lobby met à genou les dirigeants et les rend davantage esclaves de leurs banques financières. Les élus des peuples des Etats concernés sont les premiers complices de cette escroquerie qui consiste à remplir, sans limite, les caisses de ce capitalisme vampire au détriment des peuples. Ils plongent les peuples dans une misère permanente et entraînent leurs pays dans une crise généralisée sans fin.
Que le « printemps arabe » soient le modèle pédagogique pour les peuples occidentaux en crises qui souhaitent se libérer définitivement de ces vampires. Que les peuples se réveillent et « dégagent » leurs élus complices de ce capitalisme qui signent leur mort en leur nom, et au nom des valeurs qu’ils prétendent défendre alors qu’ils sont les premiers à les bafouer.

2.Posté par Mark Hitti le 20/12/2011 22:56 | Alerter
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Une des solutions est de permettre aux banques centrales de prêter directement aux Etats dans une limite qui permettrait à la BCE de garder une logique monétariste tout en construisant avec l'Etat membre une stratégie économique adéquate de croissance et de remboursement.
Ca court-circuitera bien sûr les autres établissements financiers qui bénéficient des liquidités de la BCE ainsi que le FMI. Il faut réussir à évincer le FMI de toute intervention de fait ou de droit dans l'activité de l'UE. Dans la foulée des réformes européennes, réformer les statuts de la BCE devient primordial.

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