L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
Forum européen des universitaires, chercheurs, journalistes et hauts-fonctionnaires pour un débat libre










S'abonner
Rss
Twitter
Facebook
Google+
Pinterest
LinkedIn
Yahoo! Buzz
Mobile
Jeudi 26 Octobre 2006

Cinq Français font basculer un vote sur l'E.T.A à Strasbourg



C'était branle bas de combat chez les Espagnols du Parlement européen cette semaine à Strasbourg, où sous la pression du PSE et du Président Borrell, le vote d'une résolution soutenant les négociations du gouvernement Zapatero avec l'ETA a été inscrit à l'ordre du jour de la session. S'en est suivie une cascade de courriels qui sur le fonds condamnent le principe même des négociations avec un mouvement terroriste, mais qui développent également un argument nouveau sous la plume de membres du PPE : la subsidiarité. A raison, ils estiment que Bruxelles et Strasbourg n'ont pas à s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Espagne. Encore un petit effort, chers amis démocrates chrétiens, et vous vous rendrez compte que c'est le processus d'intégration européenne, en limitant la souveraineté des Etats membres, qui les affaiblit et renforce les mouvements régionalistes. Il existe une alliance de fait entre la Commission européenne et tous les régionalistes d'Europe, car ils ont un objectif commun, l'abaissement des Etats. Le vote avait lieu mercredi, et malheureusement, des eurodéputés Français y ont prêté la main. Voici le récit minute par minute, qu'en fait, visiblement médusé, le Député villiériste Patrick Louis.


Cinq Français font basculer un vote sur l'E.T.A à Strasbourg

Une atteinte inacceptable à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Espagne


Au Parlement européen, mercredi 25 octobre, il est 12h20. Séance plénière, les députés se lèvent pour rendre hommage au Président de Hongrie qui a légitimement plaidé pour son peuple, conscient qu'un peuple ne peut être défendu que par lui même et son chef.
 
12h25 : le Président socialiste du Parlement, Monsieur Borrell, initie rapidement la procédure de vote. Le premier dossier de la journée est très politique. Il s'agit du  "Processus de paix en Espagne". Paix mise en cause par les terroristes de l'E.T.A. Pressé, le Président socialiste veut précipiter le vote. De nombreux députés conservateurs ne sont pas encore arrivés. Pour ce vote symbolique qui oppose le devoir de résistance des Etats souverains face aux groupes terroristes à la compromission internationaliste avec l'action révolutionnaire : chaque vote compte. 
 
Premier chahut, les députés conservateurs font un rappel au règlement. C'est à 12h30 que doivent commencer les votes et non pas à la fin des discours précédents. La polémique s'engage, cette rhétorique est stupide mais utile. Le temps passe, il est 12h35. L'assemblée s'est remplie, le vote peut équitablement commencer. 

Le premier vote demande à l'assemblée de se prononcer sur un amendement proposé par le PPE. Ce dernier vise à  condamner "des processus qui mettent en péril les principes de démocratie et d'État de droit" et "rejette catégoriquement toute prétention à une modification de l'intégrité territoriale d'un État membre". Le Président engage le vote électronique. Echec pour les initiateurs du texte. Immédiatement, le président enclenche le deuxième vote sur l'ensemble de la résolution déposée par le PPE. Résolution pour une fois sobre et euroréaliste : elle condamne le terrorisme, refuse de mettre l'E.T.A au même plan que l'Etat de droit et - la chose n'est pas coutume- défend l'indépendance territoriale. Nous, députés villiéristes, nous buvions du petit lait. Par deux fois hélas, une majorité de voix communistes, socialistes et libérales rejettera ces textes. 

Mais la procédure démocratique est tout sauf simple au parlement de l'UE. Un député réagit et refait appel au règlement au motif que le Président a utilisé le vote électronique alors que la norme est le vote à main levée. La procédure n'ayant pas été respectée, il faut revoter. Le bruit, la suspicion, la critique, le chahut envahit l'hémicycle. L'assemblée se coupe visiblement en deux, Un député conservateur ose la vérité. Le vote socialiste est une victoire à la Pyrrhus: Borrell est venu au secours de Zapatero. Le Président du Parlement européen socialiste a tout fait pour aller au secours du Gouvernement socialiste Espagnol  qui a conclu un compromis avec l'ETA. 

Seul le troisième vote calme le propos "scandaleux": comment imaginer qu'un président de parlement européen puisse avoir, du haut du perchoir qui lui impose une certaine neutralité face à l'assemblée, une démarche aussi partiale ?!  Les adversaires des nations sont à l'attaque. Le projet de résolution initié par le PSE est proposé au vote. Dans une pure langue de bois nostalgique de l'époque Brejnévienne, "ils espèrent unir toutes les forces politiques démocratiques" pour "combattre le terrorisme grâce à la démocratie" et bien sûr "souscrire à la communication du Président du Parlement européen" qui encourage et félicite le président espagnol. 

Dans ce texte, une fois de plus, l'Union européenne, par le bras du Parlement, interfère dans la politique intérieure d'un Etat et conforte la politique partisane d'un Président.

Le texte est voté avec dix voix d'écart, cinq voix auraient suffit pour faire basculer l'assemblée. Cinq Français ont permis au Parlement - une fois de plus-  de s'immiscer dans une politique nationale, cinq voix françaises ont manqué pour défendre l'Etat de droit, l'autonomie des nations, la subsidiarité de l'UE. Ces cinq Français ont un nom; ils sont membres de l'UDF et du groupe libéral : il s'agit de Jean-Louis Bourlanges, Thierry Cornillet, Marielle de Sarnez, Claire Gibault et Bernard Lehideux....  Ne faudra-t-il pas qu'un jour, ces députés rendent des comptes ?

PL
Jeudi 26 Octobre 2006

Notez
Lu 14297 fois


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 7

A la Une | Analyse | Tribune | Document | Campus