L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE

Fondé en 2005 - Plus de 2 400 articles en accès libre

S'abonner
Rss
Twitter
Facebook




mon Email :






Recherche par mots-clés


Contrairement à Washington, Bruxelles refuse de protéger notre industrie textile


Voici comment la Commission, à laquelle la Constitution européenne transfert encore plus de pouvoirs, aide à la destruction de nos emplois : l'UE ne rétablira pas de quotas sur le textile chinois, contrairement aux Etats-Unis, a annoncé le commissaire Mendelson. Depuis le 1er janvier 2005, les importations européennes de textile et d'habillement en provenance de Chine ont augmenté de 46% pour culminer à 1,5 milliard d'euros. Dès 1995, Maurice Allais, Prix Nobel d’Economie, avait dénoncé, preuve à l’appui que l’ouverture totale et aveugle des frontières dans un monde déséquilibré par les différentiels monétaires et sociaux allait entraîner chômage et récession.




Contrairement à Washington, Bruxelles refuse de protéger notre industrie textile
"L'Union européenne ne veut pas rétablir de quotas sur le textile chinois ", a déclaré dimanche le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, après que Pékin eut annoncé vendredi des mesures destinées à freiner ses exportations textiles.

"L'UE ne veut pas rétablir les quotas sur les vêtements et les textiles qui ont été abolis depuis le début de l'année mais cherche à parvenir à un accord avec Pékin sur les moyens d'assurer une transition plus en douceur vers le marché libre " né de la fin, en janvier, de l'accord multi-fibres, a déclaré M. Mandelson lors d'un groupe de travail au Forum économique mondial (WEF) qui se tient à Shouneh, station balnéaire de l'ouest de la Jordanie. "Il faut réussir cette transition. Nous devons faire en sorte qu'elle se passe en douceur. La question n'est pas de rétablir des quotas" , a-t-il ajouté.

Soumises à une pression croissante des Occidentaux pour freiner l'élan de leurs exportations textiles et réévaluer leur monnaie, les autorités chinoises ont annoncé vendredi une hausse moyenne de 400% de leurs droits de douane à l'exportation sur 74 produits textiles, qui entreront en vigueur à compter du premier juin. Leur annonce de hausse des droits à l'export est intervenue après une semaine d'escalade de la tension, au cours de laquelle les Etats-Unis ont par deux fois décidé de réimposer des quotas sur certains produits textiles (au total sept catégories), tandis que l'UE a fait part de son intention d'en réimposer sur les tee-shirts et les fils de lin.

Américains et Européens ont accueilli le geste d'apaisement de Pékin avec satisfaction, mais aussi avec une grande prudence, les effets de ces mesures sur le commerce étant incertains, car les écarts de prix entre le "made in China" et les productions occidentales resteront encore longtemps importants. Depuis le 1er janvier, fin de l'accord multi-fibres de 1975 qui allouait des quotas aux pays en développement pour exporter vers les pays riches, les exportations chinoises de textile vers l'Europe enregistrent une hausse effrénée.

SHOUNEH (Jordanie), 22 mai (AFP)


Pour certains produits, l'envolée est très spectaculaire comme pour les importations de soutiens-gorge, multipliées par cinq. Parallèlement, leurs prix ont chuté de 36%. Thierry Noblot, délégué général de l'Union des industries textiles (UIT), ne cache pas sa colère « Tout ce que les États-Unis ne laisseront pas entrer chez eux, la Chine nous le vendra (...) Une fois encore, les États-Unis agissent et l'Europe a peur de bouger le petit doigt. Depuis mars 2004, nous alertons la Commission sur la nécessité de disposer de statistiques européennes d'importation de produits de textile-habillement. Rien n'est prêt ! La Commission n'a qu'à se fonder sur les statistiques chinoises : elles sont disponibles et, au moins, Pékin ne les contestera pas ! »

L'Europe des délocalisations et de la désindutrialisation généralisée

"Délocalisation" : "Substitution délibérée d'une production nationale par une production étrangère par le déplacement d'une activité à l'étranger ; par le recours à la sous-traitance étrangère ; et, s'il ne s'agit pas de pénétrer un nouveau marché, par la création d'une nouvelle usine à l'étranger. "


Les produits concernés

Jusqu'aux années 1980, les produits standards qui ne nécessitent pas une main-d'oeuvre qualifiée (textile, habillement...). Depuis la fin des années 1980, les services à faible valeur ajoutée (centres d'appels, traitement des factures...). Depuis la fin des années 1990, produits haut de gamme ou plus innovants (équipements électriques et électroniques, composants, équipements mécaniques et automobiles...). Aujourd'hui : les services, les activités informatiques, télécoms et high-tech, les fonctions de back-office (comptabilité, services financiers, support informatique, marketing...), les activités de recherche et développement (R&D).


Quelques chiffres

> Le rapport d'écart entre la France et l'Inde ou la Chine du coût de la main-d'oeuvre est de un à quarante et de un à quatre ou cinq avec les pays d'Europe centrale et orientale (Peco). La protection sociale représente entre 30 et 60 % de la masse salariale dans nos pays industriels ; elle est presque inexistante dans les pays émergents.

> En 2003, le taux de l'impôt sur les sociétés est de 35 % en France, contre 18 % en Hongrie, 19 % en Lituanie, 22 % en Lettonie.

Les pays bénéficiaires

> Les pays d'Europe centrale et orientale (Peco), les pays méditerranéens, l'Inde et la Chine. Surnommée "l'usine du monde", elle est premier exportateur mondial de plus d'une centaine de produits : elle fournit 70 % des chaussures, des photocopieurs et des jouets, 45 % des puces audiovidéo et des fours à micro-ondes, 30 % des lecteurs de CD...

Les risques majeurs

>Une dépendance politique : elles engendrent une division internationale du travail (spécialisation économique des pays), donc une interdépendance économique et une dépendance politique croissantes.

> Des villes et des départements sinistrés : faillite en chaîne, chômage, déstabilisation du tissu social...

> Un cercle économique vicieux : les entreprises sont obligées de suivre le mouvement amorcé par leurs concurrents et les entreprises sous-traitantes leurs clients.


Les partisans du "oui" vous disent : "L'Europe nous protégera des délocalisations"

> L'Europe de Bruxelles n'a pas l'intention de s'opposer aux délocalisations car c'est pour elle un mouvement inéluctable conforme au principe de la "concurrence libre et non faussée". "Les dernières années ont montré que la Commission européenne était plus préoccupée de défendre le marché et la concurrence que l'industrie..." (Les Échos, 9.06.04) et le commissaire européen aux entreprises et à l'industrie, Günter Verheugen, avoue dans Le Monde (6.01.05) : "Nous sommes dans un processus de délocalisations qu'il n'est pas possible d'arrêter". Quant au commissaire européen à la Politique régionale, Danuta Hübner, elle explique : "Ce que nous devons faire, c'est faciliter les délocalisations au sein de l'Europe" (La Tribune, 08.02). Les Français ont donc raison : ils considèrent à 64 % que l'Europe favorise les délocalisations d'entreprise (sondage France Europe Express - France Info, 30.11.04).



>Les partisans du "oui" vous disent : "La Constitution permettra aux États de développer leurs politiques industrielles"

> La Constitution consacre l'impuissance publique des États membres : " Sont incompatibles avec le marché intérieur, dans la mesure où elles affectent les échanges entre États membres, les aides accordées par les États membres ou au moyen de ressources d'État sous quelque forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions " (art. III-167).

> Afin de préserver notre tissu économique et social, nous devons dire "non" à la Constitution pour conserver la maîtrise de notre politique industrielle.


Les partisans du "oui" vous disent : "L'Europe de la Constitution est une Europe sociale"
> La directive Bolkestein sur les services (soit 70 % des emplois français), du nom de l'ancien commissaire européen à la Concurrence, prévoit que les ressortissants des États membres qui travailleront dans un autre État membre que le leur seront soumis aux règles fiscales et sociales de leur pays d'origine. Ainsi, un plombier polonais pourra venir travailler en France avec un salaire polonais, des normes de sécurité polonaises, des règles de qualité polonaise... Les conséquences d'un tel texte (qui sera supérieur au droit français si la Constitution européenne est ratifiée) seront directes : baisse des salaires, nivellement par le bas de la protection sociale, concurrence déloyale pour nos PME, insécurité juridique, multiplication des contentieux, augmentation des délocalisations...

> Un très grand nombre de dispositions de la Constitution européenne, notamment l'article III-144, érigent au niveau constitutionnel les fondements juridiques de la directive Bolkestein.

> L'Europe de Bruxelles, c'est l'Europe du pavillon de complaisance pour les entreprises, c'est l'Europe de la régression sociale pour les salariés.

Notez
Lu 12060 fois


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Vos commentaires sont les bienvenus, pour peu qu'ils respectent la liberté d'opinion, la courtoisie la plus élémentaire et...la langue française. Ils sont modérés et ne doivent évidemment comporter aucun propos grossier, insultant, raciste ou diffamatoire.

Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 9

A la Une | On avait pourtant dit Non | Analyse | Tribune | Document | En bref | Référendum 2005 | Souvenons-nous


Après le Brexit, reprenons la plume aux fédéralistes. Voici le nouveau traité qui sortira l'Europe de l'idéologie. "Nous peuples d'Europe..." : pour un nouveau Traité fondamental européen