L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Fondé en 2005 - Plus de 2 400 articles en accès libre

Et si c'était Klaus qui méritait le Nobel de la Paix ?



Pour ne pas se soumettre dans la foulée des Irlandais et des Polonais, le Président de la République tchèque Vaclav Klaus est diabolisé en affreux empêcheur d’européiser en rond. Sa demande est qualifiée d’emblée de manœuvre dilatoire, peu importe en quoi elle consiste. Il ne demande pourtant rien d’autre qu’une solution pour que la Charte des droits fondamentaux annexée au traité ne remettent pas en cause les décrets Benès.




photo : site de la présidence tchèque
photo : site de la présidence tchèque

Ces décrets de 1945 qui ont fixé le cadre légal de l’expulsion des Allemands des Sudètes constituent le dernier développement d’un conflit dont les origines remontent au XIIIe siècle. Il ne s’agit pas d’un prétexte pour retarder la signature, le sujet est sérieux et la menace bien réelle : les associations d’Allemands des Sudètes, représentées au Parlement européen par Bern Posselt, n’attendent plus que l’entrée en vigueur du traité pour réitérer leurs demandes d’abrogation de ces décrets, demandes qui ne manqueraient pas d’aboutir sur le fondement de la Charte des droits fondamentaux annexée au Traité.

Il s’agit ni plus ni moins que de réouvrir le contentieux continental qui a enclenché la seconde guerre mondiale en déstabilisant un territoire qui représente le tiers de la République tchèque.

Il est d’autant plus stupide de diaboliser le seul président tchèque alors que ce recours a été introduit par plusieurs parlementaires tchèques, ce qui reporte de facto la ratification du traité à l’avis de la Cour constitutionnelle sur ce recours.

Contrairement à la France, la République tchèque a conservé textuellement dans sa constitution le crime de haute trahison. Vaclav Klaus est donc simplement prudent de veiller à ce que rien ne puisse lui être reprocher en cette matière. Il serait difficile de dire la même chose de ses détracteurs.

Le vrai danger donc n’est pas le Président tchèque qui "va inventer encore beaucoup de difficultés", selon les mots de Bernard Kouchner, ce sont les extrême-européistes qui jouent aux apprentis sorciers, qui risquent de réouvrir la boîte de Pandore, tous les conflits entre les peuples, et, déjà, qui s’empêtrent dans toutes leurs contradictions. Il est assez cocasse de voir Bernard Kouchner se faire l’allié objectif des tenants de l’Europe des régions ethniquement purs, de plus en plus ouvertement nostalgiques du IIIe Reich

Cet épisode grotesque démontre qu’ensemble, la Charte des Droits fondamentaux, le Traité et le principe même de "construction européenne", contrairement au principe de liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, contrairement au respect du droit international, ne conduisent que vers l’exacerbation des haines et vers la guerre. En accord avec les peuples, le Président Klaus est le Sage et les fous dangereux sont bien ses détracteurs.

Jean-Yves CREVEL
Decapactu


Lire aussi :

L'ombre des Allemands expulsés en 1945 plane sur le Parlement tchèque

Pétition en ligne de soutien au Président Klaus


Notez
Lu 3122 fois


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Vos commentaires sont les bienvenus, pour peu qu'ils respectent la liberté d'opinion, la courtoisie la plus élémentaire et...la langue française. Ils sont modérés et ne doivent évidemment comporter aucun propos grossier, insultant, raciste ou diffamatoire.

Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5

A la Une | On avait pourtant dit Non | Analyse | Tribune | Document | En bref | Référendum 2005 | Souvenons-nous