L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

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Enfin un rapport officiel lucide sur l'échec de l'Euro


Nous leur avions dit en 1992 qu'une monnaie multinationale hors d'une zone monétaire optimale n'avait aucune chance de réussir et de produire de la prospérité. Ils nous avaient ri au nez, méprisés, insultés. Aujourd'hui, les chiffres et le faits parlent d'eux-mêmes et aucun économiste sérieux ne peut continuer à nier l'évidence : l'euro est un échec, parce qu'il n'est pas le fruit d'une analyse économique rationnelle mais d'un dogmatisme pur et dur. Il fallait réaliser coûte que coûte l'unité monétaire pour forcer l'intégration économique et politique à se réaliser. Le reste - l'emploi, la croissance, les échanges, la création de richesses - suivrait peut-être, un jour, ou peut-être pas... L'essentiel était de "faire l'Europe" pour faire l'Europe, dernier moyen inventé pour se débarrasser des Etats et des Nations, dans ce délire obsessionnel compulsif bien répandu, que le "Non" du 29 mai n'a pas suffit à guérir. Voilà qu'un rapport officiel, pour la première fois, avec une certaine prudence il est vrai, pose le diagnostic de l'échec de l'euro et, amorce le débat sur la pertinence de la monnaie unique. Parfois encore un peu entêté d'européisme - même si cela a beaucoup passé de mode - le rapport a néanmoins le mérite de lever un tabou. On peut désormais commencer à dire la vérité, toute la vérité, sur ce symbole de l'Europe de Bruxelles, sans risquer l'échaffaud médiatique. Et ça, c'est un progrès. De là à pronostiquer que l'Euro est "condamné", comme l'a fait Philippe de Villiers le 9 juin 2005, il y a un pas qui n'est pas prêt d'être franchi.




Enfin un rapport officiel lucide sur l'échec de l'Euro
Le dernier rapport du Conseil d'analyse économique (CAE) remis au gouvernement français le 23 mars dernier, intitulé "Politique économique et Croissance en Europe" et rédigé par Philippe Aghion, Élie Cohen et Jean Pisani-Ferry, dresse pour la première fois un bilan très critique de la monnaie unique dans la zone euro. Cette évolution du discours officiel — du moins du discours officiellement publié — vis-à-vis de l'euro constitue un événement majeur.

Dès l'introduction, le rapport se veut lucide : « L'Europe économique déçoit, la Commission et le conseil européen n'ont cessé de promettre que l'intégration et les réformes viendraient à bout de la langueur économique du continent. (...) C'est parce que la stabilité monétaire allait créer les conditions de la croissance que dans les années 1990, les Européens ont consenti aux sacrifices préalables à la mise en place de l'euro. »

Par la suite, le rapport s'interroge sur les déceptions engendrées par la monnaie unique : « Pourquoi le marché unique et l'euro n'ont-ils pas, ou apparemment pas, apporté les bénéfices attendus ? » (p. 24)
« On aurait pu s'attendre à voir l'intégration européenne stimulée par le Marché unique et l'introduction de l'euro. A ce stade force est de constater la faiblesse relative de ces effets » (p. 47).

Dans le même registre, le rapport souligne d'ailleurs la baisse de la part de l'intracommunautaire dans le commerce des pays de la zone euro depuis 2002, et l'absence totale de convergence des prix malgré les promesses annoncées lors du passage à la monnaie unique.

« Rien ne vient confirmer l'hypothèse d'une intensification de l'intégration du fait de l'introduction de la monnaie unique » (p. 48).

« Ni le marché unique ni l'euro n'ont fourni d'impulsion décisive » (p. 50).

Page 128, la messe est dite on ne peut plus clairement dans le titre d'un paragraphe du rapport : « L'euro n'a pas été facteur de relance. »

« De l'euro, les Européens et notamment les Français attendaient des résultats à la hauteur des efforts consentis en son nom [...], l'euro n'a pas produit les effets attendus » précise-t-on dans ce paragraphe.

Enfin, il y a même dans ce rapport l'ébauche d'une remise en cause de la pertinence de l'existence d'une monnaie unique en Europe : « Il ne va pas de soi que la combinaison marché unique — immobilité du travail [qui caractérise l'UE] implique la monnaie unique. Il suffit de rappeler que Krugman (1993) a suggéré la possibilité d'un cercle vicieux entre entre intégration réelle et intégration monétaire » (p. 36).


CHB.

Lire aussi "Le débat sur l'avenir de l'euro n'est plus tabou"

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